‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 331 sur 480 · I. La famine de · texte numérisé non relu

I. La famine de

« La charité, dit le panégyriste Dupuy, régna dans le cœur de notre prélat en souveraine singulièrement dans ces années stériles (qui marquèrent la fin de son épiscopat), où le riche était devenu pauvre et où le pauvre mourait de misère ^ » Les temps en effet furent mauvais partout dans le royaume en 1693; depuis cinq ans déjà la guerre de la Ligue d'Augsbourg pesait lourdement sur le royaume, et la gloire des armes françaises n'atténuait point la misère des populations. Dès 1692, Tinsuffisance des récoltes avait ajouté la cherté des vivres à la charge déjà excessive des impôts. On avait réussi néanmoins à conjurer la famine et à prévenir le mécontentement du peuple, en édictant des lois sévères contre les accapareurs. Mais la récolte de 1693 fut pire encore que la précédente. Le fantôme de la misère apparut alors à tous les yeux, grossi par toutes les imaginations, dont la terreur populaire est capable. A rentrée de Thiver le peuple des villes et des campagnes était affolé par la perspective de la famine; les vivres étaient rares et d'un prix très élevé ; le nombre des pauvres était incalculable ; car, à Paris, il fallut en nourrir plus de cent mille *^, et à Limoges, plus de quatre mille, le cinquième environ de la population dans ces deux villes 3. « La France entière, écrivait Fénelon dans une lettre anonyme au roi auquel il traçait un lamentable tableau des misères de cette époque, la France n'est plus qu'un grand hôpital désolé et sans provision *. »

C'était vrai particulièrement dans le pauvre et vaste diocèse de Limoges. Pendant plusieurs années ^, la misère y fut si grande qu'en maints endroits la populace délaissée paissait dans les prés, comme les animaux. On pulvérisait des racines de fougère, de la faîne, des glands, pour en faire du pain. Cette mauvaise nourri- . ture occasionna une mortalité effrayante ^. Legouvernement durci

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