ALLÉGUÉS DE M. LAURIER DANS ONTARIO
Depuis que les pages précédentes ont &t6
hé M. Laurier a visité Ontario et a porté la parole dans un certain nombre d’assemblées. Au défi de nommer
écrites, l’honora
un-seul métis qui ait jamais été dépouillé d’un acre de terre sur lequel il se fut étai ou qu’il pût réclamer en vertu de son établissement, Phonorable M. a répondu
en citant deux cas: le premier étant une difficulté entre le Père André et un M.
Kelly, et le second, le cas d’un M. Salter
qui a fait une entrée pour ‘un quart de
section de terre dans la paroisse de Saint- Louis de Langevin. A l’appui du premier,
il a dit ‘il y avait une lettre du Père
Audré se Reese qu'un nommé Kelly s'était emparé de sou lot et y avait érigé une bâtisse. Ilse trouve que M. Kelly réside, dans le moment, dans Ontario, et en voyant l’énoncè de M. Laurier, il a adressé une lettre au Free Press de London, à propos de la véracité de cet énoncé, et il donne un afidavit donnant, comme suit, les détails de cette difficulté :—
“M. Laurier, paruit-il, ne peut trouvér qu'un outrage pour justifier la rébellion, ct il paraît anssi que c’est un CARS si grave ‘ qu'aucune population au
Rédacteur, il se trouve que je suis le “J, Kelly ” qui est mentionné, et je me propose, avec "votre permission, de faire voir an l'as de comuien :M Laurier est loin de justifier la rébellion en citant mon cas comme un exemple d'injustice, ÆEn 1879, je suis parti de Sarnia pour aller au Lac aux Canards, ‘P, N. O., où mon frère Henry Kelly s'était établi depuis quelques années. Le Père André, de la Mission du Lac aux Canards, possédait 200 acres de terre sur lesquels li Mission était bâtie, A côté dés térres de la Mission étaient #20acres qui, depuis deux ans, étaient possédés par un canadien-français nommé Thibault, un mébre du troupeau du Père André, qui réclamait 160 acres comme homesteud et 160 acres par préemption. Le Père André réclamait aussi le terrain de préemption, vû que cela appartenait à la propriété dé la Mission, malgré que l'arpentage ne justifiât pas cette prétention. Thibault ne voulait pas Srato la réclamation du Père André. et il laboura quatre acres de la terre afin de valider son titre à la préemption. Je cherchais une terre, et en mars 1881, Thibault vint à moi et me dit quecomne il était membre de là congrégation du Père André, il ne voulait pas avoir de difficulté aves le prêtre et il m'offrit de me vendre ses droits à la préemption, moyennant une piastre par acre, pour les améliorations. Je lui payai Fargent, et conimençai à travailler et louai une paire de boeufs, et me 1inis à labourer, à commencer et à élever le cadre d'une
or
maison. Le’ Père ‘André vint ét me menaça : ‘‘ EF!
fallait que j'abandonne: la terre, où bien il m'urrangerait.” is je ne pouvais spa voir que son.titre fat aussi bon que celui de Thibault,et je refusai de partir, Le Père André alla trouver l'agent, à Prince-ATbert, puis le Jieutenant-Gouverneur Laird, à Battleford ; mais tous deux lui dirent qu'il n'avait pas de cause, Alors il fit faire uné requête par ses paroissiens.et l'envoya au Département à Ottawa, maïs sa réclamn:tion ne fut admise là non plus. Dans l'intervalle je continuai mes snéliorations, jusqu'au commencement de mai ; alors M, Owen E, Hughes, le gérant de la maison Stobart, Eden & Cie, au Lac au: Canards, vint à moi et me dit que le Père André lui avait offert $100 pour moi, pour ma réclamation. Je refusai de les prendre, M, Hughes causa de la chose avec raon frère qui mé conséilla d accepter, parce qu'il nourrait êtie désagréable ponr moi: de continuer une quel avec le Père Andié, et qu'il y avait, tout près
e 1à, d'aussi bonne terre à prendre et qui n'était réclaée pur personne, J'ai dit à M, Hu que je venditis, Un jour fut fixé, et le Père André vint au bureau, paya les cent piastres à M Hughes qui me les donna, et il accepta un reçu rédigé par M. Hughes et sign6 par moi, transportant au Père André mes droits et mon titre à la propriété. Voilà, franc et vrai, l'exposé de tonte l'affaire et vos lecteurs peuvent juger jusqu'à quel point cet ‘outrage” peut justifier le meurtre des hommes de la police, l'assassinat du pauvre Bkeff Klliott, les massacres du Lac à la Grenouille et les autres horribles incidents de la rébellion, M. Laurier fait bon marché de Ju vie des
canadjëns loyaux, s’il pense que deux cents personnes. ont 6té justement tués parceque ma terre a coûté cents
piastres au Père André,”
En second lieu vient LE CAS DE M, SALTER.
M. Laurier a dit que Salter avait obtenu une entrée pour un quart de section de terre dans Saint-Louis de Langevin, lequel était déjà occupé par un métis, et que par là, il avait dépouillé le métis de sa propriêté.
Le dossier de Lette affaire, au Département le l’Intérieur, tel que fourni par le Député-Ministre, est comme suit : —
‘#Ni le Régistraire du département, ni le comrmischef du bureau des patentes, w’ont pntrounver rien qui indiquât que les terres qui furent un jour entreés au nom de Thomas Salter, ou de Richard Thomas Salter, ee qauiest le véritable nom, uient jamais été réclamées en aucune façon par üh métis où par, aucune autre persoune que Salter lui-même, Les entrées de reluici furent pour le quart de section sud-est du No, 12, township 45, rang 27, à l’ouest du second méridien, ET ELLES ONT DEPUIS LORS ÉTÉ ANNELÉES À Sa PROPRE DEMANDE," ;
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Ainsi, quelle qu’ ait pu être cette ditliculté à l’origine, les terres sont sorties de la possession de Salter depuis longtemps et 11 n’y a pas eu d’autre trouble à ce sujet.
Ce sont là, les deux seuls cas mentionnés
par M. Laurier et l’on voit qu'ils ne répondent aucunement au défi de nomimer un métis qui ait été dépossédé de sa terre, soit par l’action, soit par l’inaction du gouvernement,
M. Laurier pour démontrer l’absence de |
bonne foi chez le gouvernement, a fait allusion à la mission du
REV, PÈRE LEDUO ET DE M. MALONEY
à Ottawa. IT a dit que ces messieurs vinrent à Ottawa dans l’intérêt des métis en général, qu’ils reçurent la promesse d’un nouvel arpentage des terres de Saint-Louis de Langevin et que cette promesse bien que donnée par écrit, n'avait pas été remplie, Voici les faits :—D’abord la mission du Père Leduc et de M. Maloney n'avait rien à faire avec les réclamations des métis, ni avec les arpentages dans le District de Prince-Albert, Ils vinrent comme représentants des habitants de Saint Albert, d’Edmonton et du Fort Saskatche.
wau qui sont entre 400 et 500 milles de la branche sud de la Saskatchewan où la rebellion a éclaté. Ainsi que l'explique le rapport du Député-Ministre, le fait que le
ouvernément avait ordonné à M. Michael
eane, l’arpenteur chargé Ge certain travail spécial dans le District d’Edmonton, et qui avait, sans ordre, commencé d’antres arpentages, de cesser ces autres arpèntages, avait fait craindre que le gouvernement n’eût pas l’intention de continuer l’arpentage, et le Père Leduc et M, Maloney furent envoyés à Ottawa à ce sujet. Leur mémoire présenté au gouvernement le 10 mars
1885, au nom des ‘‘habitants Je Saint-
Albert, Territoires du Nord-Ouest ” demardait spécialement certaines choses, comme SUIL :-—
I. Qu’on leur accordât un arpentage a partir-de la rivière, avec une limite de deux milles, comme à Prince-Albert, T.
N.0., et dans le Manitoba.
2. Leure terrains étant occupés depuis plusieurs années, quelques-uns même de-
uis avant la cession, iis demandèrent que e gouvernement reconnût leurs titres et leur accordât des patentes,
3, Ils demandèrent de la part des habitants Qe Saint-Albert, Edmonton et Fort Saskatchewan, que l’arpentage par lots de rivière fut étendu depuis Edmonton jusqu’au, Fort Saskätchewan, les deux colonies comprises, comme ailleurs sur la Saskatchewan, à Privce-Albert, sur V’Assiniboine.et sur la Rivière Rouge.”