Correspondance, t. II, p
revenir, étant engagé très avant avec les gens du parti. M. Tronson envoyait à Tévêque de Limoges « la forme de requête et signature dont l'archevêque de Paris estimait que notre prélat devait se contenter ^. » L'affaire se termina enfin assez heureusement. L'évêque de Limoges leva la censure et imposa une légère pénitence au curé, après avoir reçu sa signature, qui ajoutait au Formulaire^ qu'il signait « suivant l'intention de l'Eglise, du Pape et du Roi ». C'est en ces termes que M. Tronson annonçait la chose à l'évêque de Coutances, le 12 février 1678*.
Le cas de deux professeurs augustins fut pour notre prélat une croix autrement lourde à porter. Il lui fournit du moins l'occasion de donner dé son vivant une réponse encore plus convaincante, à cause du zèle qu'il déploya, dans cette affaire, aux critiques posthumes de son orthodoxie. L'évêque ayant découvert dans un couvent de Limoges ^ un premier religieux qui enseignait ouvertement l'erreur du Jansénisme, se hâta d'y mettre fin, en faisant reléguer loin de son diocèse le semeur d'hérésie. M. Tronson et l'archevêque de Paris vinrent à son secours dans la circonstance. « Le roi a accordé la lettre de cachet pour votre petit Augustin *, écrivait M. Tronson, le 20 août 1678. Vous êtes dans un département plus difficile qu'un autre pour ces sortes d'expéditions; mais il n'y a pas d'apparence qu'on diffère la signer, Mgr l'archevêque s'y employant de la bonne manière. La peine que j'y ai prise ne mérite aucunement qu'on la mette en ligne de compte... » s. Un mois après, nouvelle lettre sur le même sujet. « La lettre de cachet que vous avez reçue n'est pas si forte que nous l'avions projetée... L'on a cru qu'en renvoyant ce religieux, les autres intimidés par cet exemple, n'entreprendraient pas d'enseigner ensuite une mauvaise doctrine, et, qu'ainsi votre diocèse étant purgé, vous étiez assez hors d'intérêt pour ce qui regarde ces Augustins... ^^
Ces religieux avaient un couvent dans le diocèse de Sarlat, à Domme (aujourd'hui chef-lieu de canton de la Dordogne). C'est dans ce couvent que fut envoyé l'Augustin de Limoges '^. Dans le