‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 333 sur 480 · Labiche, Vies des SaitUs, t. I, p · texte numérisé non relu

Labiche, Vies des SaitUs, t. I, p

prit d'énergiques mesures pour afTaiblir le mal. On pourvut au soulagement des nécessiteux par la distribution de petites sommes d'argent et de rations de pain *. Une ordonnance royale prescrivit notamment en Limousin de taxer chaque particulier, tant seigneur ecclésiastique que laïque, tant bénéficier que propriétaire des domaines ruraux, suivant le revenu dont il jouissait dans la paroisse et à proportion des pauvres qui s'y trouvaient. Chaque pauvre devait recevoir deux livres de pain par jour. Les moyens d'assistance ayant fait affluer dans les villes les affamés de la campagne, et créé un danger pour la sécurité publique, le gouvernement leur fit donner l'ordre de se retirer chacun dans leur paroisse. Les curés, qui connaissaient leurs paroissiens et pouvaient se rendre compte de leurs besoins, furent établis collecteurs de la nouvelle taxe et distributeurs de pain cuit 2.

Le clergé limousin se montra dans ces circonstances, parsagénérosité et son dévouement, à la hauteur de sa mission. Son chef si charitable déploya le zèle le plus admirable, pour diminuer la misère de son peuple. « Non content de nourrir les pauvres de Limoges, dit Dupuy, il en attirait de tout le voisinage et en faisait un gros d'environ quatre mille, à qui lui-même prenait le soin de distribuer chaque jour du pain et de la soupe, les embrassant même affectueusement 3. » Touché jusqu'au fond du cœur de la détresse de ses diocésains, il vendit son argenterie et ses meubles pour les assister ; il voulut même engager pour cet etïet sa crosse et sa croix d'or *. « Après avoir tout donné durant ces années de disette, il ne resta au prélat que des maisons qu'il avait à Paris de son patrimoine, et, pour imiter en tout, dit le même panégyriste, le grand saint Charles qui avait distribué aux pauvres dans un seul jour tout le prix d'une terre considérable qu'il avait vendue, il leur distribua par un pareil détachement et un semblable zèle le prix de ses maisons qu'il avait vendues dix mille livres. Quand tous ces moyens ordinaires lui eurent manqué, sa charité ingénieuse lui en fit trouver d'extraordinaires. Une fois il trouvamoyen de solliciter la religion du prince et en obtint pour tous des secours considérables. Une autre fois, par je ne sais quelle espèce de miracle, il sembla que le pain se multipliait entre ses mains, pour fournir à ses grandes distributions. Dans une autre occasion,

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