‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 245 sur 480 · II. Les parents de Leuis de Lascaris d'Urfé · texte numérisé non relu

II. Les parents de Leuis de Lascaris d'Urfé

Jarrpi»^^ d'T'i-fr .'•non<a, j«' bi jinllot ir»i#H. Mario de Xeiitviile, iiile i]f^ l'on Antoino, hai'on <1p Maunao-\'ilU» m Limonsiii (4 s«piir fW» Franroi^. ahhé Liénôral do l'ordî-o «lo (Irandîniint '. il en eut nu lils ot trois tillos. I/hiphp dp ros dor'nuTo-;, (itMiovi«'vo <rf'i-te l'ut lille (Dionrïonr do la romo \farn' «lo Mi''flin>. IHhM»fMMisa on pronueros nooo<5 le H iaT)vior Hî!7. dliarhw. ,\\\r do i '.rov '. puis !•* i(J mars IHiO, Antnirio do Nfaillv, soimiom* do Frottos. La >eronde fille de jaoqno'5^ Anno-Mai'io d'I rtV* fnlra an « dovot cou vont )> de Sainte- ('dairo do N[onfl>r'i<nn. îondô par Piorro d'irl'o. son uisaieul. Klle fut tdno ahho«5«<» i\f» cp innnaslpro en ..'viK^r Î()44K et v maintint la roofniarilô m -a ])nmitivo riLMiour. I>llo mourut n<:ioireiiaire. on orfobro IHSt). Sa -^(îMir. FJi^ahoth «!'' vU'\ ;d prouve connue pn»les<e «• d'un morvpiljfnv /olo .d rnîio:»nrnt an pn»L!rc»s -pii'ituel •> «le <•«* momo ronvont. La marqnised'Irt'p leur more mourut en novomure ^f^*^. an fl«;'doan do La«ié f'Tj Krosso. nù idh' nil «-nterroo -•.

Charlo<5-FjnnîannoL iiU nniquo dp Jaequos iiTrîp, iiaciuiten UMïi et ont pour parrain io duo île Savoie. Il int idcn-p uans cette ronron son pèro iv<îidait alors, avf»o s(in onolo Honore dTi-tp. H devint hRÎIli *\\^ Forez, après la rononoialion du marquis «iTi-fé à cetol'liee, le "22 tnai [J^^T. liftait 'narérdial de camp :4énoi'al des armi'es «In roi en lH-i9. (piand d prôsida, avec ap|:i|.*iu(tissoînents de tous ies dôpnto«î do cet ordre, rassonddôf* do toute la noblesse du Forez. ('harlo<3-|^mnianno| ont je Lonlionr do faire un mariace «les mieux as'5orti< et dos pln^ l'irhos. on pponsant je -24 avril {i5'M\ Marguerite cFAIocîT^». i^^no <l'nno lamillo d*^ la lianl»^ noblesse d'Auvergne". Mar'juorito /'tait la sppiipino entant do t liinstnoho. marquis d'Abjuré ot «lo Fi^niiso t\e Fbo^cac. bérilMTo du château «le «*e nom, [)rès Lan,creao, <lans la mpîrio j)rovinco ".

I. < !.»» ina'*'*|n''^ 'l'I'»-'''^. ♦•'^rix'Mit »*Ti liîH.) If» i«'n**nl«)'jist»' [ji Mtiiv, i-st 'TU'ore viv,i»i*. i«» plM»< viPMX >'»i''n^nv .-t Ir la vu>ilU-ssi' la dIus uenr<'U.se «pi un aiL vue ,\f% 'ork^/t^i^ms or* i''rai>r«»'. . Lp lu^hli» ipntH»tmirt^ mi)\init an «•onrinn'ncenipnt «ttî ma^^s 1«'T0 on !<i"V II fut .'ntprrr' If» '» <\M^r< -«itivant -lans i'fuiiaf abbatiale «le |!f>Tiiifti. sHDnltnre •!** <**s .•inf»'tr«""^ «ti Korpy. Uernanl. thui.

'1. r-'tit re 'ju^ iioti<? tlinn-^ 'If^^ l»r»nnps «rnvTfS «le sr.n (ils. peut >e :'a|jporter

mnM»*M» f^'O'' >r»r^vr»»' ,u«n<'p IT»^»'* \-,l,>i*>ii,'f tf.» t.ini*.tt»><.

'f Vr.ir M I Ar^-^nnl un pmhpU <\*> pj-rr-»* <iip «,ênevi.\e .1 Trt,;.. diichess** 'le

r>. Hi^'^nafl. /'""' ''' ' r/V' «^t Ki-niif-t /a/ F,n*t't^ .n'uttfirnit*. r». i;ovi'îïr'I, /'"'/ '-t //• /' \tt>!f'h.tr.

7 \.^ 'ann'"^ <!' N'-^'-' !•*=•. <!»♦ f/« f "lU'-inAv»-* non in«-iirM 'li-^tiriiZTie^* nar "^«-«^ ailian- <-p< (jn*^ jfîir U'^ ^'ran'U h<»n»rri»^- «|U 'U*' pv.^^lm-^tt. Mr;\it s»»n uri-iUM de La l^nt;

L'historien de la Bastieafait remarquer que les seigneurs d'Urfé an dix-spptitMne s'\Mc liabitèrenl peu le magnifique château du Forez, qui avait été jusqu'en i()t>r)le rendez-vous des beaux esprits (hi royauuu\ La vie de (^harh'S-Krnrnanucl d'Urfé et de Marguerite d'Ah^re fut dès lors partagée entre plusi(»urs résidences, notanini(*nt à Flageac, à Hagé en Bresse, à la cour de Savoie, et surtout à Paria» où ils possédaient un bel hôtel de famille situé rue des Théatins (aujourd'hui rue Mazarine), sur la paroisse Saint-Cosme et Saint-Damien K L'alliance très proche des d'Lrféavec la maison de Savoie les avait mis en relations étroites et facilesavec la famille royale du Luxembourg.

Mais nous savons que le marquis Jacques dTrfé et son fils Charles-Emmanuel, an lieu de borner leur existence aux plaisirs frivoles de la fréquentation des cours de France et de Savoie, participèrent de bonne heure aux grandes cinivres de bienfaisance, que le zèle ardent de saint Vincent de Paul et de M. Olier multiplia autour d'eux pour le bien du peuple. Nous les voyons tous deux faire î)artie, dès WX) ou \i\M\, en n)éme temps que ces saints prêtres, de la célèbre Compagnie du Saint-Sacrement, et compter avec eux- [)armi ses agents du dehors les plus actifs '^.

Les seigneurs d'I-rfé s'associèrent particulièrement au groupe que la (^lompagnie fonda en IHiO avec MM. deMorangis, maître des requêtes, le marcpiis de Laval, le vicomte d'Argenson, MM. de Lavau, d'Ornano, Talon, du Belloy et le président à mortier de Lamoignon, dans le but de |)F*ocurcr d'abord des secours spirituels aux détenus de toute condition, et de travailler à la délivrance des pauvres prisonniers pour dettes. Cette association nouvelle, dont Mme deLamoignon lut l'Ame, comprit des ecclésiastiques, des gentilshommes, des magistrats et des femmes. Le roi lui confiait tous les ans une somme, pour contribuer à la délivrance des prisonniers, qui paraissaient mériter parleurs malheurs qu'on s'intéressât plus particulièrement à eux. Elle se sépara, dès '1H56, de la Compagnie du Saint-Sacrement, quand cette dernière commençait à être compromise à Paris et elle resta, nous dit Picot, jusqu'à la Révolution (•(* (|u'ell(» avait été dès l'origine, une espèce de secrétariat du peujile ^,

La. famille d'Lrfé eut, â partir de l<^^)7, des préoccupations d'un autre genre moins désintéressées. Cette année- là en effet, mourut

considérable de ce nom que Jean de France, duc de Hcrryet d'Auvergne, donna i»u lîftC), à Morinot, sf»i^MU»ur de Tourzd, son favori. Son titre de baronie fut érij^è en mar(|uisat en irwH, pour Yves» d'Alèt;rc. Divtiotmaive d** la Sableuse.

1. licrnard et de SonUrait nous apprennent qu'une bonne partie des revenus des (rUrfé au dix-septième siècle était constituée sur d«*s maisons de rapport à Paris.

2. Il l'st à pré»suiner (pie les «l'Urfé furent introduits dans cette association secrète catholicpie, par un de leurs parents et alliés, soit Henri de Savoie, dur de Nemours, soit le comte d'Alhon, qui comptèrent de bonne beure parmi les principaux niombres du c<»mité central de Paris. D'après M. R. Allier. La Cabale (h'H drrnts. Paris, IIK)2, p. iO et «Kl.

3. Voir : Picol. l'j-sstù hisinrufui', l. I, p. ôU et 67 à 72.

la comtesse de Mailly de Fretles, née Geneviève d'Urfé, sœur de Charles-Emmanuel. Le règlement de ses droits de succession fut si difficile qu'il entraîna un procès des plus compliqués. Le marquis d'Urfé d'une part, et de l'autre le comte de Mailly ^, son neveu, s'occupaient encore au mois de mars 1671 à Bordeaux, de la poursuite de cette afl'aire devant le Parlement de cette ville. Cliacun d'eux revendiquait les terres du comté de Tendes 2, l'un comme bien inaliénable de la maison d'Urfé, en vertu des droits de substitution, l'autre comme dot de sa mère. Vers la fin de février 1672, les deux cadets d'Urfé tentant auprès de Nicolas Colbert une nouvelle démarche pour hâter la conclusion du procès, lui déclaraient dans le placet d'un mémoire, « que la plus grande partie du bien de leur maison se consommait et que la santé d'un père qui leur était très cher se ruinait dans cette poursuite 3. » Cet appel fut entendu du puissant ministre, car des lettres de remerciements du marquis d'Urfé nous apprennent que Colbert « fit recommander à plusieurs reprises ses intérêts aux Messieurs du Parlement de Bordeaux par l'intendant d'Aguessau et le maréchal d'Albret, gouverneur de la Guyenne ». Au printemps de 1674, Charles-Emmanuel d'Urfé avait quitté Bordeaux, après avoir obtenu de la cour un arrêt favorable, qui reconnaissait définitivement les droits de sa maison sur la possession du comté de Tendes \

La marquise d'Urfé, mère de l'évêque de Limoges, prit une grande part aux bonnes œuvres et aux préoccupations d'afi'aires de son mari. « L'air majestueux de cette dame illustre, dit un des panégyristes du prélat, marquait sa haute naissance et sa vertu la rendait encore plus vénérable » ^. Marguerite d'Alégre mourut à Paris le 5 novembre 1683. Le lendemain, samedi, M. Tronson écrivait à son sujet à M. Bourdon en ces termes : « C'est une perte irréparable pour la famille, car elle seule presque étoit en état d'y agir. Elle mourut hier au soir chez son avocat, à la fin d'une con-

1. \jB, terre du comte de MaiJly était située entre Amiens et Montdidler. La maison de Mailly remonte à l'origine de la monarchie. Les rois traitaient de cousins les chefs de cette maison, qui s'était alliée plusieurs fois avec des membres de la famille royale. Diction nairf df h rwbh^ssr,

2. Renée de Savoie avait apporté en dot, à la maison d'Urfé, les terres de Tendes et de Vintimille ; leur possession était d'une extrême importance. Le chùteau-fort de la ville de Tendes, siège du comté, était situé à quarante sept kilomètres N. E. de Nice. De Soultrait.

3. Une lettre du marquis en date du 30 mars 1671 prouve qu'il souffrait alors depuis cinq semaines des incommodités de la goutte. Une lettre de la même époque du comte de Mailly au roi atteste que le marquis d'Urfé faisait profession d'une grande piété et jouissait de la protection la plus entière de «r Monsieur de Savoie », de la k colère » duquel il aurait menacé son neveu.

4. Cf. infra nibUothùqur Nationale. Mss. franc. Mélanges de Colbert, t. CLVI, t. CL VIII, t. CLlX,et t. CLXIL

5. Dupuy de Saint-Pardoux, Oraison /*mw., p. 46. Tout nous permet de croire que la marquise d'Urfé, membre déjà de la société des prisonniers, fut en compagnie de l'inspiratrice de cette œuvre, Mme de Lamoignon, l'une des dames les plus zélées pour les assemblées de charité, que présidait saint Vincent de Paul.

sultation de deux heures qu'elle fît en pleine santé, et avec une liberté d'esprit très grande. Elle fut saisie en un instant d'une apoplexie qui l'emporta en deux heures de temps ^ »

Après la mort de sa femme, Charles-Emmanuel d'Urfé se retira, à l'Institution de l'Oratoire 2, pour sanctifier ses derniers jours dans le recueillement. L'élan de sa générosité lui inspira de faire à cette maison « des legs et des fondations, qui allaient au delà de son bien ». Menacés d'une plainte qu'il avait adressée à ce sujet au roi, les Pères de l'Oratoire « lui offrirent de transiger à l'amiable avec lui, et d'en passer par ce que M. le chancelier de France, qu'ils en laissèrent le maître, voudrait bien régler sur leurs prétentions d. Le marquis d'Urfé mourut saintement dans cette maison de l'Oratoire, le 2 novembre 1685, à l'âge de quatrevingt-un ans. Il eut pour sépulture un caveau de la chapelle du cardinal de Bérulle 3.

La famille d'Urfé allait s'éteindre au moment même où le nombre de ses membres semblait lui promettre un long avenir. Charles- Emmanuel d'Urfé eut en effet neuf enfants, dont six garçons et trois filles.

Marie-Françoise, l'aînée des enfants, naquit en 1634: elle épousa vingt ans plus tard Jean de La Rochefoucauld, marquis de Langeac ^. L'un de ses fils Charles-Emmanuel de Langeac, après avoir fait ses études d'humanités, en partie à l'Académie de Notre-Dame de Grâce, en partie à Montbrison, fut reçu à l'Institution de l'Oratoire à Paris, à l'âge de dix-huit ans, le 18 juin 1673. Il régenta quelque temps les humanités à Dieppe, puis étudia au Mans en théologie. Il quitta la Congrégation de l'Oratoire après 1681 pour des raisons de santé, et se retira sur ses terres en Auvergne ^.

Les deux autres filles du marquis d'Urfé se firent religieuses à

1. L. lierlrand, CorrespomUmcp de M. Ti'onson, Paris, 1904, t. II, p. 45i.

2. Cette maison, fondée en 1650 par Nicolas Pinette, trésorier de Gaston, duc d'Orléans, servait à la fois de noviciat aux personnes qui se destinaient à l'Oratoire et de retraite, comme les établissements de fondation royale privilégiés, pour les hommes distingués de la noblesse. On voyait, à l'église de llnstitution dans la chapelle de la Vierge, un monument en marbre érigé, en 1661, à la mémoire du cardinal de Bérulle, dont la figure était représentée à genoux. L'Institution de l'Oratoire, située rue d'Enfer, n^ 7i, est devenue, en 1814, l'hospice des Enfants-Trouvés. Dulaure, Histoire de Paris. Paris, 1852, p. 390.

3. L. Batterel, Mémoires domestiques de VOratoirCy édités par M. Tabbé Ingold. Paris, 1904, p. 415.

4. La ville de Langeac (Haute-Loire) a donné naissance à une maison noble d'origine chevaleresque, connue dès 960. La principale illustration de cette famille fut Jean de Langeac, ambassadeur de François I«% et évêque de Limoges (1533-1541). Françoise de Langeac, dame de Langeac, de Brassac et de Saint- Ilpyze, fille unique de Jean II de Langeac, épousa en 1586, Jacques de La Rochefoucauld, seigneur de Chaumont-sm'-Loire (branche cadette de la maison d'Angoumois). De cette union naquit Louis Antoine, dit le baron de Langeac, marié à Louise de Laguiche. Louis XIII Tinvestit du commandement de la noblesse d'Auvergne le 6 octobre 1635 et érigea sa terre en marquisat. Il eut pour fils Jean de la Rochefoucauld. Voir F. V. Lagrave, Kssai sur V histoire de la ville de LfiHf/r'rtc. Clermont-Ferrand, 1857, p. 27.

Page 1