Les dépôts de recrutement et d'approvisionnement
seront très-fortement constitués, parce que c'est d'eux que dépend la rapidité de la mobilisation.
7 . Les troupes seront astreintes , en paix , au même genre de service qu'en campagne. Un seul règlement peut suffire. Si quelques dérogations doivent avoir lieu dans l'état de paix, il faut replacer , tous les ans au moins , les troupes dans les véritables conditions du bivouac, pour les leur apprendre ou les leur rappeler, dans des camps d'instruction.
8. Les troupeSy en paix^ seront embrigadées^ endivisionnées et formées en corps d'armée^ puisqu'elles le sont ainsi en guerre, et que c'est la seule manière d'obtenir une bonne instruction, une mobilisation rapide , une grande cohésion , un bon emploi des diverses aptitudes, une intelligente direction des opérations, beaucoup d'ordre dans les mouvements, et un&satisfaction complète des besoins.
9. Les généraux 7i auront que des commandements actifs en temps de paix et seulement la surveillance des opérations qui se rattachent au territoire. Ils partageront sans cesse le sort des troupes auxquelles ils seront attachés, les suivront toujours et en auront la complète responsabilité.
Il importe de donner aux officiers généraux plus d'initiative en leur laissant la décision, d'après des règlements bien faits, d'une foule de questions de détail, qui vont à présent jusqu'au ministre de la guerre ou au Commandant en chef d'une armée. Il est ifulispensable d* opérer tme forte décentralisation .
10. Les troupes étant toujours, en paix, à l'état de mobilisation et prêtes à so mouvoir au reçu d'un ordre, ne peuvent plus posséder ni non-valeurs ni impcdinicndi, ni attaches d'aucune sorte.
Il y a longtemps (en 1825) que le général Morand
écrivait : « Un colonel ou conseil d'officiers ne de- « vraient avoir que le soin de surveiller les fourtii- <i tures ou les distributions, et on en fait des fournis- « seurs qui font confectionner, qui ont des magasins, « qui tiennent des registres et des comptes. »> {De r armée selon la charte ^ p. 93.)
Cette vérité, énoticée par un vieux praticien, n'a rien perdu de sa force aujourd'hui. Elle en a même acquis davantage. Par conséquent, les dépôts^ compa^ gnies hors rang^ et magasins des corps seront supprimés. Ils se pourvoiront d'hommes et d'objets dans les dé«pôts territoriaux en paix, dans les réserves divisionnaires en guerre.
\ 1 . Les capitaines des compagnies^ escadrons ou bat^ teries pourvoiront à rinstruction de leurs troupes et en seront responsables, ce qui entraine la suppression des capitaines instructeurs de tir ou d'équitation.
12. L'armée étant constituée de manière à suffire aux exigences d'une grande guerre, doit entrer en entier en campagne. La réserve lui fournira des hommes seulement, et formera des corps organisés pour remplacer à r intérieur les troupes actives.
13. Un cadre de commandement sera constamment prêt à fonctionner à r intérieur^ en cas de départ inopiné des troupes de guerre.
14. Les corps se recrutent toujours surplace^ ce qui économise les frais de route et active la mobilisation. Cela n'a aucun inconvénient en conservant le principe du changement de garnison tous les deux ans.
15. Le métier des armes doit être pris au sérieux, et, comme dans toules les professions, les militaires doivent travailler la journée entière; cela est indispensable autant pour l'instruction rapide d'hommes qui restent peu de temps sous le drapeau, que pour la
conservation de Tesprit militaire et de la moralité de l'armée.
16. L'avancement né peut être concédé qu'en échange de garanties déterminées, de valeur constatée et de preuves faites. A tous les degrés, des conseils davancementy et non des hommes isolés, doivent ap« précier les titres des candidats et les classer. Les ta-bleaux d'avancementy ainsi faits, seront obligatoirement suivis.
L'awncemetU d V ancienneté est vicieux et sera sup^ primé. C'est une prime donnée à l'incapacité et un encouragement à l'ignorance.
17. Nul ne pouvant devenir officier général sans avoir donné de nombreuses garanties de capacité, tous les généraux seront pourvus, indistinctement, de toute espèce de commandements, sans avoir égard à l'arme dont ils sortent.
Le droit commun doit être la règle invariable dans formée. Tout le monde sera soumis au commandement; tous les privilèges, coutumes, traditions de certaines armes ou corps, doivent disparaître.
Tous les commandants militaires exerceront la pléni^ tude de r autorité sur tous les corps, services et établissements quelconques stationnés dans leur commandement.
18. L'administration est soumise au commandement. 11 est de rinlérét de l'armée, comme de celui du trésor, de créer tm corps de contrôle.
19. /> service nu lit aire est obligatoire pour tout le monde. La réserve, divisée en plusieurs catégories, ne comprend que des soldats soumis à la loi militaire.
20. Aucune fonction publique rétribuée ne peut être dofmfe quà des hommes ayant accompli le temps de ser-^
vice fixé par la loi\ afin d'assurer un débouché aux sous-officiers.
21. Il est indispensable de simplifier la comptabi-* lité, les formalités administratives^ les correspondances^ et de remanitr les règlements de manière à en former un code clair et précis.
22. On supprimera toutes les fonctions parasites qui chargent inutilement le budget de la guerre.
23. Une réduction considérable du nombre des places fortes et établissements militaires est indispensable. Ils absorbent un personnel considérable et exigent des dépenses énormes d'entretien,
25. On fera j le plus possible, appela l'industrie pour les fournitures ou confections, et on restreindra considérablement la régie directe par l'État.