BIBLIOTHÈQUE NATIONALE
M. 8. de Vallant. — Portef. !•», p. 290 (nouv. ïwigin. 446).
Hons'^ le viscomte je vous escript la présente pour vous dire que jusques a maintenant jay estee sur les voyes de la defuncte Royne Mad« ma très honnoree Mère que Dieu absolve au regard du doulte entre les Religions laquelle Royne induite par defunct son frère Monsr le Roy François p" de bonne et glorieuse mémoire mon très honnore Oncle ^ a ne se mettre en cervelle dogmes nouveaux ne se cuyda oncques que de Romans jovials ^ oultres plus me recordant toujours bien des noyses que loing auparavant le » defunct Roy Monsr mon très honnore Père et seig' que Dieu tienne en grâce me chercha alors que laditte Royne faisant dans sa chambre prières avecques les ministres Roussel et Farel quy dheur sesquiverent en grand esmoy lui bailla un soufflet sur la joue dextre et me tansca de verges en deffendant asprem^ de ne se mesler de Doctrine^ ce quy me couste Larmes ameres et ma retenue en tremeur et complainte jusques à leurs trépas advenus et partant de présent libre par la mort du susdit Mons' Roy mon pere arrivée deux mois y a des detroisses poignantes qui lassaillirent alorsque Lassem-
blee de Marc se rompit sans luy faire tirer raison aulcune de la perverse invasion et détenue de son Royaume par Ferdinand Roy Darragon et LEmpereur Charles par grand Dol et besoingnes tant énormes de Rome et oultre plus esguillonnee des Exemples et semonces Ae ma Cousine la Duchesse de Ferrare jl mapparoist que la reforme est tant juste et tant nécessaire que jesUme a par moy que ce seroit couardise déloyale envers Dieu envers ma jionsdence et mon peuple de demourer plus
longuement en suspend et perplexe y ainsin les des-
bats et altercations dentre Mons"* le Roy Henry mon très honnore Cousin et le Pape Jules ont fait apparoitre de par ledit Roy trois ans y a, un esdict tant severe a Lencontre delà reforme j7 est mestier que les gens de bien couëtem^ tiennent colloques ensemble pour resouldre la manière degerer tant du présent que dans ladvenir. Bien advertye quaves prez de vous doctes personages et que reconnais en vous esprit Noblesse et Courage sy voulez avecques eux vous rendre au Chasteau d Odos en Bigorre je ne fauldray a y estre devers la fin du prochain mois de Septembre Espérant que viendrez je prie Dieu vous avoir Mons' le Viscomte en sa très s^® et digne garde. Escript a Pau le 22 Aoust 4555.
Vostre bien bonne et asseurée Amye Signe Jehanne Royne.
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A Mons' le Viscomte de Gourdon (1).
(1) Copie due aux soins obligeants de M^^ le P' Vinard, de Paris.
Aotes du synode de basse Ouyenne.