‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 192 sur 480 · III. Le séminaire des Ordinands · texte numérisé non relu

III. Le séminaire des Ordinands

jfo Au prieuré de Bujaleuf {1660-i661).

Tandis qu'on s'occupait, au milieu de diverses difficultés, de la construction d'un séminaire diocésain, l'évêque de Limoges soucieux avant tout de l'organisation d'une communauté, qui se livrerait sans retard à la formation des jeunes clercs, recherchait dans son clergé, les prêtres qui lui paraissaient les plus dignes de ces nouvelles fonctions. Entre tous les ecclésiastiques de son diocèse, se distinguait alors un prédicateur de grand mérite, zélé pour les missions, émule et ami du P. Le Jeune. C'était Gabriel lUiben, docteur en théologie et théologal d'Eymoutiers, qui, en Î654, avait passé quelques mois à Paris au séminaire de Saint-Sulpice. En 1660, il offrait à notre prélat, d'accord avec son frère Jacques Ruben, chanoine de la même collégiale, de se livrer à l'œuvre de l'éducation des clercs et de faire tout ce qui dépendrait d'eux pour en assurer le succès. François de la Fayette s'empressa d'accepter

1. Les prêtres de la Mission étaient au nombre de douze en 1696, d*après le Mémoire de Betnxage,

2. Abbé Lecler, Aixhives histor'uf.^ t. II, p. 401 Mémoire de Vabbé Bidlat rédigé avant la Révolution.

leur proposition. En même temps que leurs services personnels, les frères Ruben offrirent la maison ou presbytère qu'ils occupaient au prieuré-cure régulier de Saint-xMartin de Bujaleuf *.

Ce fut donc dans un simple bourg, qui comptait alors treize cents communiants, situé sur un plateau qui domine les bassins de la Vienne et de la Maude, entre Saint-Léonard et Eymoutiers, à 33 kilomètres de Limoges, qu'eut lieu le premier essai de séminaire 2. Là^ (jans les bâtiments claustraux d'un prieuré du douzième siècle, les frères Ruben commencèrent (vers l'automne, c'est-àdire au mois d'octobre 166U), à recevoir des sujets et à faire suivre tous les exercices spirituels, à ceux qui se préparaient aux saints Ordres. L'évêque de Limoges heureux de ces débuts vint les visiter plusieurs fois et parut ravi des effets admirables, que la grâce produisait en eux. Les jeunes clercs s'y présentèrent même si nombreux, que la maison fut bientôt insuffisante pour les loger.

Cette tentative heureuse de séminaire dura un an, et ne consista en somme que dans une série de retraites d'ordination ^, Convaincu, après cet essai, de l'insuffisance des Exercices spirituels et de la nécessité d'une plus longue épreuve pour ses ordinands, notre prélat rendit en 1661 une ordonnance, pour enjoindre à tous ceux qui aspireraient aux saints Ordres de demeurer pendant un an au moins dans son séminaire, avant de les recevoir. Faisant de plus passer le bien de son diocèse avant ses convenances particulières, l'évêque se décida en même temps à transformer son château d'Isle, en séminaire provisoire, et fit une obligation à tousses ordinands de s'y retirer, pour y faire les exercices de l'ordination, en attendant qu'il y eût une maison bâtie, à cet effet, dans la ville épiscopale *.

2« Au cMteau d'hic {octobre iOOl-mars i604).

A) Sotts la direction des frères Ruben,

Le château d'Isle était la maison de campagne de l'évêque de Limoges. Il était situé près de l'église paroissiale du bourg de ce nom 5 ; il était entouré d'un grand parc clos de murailles, qui enfermaient de beaux jardins. Il comprenait une grosse tour très ancienne, une belle maison d'habitation, une vigne très productive, une grande prairie , une belle garenne sur les bords de la Vienne, entre deux ruisseaux ; il était a en bel air, belle vue, et

1. M. Gaignet, p. S. S. ^otes nianitscrUes^ d'après la vie inédile de G. Ruben.

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