‹ La RéductionChapitre 4 sur 14 · MOT · texte numérisé non relu

MOT

mes furent enfin admises dans les ambulances du front, mais seules des infirmières y furent envoyées. Une femme médecin, pour être acceptée devait cacher sont titre de docteur, oublier sa profession et se contenter de donner aux blessés des soins de garde-malade. Cette conduite vis-à-vis de femmes ayant fourni des preuves d’énergie et de travail, ce mépris pour nos titres acquis aussi laborieusement que ceux de nos confrères hommes est d'autant plus étrange que, en Angleterre, par exemple, les femmes médecins furent toutes désignées pour remplir les places auxquelles les destinaient leurs études et leurs grades.

Donc, nous étions obligées de rester à l'arrière et nous avons essayé de remplacer sans grande expérience, mais avec beaucoup de bonne volonté, nos camarades absents.

Nous fûmes placée comme interne provisoire auprès de celui qui fut l'inspirateur de ce travail : c'est à lui que nous devons toute notre éducation chirurgicale. Il sut nous communiquer son enthousiasme, son ardeur au progrès ; 1] nous a imprégnée de sa belle conscience professionnelle. C'est lui qui a aplani les difficultés du chemin, expliquant avec des mots très simples des choses très difficiles, éclairant de sa parole lumineuse le diagnostic le plus aride.

Nous avons trouvé dans son service un enseignement clair, précis, bien que parfois un peu rude. Nous avons le souvenir de violentes apostrophes pour un Sspica aux spires contournées, pour une pince écartées mal à propos, ou pour une observation incomplète. Tout cela était pour nous apprendre à agir vite et bien et à faire en temps opportun le geste utile. Ce procédé

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avait donc du bon malgré son amertume, et je suis très heureuse de pouvoir dire ici toute la gratitude et tout le dévouement que j'ai pour mon mari.

Je liens à remercier M. le professeur Weill de nous avoir acceptée dans son service comme ünterne déléguée. Nous avons passé quatorze mois auprès de lui, puisant de grandes et originales leçons dans ses longues causeries au chevet des malades, toujours captivée par son esprit chercheur si largement ouvert à toutes les questions.

Nous adressons nos remerciements à nos maîtres de la Faculté et tout particulièrement . à M. le professeur Pic, qui nous à toujours témoigné une grande bonté, et à M. le professeur Paviot, auquel nous sommes heureuse de rappeler ici notre sincère et très ancienne amitié.

Nous tenons, enfin, à adresser à M. le professeur adjoint Vaney, de la Faculté des Sciences, notre souvenir reconnaissant pour la facon bienveillante dont il nous a accueillie et pour les encouragements qu'il n'a cessé de

nous prodiguer pendant nos années de licence.

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