Dans son livre du Lemovici illustret, publié en
ses travaux, le chapitre métropolitain lui accorda le titre de chanoine honoraire. Les années suivantes, Gabriel Ruben donna, dans le diocèse de Limoges, de nombreuses missions, tantôt comme chef, tantôt sous la direction du P. Le Jeune. En 1672, trois semaines avant la mort du saint missionnaire, qu'il aimait comme un père, il alla prendre congé de lui avant de partir pour la mission de BuxeroUes'* : « Ah I mon ami, lui dit-il, le pauvre peuple des campagnes ne connaît pas Notre-Seigneur Jésus-Christ, faites-le bien connaître, aimer et servir. Si on ne connaît pas Jésus-Christ, on est perdu. »
L'oraison funèbre que Gabriel Ruben prononça, le 21 octobre suivant, à Saint-Pierre-du-Queyroix, au milieu du service religieux de quarantaine, eut un grand retentissement dans tous les lieux de France, où son héros était connu. Notre prélat, qui l'avait invité à la prononcer en sa présence, le pria aussi de la faire imprimer ^. Cet ouvrage, qui eut bientôt trois éditions, est remarquable, « par le naturel du style, par la pureté dans la diction, par le fonds et par l'ordre dans la composition. L'auteur avoue qu'il l'a fait plus ample pour l'impression, qu'il ne l'était lorsqu'il prononça le discours, quoique alors il parlât deux heures de suite. Il se donne souvent pour témoin oculaire des faits qu'il avance 3. »
Son talent et son zèle avaient fait à Gabriel Ruben une telle réputation, dans le diocèse de Limoges, que les corps ecclésiastiques les plus fermés ordinairement, cherchèrent à se l'attacher, en honorant sa personne. Il fut ainsi nommé, en 1674, parle chanoine chantre de la cathédrale de Limoges, comme titulaire de la vicairie de Notre-Dame du Puy en la Cité *. Dans le même temps, le chapitre d'Eymoutiers lui conféra, à l'unanimité, la première dignité de la collégiale Saint-Etienne ^ Mais le célèbre missionnaire ne devait pas tarder à renoncer bientôt, à tous ces honneurs ecclésiastiques, pour entrer à l'Oratoire.