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CHAPITRE PREMIER

Pnua Ècire..,.

La philosophie recherche la conception homogène de Tunivers , de Tensemble des choses; la science, la conception et, corrélativement, Texplication homogènes «d'un ordre particulier de faits.

La science atteint son but en constatant les

grandes uniformités d'existence qu'on nomme

les lois naturelles.. L'unité scientifique ne dé-

considérable sans doute fut la lente constitution de la série des sciences abstraites. Ces conditions nouvelles incitèrent l'esprit à chercher des méthodes plus efficaces pour réaliser son rêve unitaire. L'ancienne hypothèse animique ne fut point complètement écartée. Elle dut cependant subir une concurrence, une rivalité dangereuse. Des suppositions à Tenvergure au moins aussi vaste, mais possédant un caractère plus réfléchi, plus déterminé, naquirent à ses côtés; je veux parler des trois grandes synthèses du matérialisme, de l'idéalisme et du sensualisme ^

1. Le malentendu qui divisait si profondément les religions fut raviTé par les écoles métaphysiques. Celles-ci croyaient de bonne foi avoir des raisons valables pour prolonger la vieille dispute. Car s'il paraissait importer peu au bonheur humain de distinguer le vrai Dieu, puisque les théologiens finissent par n'en admettre qu'un seul, il semblait beaucoup plus nécessaire, au point de vue de la recherche désintéressée de la vérité, de connaître le principe identique de tous les phénomènes. Par malheur, les métaphysiciens ne virent pas que leurs grandes hypothèses directrices étaient également oiseuses et inadmissibles. Hamilton disant : « Nous philosophons pour échapper à l'ignorance, et la philosophie nous y ramène », peint cette situation d'un trait topique.

se rendent à peine compte d'un tel phénomène

■sociologique. Le criticiste se croit Tadversaire

naturel du positiviste, et celui-ci renie sans

hésiter les liens qui Tapparentent aux adeptes

des théories évolutionnistes. La pensée du

xix« siècle n'en continue pas moins à se diriger

avec lenteur, mais d'autant plus sûrement,

vers le point initial de la philosophie, — l'unilé

de vues qui particularisa la phase religieuse

et ne fut que momentanément étouffée par la

luxuriante différenciation métaphysique. En

conséquence, le monisme moderne, sous les

formes diverses que lui donnèrent Tun après

l'autre le criticisme de Kant, le positivisme

de Comte et Tévolutionnisme de Spencer, se

rapproche beaucoup du degré le plus élevé dans

la série théologique, — l'identité panthéiste

de la pensée et du monde *.

1. Quelques esprits méditatifs et, parmi eux, Hegel, ont érigé en loi générale de tout progrès la ressemblance qui marque les phases ultimes de développement et les phases initiales ou préparatrices. Si une telle loi existe, elle ne peut gouverner que les erreurs et les mécomptes de

[ECHERGHE DE L C

ie mixte ou tli lébute, à vrai dir lue le polylhéis ot encore que , des pluralisme croyances panth^ plus parfaite que , soit personnel, s précisément pi

série métaphysiq > divers aspects ème, la philosof 3ure à la philos e, soit idéaliste.

cependant, panti

! agit comme l'indÎT ient volontiers sur si e. Lasse de voir la pe ictions contradictoir quement volte-face icrÈte, où la recherch ivec le savoir naissar nous assisté sans la i SB produisit naguèi pour objel de nous | le sorte de poésie giai

livisme ne valent guère mieux que des approximations de la vérité, lueurs incertaines, ouvertures étroites sur la clarté du jour. Un résidu, une survivance du passé s'y attache, qui les corrompt et les transmue en autant

d'erreurs ou d'illusions. L'unité réalisée par ces systèmes garde Tempreinte indélébile d'une supposition qui dépasse l'expérience.

Cette remarque est essentielle. L'hypothèse invérifiable n'évite jamais le doute général. Nous ne possédons, en philosophie, aucun critérium qui puisse nous garantir la « consubstantialité » de l'Être suprême et de l'Univers (panthéisme), et aucun non plus qui nous certifie la « consubstantialité » de l'absolu et du relatif, — ou qui nous prouve, pour parler le langage des positivistes, que tout est relatif, et que rien n'est absolu. D'ailleurs, le scepticisme généralisé ne tarde pas à revêtir une nouvelle forme, logique à coup sur, mais non exempte de dangers,

La conviction apparente des panthéistes et

LA RECHERCHE DE L lîMTIÏ

tivistes quant àl'uiiîté aflirméepar eux, le hésitation réelle. Les premiers voient nivers sa propre cause, et distinguent LD's celle-ci de son effet dans la mesure r semble utile pour échapper aux B de l'athéisme vulgaire. Et les seconds nt de bonne foi l'absolu au relatif et se :, jnalgré tout, à identifier ces deux 3, à considérer leur opposition comme illusoire, ou du moins coinme purement i. Chez le panthéiste. Dieu devient le : qui vivifie et anime le monde, et, chez viste, l'absohi, relégué au delà des bornes )érience, se change en Incognoscible '.

>nlemporain reprend volontiers à son les doctrines, qualïiiées aujourd'liui d'intuitions iiques, qui, comme celJes de Spinoiiaet deLeibnilz, t partout la coexistence du mouvement et de la ^rtes, ces anciennes tliéories ne pouvaient invo~ résultats de la science actuelle qui paraissent les r (Ihermo mécanique, thermochimie, analyse specimie atomistique, biologie cellulaire, mécanisme inist'e, etc.); mais il semble certain aussi qu'elles ienl sur des données scjentiriques d'où sortirent, tive, les découvertes récentes, nisme moderne, en outre, d certainement subi une

forte influence physiologique et, par là, sensualiste. Rappelons à ce sujet que Scbopenhauer, Tun des initiateurs du mouvement moniste, convenait lui-même d'avoir simplement traduit en langue philospphique les idées de Cabanis et de Bichat.

D'autre part, cette hypothèse psychologique, étayée déjà par quelques expériences précises, la résolution de l'esprit en facteurs sous-conscients, fut également l'instigatrice immédiate de la longue série de théorèmes unitaires que vinrent soutenir, dans la lice philosophique, après Kant, Fichte, Schelling et Schopenhauer, tous les penseurs de marque. Leurs formules, au reste, se ressemblent d'une façon frappante. Elles varient à l'infini ce thème en faveur qui consiste à élever les éléments inconscients de l'esprit au rôle de substratum des choses. Je cite au hasard quelques-unes de ces transpositions.

Le processus nerveux et l'état de conscience ne sont qu'un seul et même fait vu sous des aspects différents (Lewes). La matière et la force sont identiques (Herzen). La distinction entre le monde externe et le monde interne se présente comme un pur effet de la pensée (Ardigo). Le mouvement et la volonté ne font qu'un : la substance mise en mouvement constitue le phénomène psychique de la « tendance », ce germe de volonté qui anime jusqu'à l'atome; mais ce qui manque à ces états de la substance élémentaire pour nous apparaître comme des tendances au sens psychologique, c'est la liaison interne, la continuité; car des rapports de ces étals entre eux résulte la conscience (Wundt). Les choses en soi sont « esprit »; et ce que nous appelons la matière n'est que cet esprit extérieur représenté dans nos cerveaux d'une façon imparfaite et pareille à l'image qu'un miroir réfléchit dans un autre miroir (ClilTord). Le monde est, du» dehors, mouvement; du dedans, sensation et volonté; le mouvement constitue le phénomène étudié par la science et les méthodes expérimentales; la sensation et la volonté sont la chose en soi^ étudiée par la philosophie (Noire et cent autres).

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