‹ La recherche du colibacille dans les eaux de boisson par la méthode au neutral-rotChapitre 5 sur 18 · REVUE GÉNÉRALE DES PRINCIPAUX PROCÉDÉS · texte numérisé non relu

REVUE GÉNÉRALE DES PRINCIPAUX PROCÉDÉS

L'importance de la recherche du colibacille dans les eaux n’est plus à démontrer.

Depuis les travaux de Roper et Roux (45), en 1889, et depuis les nombreuses publications que ces travaux ont suscitées, le co/ibacille a vu son importance devenir considérable au pomt de vue de l’analyse des eaux.

Le colibacille peut, en effet, dans certaines circonstances, devenir pathogène : on connait les co/ibacilloses.

Mais là n’est pas véritablement son importance : c’est comme indice de pollulion de l’eau par les

matières fécales, les urines, les purins, les fumiers, ete., que sa découverte dans l’eau a sa principale signification hygiénique. Le colibacille se trouve d’une facon constante dans tous les excreta ; toute eau qui aura été contaminée renfermera donc du colibacille et sa seule présence devra faire considérer cette eau comme impotable. (Perruscaky et Puscu (37), Vix- CENT (59).)

D'autre part, il est extrêmement difficile d’isoler le bacille d'Eberth, même des eaux qui ont engendré une épidémie de fièvre typhoïde. Le colibacille laccompagnant toujours et étant de recherche relativement facile, c’est souvent ce dernier microbe qu’on se contente de rechercher. Une eau colibacillifère, en dehors de la contamination générale dont elle a été l’objet, peut, à un moment donné, devenir typhogène.

L'analyse bactériologique qualitative d’une eau se réduil presque toujours à la recherche du colibacille. (J, Courmonr (9).)

Aussi un grand nombre de méthodes pour déceler le colibacille dans l’eau ont-elles vu le jour durant ces dernières années.

Nous allons rapidement les énumérer.

A. — Procédés par la température.

Ce procédé, très simple, a été indiqué par Ropzr (46) en 1889. Il utilise ce fait que, seuls ou à peu près, le co/ibacille et le bacille d’Eberth, parmi

les microbes des selles ou des eaux, végètent à la température de 45 degrés.

On ensemence quelques ballons de bouillon, on les place quarante-huit heures dans une étuve à + 445, Au bout de ce temps, si les ballons sont troubles, il y a de fortes présomptions pour que l’on ait affaire à du colibacille.

ErkMann (10), en 1904, propose d’ensemencer 1 centimètre cube d’eau dans 10 centimètres cubes de solution peptonée, glucosée et de mettre à l’étuve à 46 degrés.

S'il y a du colibacille, en vingt-quatre heures le glucose fermente et il y a production de gaz

Cependant, ces derniers temps, en 1913, Bor- NAND (2), étudiant cette méthode, trouve qu’elle n’est applicable que lorsque l'infection de l’eau est récente. Les colibacilles ayant séjourné un certain temps (quatre mois et demi dans le cas particulier) à des températures basses (5, 7, 18 degrés), s’y adapteraient et, dès lors, on ne pourrait les faire multiplier à 46 degrés.

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B. — Procédés à l’acide phénique.

CHanremesse et Vipaz ont, les premiers, utilisé (1887) la possibilité de cultiver le co/ibacille et le bacille d'Eberth en milieux à l’acide phénique pour la diagnose de ces deux microbes,

Ils ajoutent [IV à V gouttes d’une solution d'acide phénique à 1/20° par 10 centimètres cubes de géla-— tine. Ils cultivent en boites de Petri ou en tubes

d’Esmarch. Seuls, ou à peu près, les deux microbes mentionnés végètent.

VincenT (57), en 1890, combine l’action de l’acide phénique et de la température.

Il introduit dans des ballons 10, 50, 100, 150 centimètres cubes de l’eau à analyser. Il ajoute, par 10 centimètres cubes d’eau, XX gouttes d’une solution saturée de peptone et XX gouttes d’une solution concentrée d'acide phénique. Il met à l’étuve à 42 degrés et examine au bout de vingt-quatre heures. Les bal lons, troubles, contiennent du colibacille.

PEré (38) (1891) transforme un certain volume d’eau (600-700 centimètres cubes) en milieu de culture, en lui ajoutant du bouillon peptoné (150 centimètres cubes) et une solution d’acide phénique à 5 pour 100 (20 centimètres cubes). Il chauffe de + 32 degrés à + 34 degrés et, dès qu'un trouble se produit, 1l réensemence en bouillon phéniqué. Après trois passages, faits dans les mêmes conditions, tous les microbes, sauf le colibacille et le bacille d’Eberth, ont disparu.

PaRIETTI (36) (1890), dans des tubes de bouillon de 10 centimètres cubes, ajoute IT, VI, IX gouttes d’une solution à 5 pour 100 d’acide phénique et de 4 pour 100 d'acide chlorydrique. Il les ensemence en série avec I, I, IIT gouttes, etc., d’eau soumise à l'analyse.

Le colibacille ou le bacille d’Eberth amènent un trouble au bout de vingt-quatre heures, même dans les tubes où la concentration d’acide phénique est la plus forte. Dans les tubes, où la solution est plus

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diluée, les microbes ordinaires peuvent amener un trouble, mais au bout de quarante-huit heures seulement.

I faut d’ailleurs remarquer que, dans ces procédés, où l’on utilise les bouillons phéniqués, les constatations n’ont de valeur que si elles sont faites au bout de vingt-quatre heures au plus tard. Passé ce délai, les autres microbes des eaux peuvent commencer à vécéter.

G. — Procédés utilisant la concentration ou l'enrichissement.

VaLLer (1901) entraine les microbes dans un précipité obtenu en ajoutant, par 20 centimètres cubes d’eau, IV gouttes d’une solution saturée d’hyposulfite de soude et IV gouttes d’une solution saturée d’hypo— sulfite de plomb. Après décantation, il dissout le dépôt en ajoutant goutte à goutte la solution saturée d'hyposulfite de soude. On répartit dans des tubes 10 centimètres cubes de gélatine d’Elsner modifiée par GRIMBERT et IT à IV gouttes de cette dissolution.

Le colibacille pousse au bout de trente-six heures.

Borpas (1901) filtre par aspiration dans une bougie l’eau à analvser. Il nettoie la bougie avec de l’eau stérilisée et ensemence cette eau d’après les procédés usuels.

VENEMA (56) (1906) emploie le procédé que Rix- GELING avait utilisé pour le lait. Il ensemence 5 centimètres cubes d’eau dans 50 centimètres cubes de bouillon acide (bouillon ordinaire non alcalinisé). Après vingt-quatre heures à 37 degrés, 1l y a assez

PP ARE de colis pour les faire apparaitre sur des plaques de gélatine, alors qu'auparavant on n’obtenait aucun résultat.

FeperoLr (1909) précipite par le sulfate de fer et ensemence le précipité sur gélose dans des boites de Petri.

D. — Procédé de la culture filtrante.

C’est le procédé décrit par CamBiER. Dans un tube d'Esmarch, rempli au tiers de bouillon, on place une bougie filtrante à l’intérieur de laquelle se trouve le produit de filtration ou de centrifugation de l’eau à analyser.

Lesieur (30) a montré que le colibacille et le bacille d’Eberth passent de l’intérieur de la bougie dans le tube d’Esmarch au bout de dix-huit heures, les autres microbes mettant de vingt-quatre à cent vingt heures pour traverser.

I suffira donc d’examiner au bout de vingt heures le bouillon d’après un des procédés usuels.

P. Carnor et GARNIER utilisent comme appareil de filtration un tube en U à branches de diamètre inégal, et dont la plus large contient une masse de sable, surmontée d’une petite couche de bouillon, l’autre contenant le liquide à examiner. On examine dès que le bouillon se trouble.

E. — Procédés par culture sur gélatines spéciales.

La gélatine d'ELSNER (11), qu'avait proposée cet auteur pour la différenciation du co/ibacille et du

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