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prévôt crEymoutiers, dit Gilles le Duc, était un personnage assez riche et très noble, il était chef du chapitre et son unique dignitaire. Il partageait avec Tévêque les droits de seigneurie et de justice, et avait comme lui son juge et ses officiers, «c De [nombreux prélats, des cardinaux eux-mêmes avaient possédé la prévôté ^ » En prenant possession de son bénéfice, le 4 novembre 1581, Melchior de David avait promis par serment de respecter les anciens statuts du chapitre. Ces derniers étant insuffisants à la fin du siècle pour la réforme des chanoines, dont la discipline laissait à désirer, le prévôt, devenu vicaire général, élabora de nouveaux statuts, que révoque de Limoges confirma. Devant Topposition de ses subordonnés •^, Melchior de David recourut au Parlement de Bordeaux, qui rendit en 1604 un arrêt, en vertu duquel « les chanoines de réglise d*Eymoutiers, qui ne seront pas constitués dans les ordres sacrés, s'y feront promouvoir dans un mois et ceux nouvellement reçus dans Tannée de leur réception ; autrement, faute de ce, le dit temps passé, ils seront privés des fruits de leur canonicat, de voix au chapitre, de droit d'aigle et collation des bénéfices vacants. » Melchior de David était aussi chanoine de Limoges et curé de la Croisille en 1600, curé d'Issandon en 1605 (sans résider probablement dans ces bénéfices). Il résigna le prévôté d'Eymoutiers le 5 février 1627 à son neveu Josias de la Pomélie. Il mourut en 1628, portant encore le titre de vicaire général deTévêque de Limoges 3.
II. Bardon de Brun et le P. Solier de Brives, fondateur du collège Sainte-Marie de Limoges.
C'est à dessein que nous associons le nom du saint prêtre de Limoges à celui du zélé religieux, dont il se fit l'introducteur dans cette ville, parce qu'ils furent ensemble et dans le même temps, les vrais initiateurs du mouvement catholique qui devait transformer le diocèse de Limoges.
Bernard Bardon de Brun naquit à Limoges en 1564. Il appartenait à une famille honorable; son père exerçait la profession d'avocat. Dés son enfance, Bernard montra les plus heureuses dispositions ; son amour pour l'étude n'avait d'égal que sa piété. On l'envoya au grand collège des Jésuites de Paris, où il se forma aux lettres et à la philosophie; puis à Toulouse, pour suivre des cours de droit et prendre ses grades. Il y acquit en peu de temps une très grande influence sur ses compagnons et devint en quelque sorte le chef, en même temps que le modèle, de la jeunesse studieuse de cette grande cité, alors, plus encore que de nos jours, la ville savante