Mss. de Lavaud, ibid
Dès le 20 avril suivant^ le prieur du chapitre de Saint-Léonard, et les députés de la ville, Jacques de Massiot et Jean Fai^geaud, chanoines, et Nicard, « archiconsul », s'étant rendus au château de Saint-Germain-en-Laye, présentèrent à la reine une relique de saint Léonard. C'était une partie des mâchoires du saint, placée dans une boite d'argent, scellée et cachetée du sceau de l'évêqae de Limoges, et de la ville de Saint-Léonard. La reine reçut avec un grand sentiment de joie et de piété cette précieuse relique, en présence de Louis XUI, qui voulut la vénérer à son tour; et, pour témoigner sa reconnaissance aux députés de la ville, elle leur fit délivrer un certificat, qu'elle signa de sa main *.
Le 15 août suivant, l'évéque de Limoges, mêlant dans les prières de son peuple la pensée de l'événement si attendu, faisait avec grande pompe, dans sa ville épiscopale, après la cérémonie des vêpres, la procession du vœu de Louis XIII, œuvre de sa nièce, Louise de la Fayette. Des transports de joie accueillirent bientôt, en France, et tout particulièrement à Limoges et à Saint-Léonard, la naissance du dauphin, qui s'appela Louis XIV 2.
Quatre ans plus tard, le 19 août 1642, un Père jésuite prononçait, à Saint^Etlenne de Limoges, en présence des membres de la cour présidiale, et des consuls de la ville, l'oraison funèbre de Marie de Médicis, mère du roi, morte à Cologne, dans un état voisin de la misère, six mois avant Richelieu, qui l'avait fait exiler. Le chapitre de la cathédrale fit tapisser de noir, en cette circonstance, l'intérieur de l'église. Le 25 du même mois, Pierre du Verdier, aumônier ordinaire de la reine-mère, fit célébrer en son honneur une pareille cérémonie, et prononcer aussi une oraison funèbre dans la collégiale de Saint-Martial ^.
Après la mort de Louis XIII, la reine régente fit « mander à la ville de Limoges, de prier Dieu pour le salut de l'âme de feu de bonne mémoire le généreux monarque ». Notre prélat envoya de Paris, au clergé de son diocèse, des instructions précises, pour que les honneurs funèbres fussent célébrés de la manière la plus solennelle, dans les églises paroissiales, et dans les chapelles de communautés. Le premier service eut lieu le 13 juin 1643, à la cathédrale Saint-Etienne. « Le chœur de l'église fut entouré de drap noir, avec une ceincture de veloux noir par le milieu (sic); il y eut chapelle ardente et l'oraison funèbre y fut faite par le père Adam, jésuite *, devant le corps en présence de messieurs de la justice, de messieurs les consuls, avec leurs robes longues et marques consulaires, et de nombreux habitants de la ville. »
1. L'auteur des Annales, Mss. de 1638 nous rapporte que la reine porta toujours sur elle cette relique de Saint-Léonard.
2. Arbellot, Vie de saint Uonuvd, Paris, 1»)3, p. 133 et Mss. 34, fol. 11.