‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 194 sur 480 · Laforest, Limoges, p · texte numérisé non relu

Laforest, Limoges, p

5. Celte commune, du canton ouest de Limoges, était alors une paroisse de neuf cent quatre-vingts communiants. Fouillé historique de Nadaud.

belle situation, à une lieue de Limoges ^ ». Notre prélat, qui était « disposé à tout bien d, avait consenti à la nouvelle afl'ectation de son château, sur la demande des frères Ruben. Il avait fait préparer à la hâte celte maison féodale, comme il fallait, pour le but qu'on se proposait, sans que la distribution des pièces fut notablement changée. L'ouverture de ce séminaire provisoire se fit à Isle, le 21 octobre 1661. Le nombre des ordinands, qu'on y reçut en pension, s'éleva au chiffre de soixante 2 ; et bientôt même il dépassa la centaine 3.

Cette affluence de séminaristes faillit entraîner la perte du nouvel établissement. Dans son organisation hâtive s'étaient glissés en effet de graves défauts. On s'aperçut d'une part, après deux ou trois mois d'exercice, que la maison était trop étroite pour le grand nombre d'ordinands qui l'occupaient, et qu'on avait manqué de discernement dans l'admission de plusieurs sujets, qui n'étaient aucunement propres à l'état ecclésiastique *. i)'autre part, l'on n'avait pas un nombre suffisant de prêtres capables de les enseigner et de les diriger.

L'on manquait surtout d'un supérieur de poids et d'autorité, qui, à la prudence et à la gravité joignit le don de discerner les esprits et de gagner les cœurs ^, Les directeurs du séminaire d'Isle, sans être dépourvus de zèle et de vertu, étaient surtout inexpérimentés. Ces maîtres improvisés apportant à l'œuvre commune des idées, des vues et des méthodes différentes, ce défaut d'unité dans la direction générale se faisait cruellement sentir ^, Mais l'erreur capitale chez ces éducateurs était de croire leurs fonctions compatibles avec le ministère extérieur, dont ils continuaient à s'occuper comme auparavant. Partagés entre le travail et les missions et le soin du séminaire, ils ne pouvaient donner à celui-ci, toute l'application nécessaire. L'ordre delà maison souffrait beaucoup des fréquentes absences des maîtres, et de l'abandon à peu près complet des élèves ■^.

Deux mesures urgentes s'imposaient comme remèdes principaux à cette organisation si défectueuse, qui compromettait l'existence de cet établissement. Il fallait d'abord changer, en partie du moins, le personnel de sa direction, et transférer ensuite le séminaire dans

1. D'après Gilles-le-Duc. Bulletin de Limoges, t. XLVI, p. 320.

2. Pierre Mesnagier, dans ses Mémoires, raconte naïvement ce qu'il a pu savoir de celte fondation : « Et oommencc'rent, dit-il, les jeunes prêtres (,s*V!), qui n'avaient pas la messe, d'aller au lieu d'Isle, pour étudier sur les ordres sacrés; et furent, pour celte année IGT)!, soixante jeunes prêtres en pension. » Laforest, LiuKHjes, p. 503.

3. Cet accroissement existait déjà au mois de mars suivant, 1662. Labiche, Vies des Saints, t. H, p. 44<S.

4. Notons encore ici que le château d'Isle était d'ailleurs trop éloi«j(né de Limoges, ce qui rendait fort difficile le transport des subsistances, et les communications journalières avec cette ville ». Labiche, ihid., 450.

5. Labiche, ihid., p. 445. G. Ruben se trouvait inférieur à cette mission, toute différente de celle de Bujaleuf.

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