NOTICE
Les livres dont se servent les aveugles ont été, jusqu’ici, obtenus par deux moyens : i° l’impression, soit par clichage, soit à l’aide de caractères mobiles, procédés industriels très coûteux, nécessitant l’emploi de machines valant plusieurs milliers de francs ; 2° l’écriture à la main, à l’aide du poinçon et de la tablette, généralement effectuée par un typhlophile, que sa bonne volonté ne met pas à l’abri des inexactitudes et qui, malgré son ardeur, ne peut jamais — après un long temps — donner à l’aveugle qu’un exemplaire unique.
En créant la Petite Imprimerie, on a voulu marier les deux procédés et permettre aux copistes de tirer plusieurs exemplaires de leur travail, sans dépenser plus de temps que pour une seule copie et sans autres frais que le prix du papier.
La Petite Imprimerie ne nécessite aucun apprentissage, pas même l’étude du braille. Tout a été simplifié pour permettre à quiconque, même à un enfant, de composer sans laisser de faute, de tirer les exemplaires sans fatigue, et de les relier sans couture ni colle, donc sans se salir les mains.
Les dames typhlophiles se servent de cette Petite Imprimerie , dans un coin de leur salon, et trouvent dans son emploi un passe-temps agréable.
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Les écoles peuvent, à peu de frais, imprimer leurs livres scolaires. Les professeurs eux-mêmes trouvent, dans la Petite Imprimerie , un précieux auxiliaire ; ils préparent à loisir les leçons ou les données d’un problème, en tirent autant d’exemplaires qu’ils ont d’élèves et gagnent ainsi un temps précieux qui aurait été pris par des dictées inutiles. L’enseignement de la lecture aux tout petits y gagne également. Le maître connaissant le point faible chez ses élèves, compose ses leçons en conséquence et emploie aussi souvent qu’il lui paraît nécessaire les mots qui lui assurent la compréhension de ses petits écoliers. C’est le tableau noir mis au service des écoles d'aveugles.
La Petite Imprimerie permet aussi aux aveuglesauteurs de s’éditer eux-mêmes et de limiter leur tirage à leur gré.
En somme, la Petite Imprimerie permet tout ce que permet le poinçon, avec cette différence qu’au lieu d’une seule copie, elle en donne le nombre dont on a besoin.
Matériel.
La Petite Imprimerie se compose d’une casse de typographe contenant un millier de caractères, d’une boîtecomposteur et d’une coquette petite presse à cylindres.
Caractères. — Les caractères sont en métal, ils portent à une extrémité la lettre romaine et à l’autre le signe braille équivalent. Cette particularité permet aux voyants de composer en texte ordinaire, sans se préoccuper du texte braille. Les caractères sont munis d’une languette longitudinale placée à la base de la lettre.
En plus de ces caractères, il en existe de spéciaux permettant d’écrire la musique, l’abrégé orthographique, les
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langues étrangères et l’esperanto. Ils sont vendus au même prix que les caractères usuels.
Caractères.
Composteur.
Composteur. Le composteur est une simple boite dont le dessus et le dessous se retirent comme deux couvercles. Cette boite est divisée dans sa hauteur par des