‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 26 sur 480 · OriionnaiH'es synod. de 1703. Mandement, préface · texte numérisé non relu

OriionnaiH'es synod. de 1703. Mandement, préface

2. Au dix-septiénie Hiècle, Liniofçes était encore une ville double, entourée l'une et l'autre de remparts, flamiués de hautes tours crénelées, de donjons et de fossés. Les portes munies de pont-levis se fermaient le soir. La cité était bâtie autour de la calhédraie, sur la hauteur qui dominait la Vienne. La villechàteau construite autour de l'abbaye Saint-Martial est représentée aujourd'hui par la partie de Limoges eomprise dans le pourtour des grands boulevards. Chacune île ees conununes avait ses consuls, sa juridiction, ses usages particuliers. La villechùteau ne relevait que du roi. C'est là seulement qu'avaient lieu les entrées solenneUes. La population de Limoges se répartissait ainsi à la t\\\ d\\ dix-septième siècle : ville-chAteau, onze mille habitants: Cité épiscopale : deux mille deux cents : les trois faubourgs ruraux ou banlieue de Limoges, quatre mille trois cents. Voir M. Leroux, Documeitts histor,, II, 224 et Géographie et Hintolre du Limousin, Limoges, 1890, p. 82.

de la Vienne, à une, petite lieue de Limoges. Dix ou douze grandes seigneuries d'où relevaient des centaines de fiefs nobles appartenaient encore à l'évêque de Limoges. A ce titre, les plus illustres représentants de la noblesse féodale en Limousin lui rendaient hommage pour nombre de châteaux. Les revenus annuels de révêque de Limoges s'élevaient en 1700, d'après l'estimation de l'official Gilles le Duc, à vingt-six mille livres « de fermes » *. L'évêque avait à payer, prélevant sur ses revenus, les pensions des curés et vicaires perpétuels et autres prêtres des paroisses de ses terres, et les autres charges extraordinaires et ordinaires, telles que les décimes, les impositions et subventions diverses ^

La juridiction spirituelle de l'évêque s'étendait sur la circonscription la plus vaste de l'Eglise gallicane, « dans un espace de cinquante lieues de long et de quarante de large, où l'on comptait plus de cinquante villes murées et autant de gros bourgs..., plus de mille paroisses, toutes de grande étendue, et dix-huit cents clochers » 3, Le diocèse de Limoges représenta à peu de chose près jusqu'au- début du quatorzième siècle, le pagus Lemovicinus des Romains. Son territoire ne fut guère réduit en 1318, au moment de la création du diocèse de Tulle, On se contenta d'enlever dans le sens de la longueur une bande de territoire aux archiprêtrés de Gimel, de Brive et de Brivezac, et d'y ajouter toute la Xaintrie au sud de la Dordogne. Le nouveau diocèse eut 55 paroisses, tandis que celui de Limoges en comptait alors 868 *. Ce chiffre des paroisses s'élevait à plus de mille en 1700, à 914 en 1783 ^. Le diocèse de Limoges subsista, depuis 1318 jusqu'à la Révolution, dans les mêmes limites qui comprendraient aujourd'hui les départements de la

1 . Le revenu net de Tévéché de Limoges d'après le recueil des bénéfices de France était officiellement en 1690 de vingt sept mille livres. Mais il est établi que chaque évécbé, chaque couvent s'est toujours appliqué sous Tancien régi* me à dissimuler ses revenus, afin d'amoindrir, autant que possible, la part d'impôts à payer à Paris et à Rome. Il faut en général doubler et même tripler au moins le chiffre des revenus donné par les publications officielles. D'après cette remarque, les revenus de Tévéché de Limoges auraient été réellement de plus de quatre-vingt mille livres. Comte d'Avenel, BicheHeu^ t. III, p. 278 et 456.

2. Notons ici qu'à la veiUe de la Révolution, « l'évêque de Limoges voyait un tiers de ses revenus passer à un autre genre d'impôt », celui des pensions royales, en faveur de personnes et rangères à son diocèse. Cet abus était alors général dans les diocèses du royaume. Abbé Sicard, Vancten clergé, I, p. 115.

3. Bulletin archéol. de Limoges, t. XL VI, p. 316 à 321. Etat du clergé du diocèse de Limoges dresèé en 1700 par Gilles le Duc.

•4. A. Leroux, Géographie et histoire^ p. 50.

5. A. Leroux, Documents histor., ii, 189. Le diocèse de Rouen, qui compta jusqu'à 1388 paroisses, était seul en France à dépasser pour ce nombre de béné^ lices le diocèse de Limoges. Clermont et Rourges ne venaient qu'après avec le chiffre de 800 paroisses. Abbé Sicard, ibid.^ i, 108.

Haute-Vienne et de la Creuse, en outre une grande partie du département de la Gorrèze, et quelques cantons des départements de la Dordogne (arr. de Nontron), de la Charente (arr. de Confolens), de la Vienne et de l'Indre *. Suffragant de Bourges comme onze autres diocèses, celui de Limoges se subdivisa au moyen-àge en dix-huit archiprètrés. A toute époque et jusqu'à leur disparition en 1790, ces districts gardèrent le même titre officiel, celui qui leur fut donné au moment de leur création, et qui était aussi sans doute celui de la résidence primitive des titulaires de l'office. Ils conservèrent également, à part les exceptions notées plus haut pour la création du diocèse de Tulle, leur étendue, mais le chiffre de leurs paroisses varia suivant les époques. Le rédacteur du Fouillé dressé avant 1312 a rangé les dix-huit archiprètrés du diocèse de Limoges dans Tordre suivant : Combraille, près Boussac (Creuse), Aubusson, Chirouze (près la Courtine, Creuse), Saint- Exupéry (près Ussel), Gimel (p. Beaulieu,Corrèze), Brive, Lubersac (canton arr. Brive), la Porcherie (près Solignac), Saint-Paul d'Eyjeaux, La Meyse (près Saint-Yrieix^, Vigeois (près Uzerche), Nontron, Saiiit-Junien 2, Rançon (près Bellac), Bénévent, Anzème (près la Souterraine, Creuse) et Limoges ^,

Au treizième et au quatorzième siècles furent instituées les officialités diocésaines : la première à Limoges (av. 1221), la seconde à Tulle (av. 1308), dans le ressort du Parlement de Bordeaux; puis deux autres à Guéret et à Chénerailles, pour les pays de droit coutumier (qui relevaient du Parlement de Paris). Quand celle de Tulle restreignit son action au nouveau diocèse, on créa l'officialité de Brive, dont le ressort s'étendit sur ce qu'on appela plus tard le bas Limousin, celle de Limoges se réservant le haut-Limousin. Quant à l'officialité de Guéret, sa juridiction s'étendait exactement sur les archiprètrés d'Anzème,de Bénévent, de Rançon etdeSaint- Junien ; celle de l'officialité de Chénerailles, sur les archiprètrés d'Aubusson, de Combraille et de Chirouze ^

A la fin du dix-septième siècle, le clergé séculier du diocèse de Limoges comprenait : le personnel de la cathédrale de Saint- Etienne et celui de douze autres chapitres collégiaux, de Saint-

1. Voir sur ce point le Bulletin de la Société de Tulle » t. XXI, année 1899, p. 239 et suiv. Art. de M. Deloche.

2. Cet archiprétré avait en 1700, 92 bénéfices. C'était le plus important du •diocèse. Pour obtenir cet office, nous dit M. Deloche, il fallait être chanoine de la cathédrale de Limoges.

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