CORPS
Bases des affectations.
253. Il n y a plus de nécessité pour les officiers de se constituer à eux-mêmes leurs moyens dç transport, puisque TÉtat les fournit. Conséquemment, il n'est plus besoin d'accorder à certaines personnes un nombre d'animaux aussi considérable que dans le passé.
Il est hors de doute qu'un général fatigue moins ses chevaux qu'un capitaine, astreint à de nombreuses courses ou corvées. Il n'y a pas de motifs pour donner plus de chevaux de selle à mesure que le grade s'élève. Le nombre doit être uniforme pour tout le monde. Le service ou l'arme doit seul constituer une différence.
254. Certains grades ou certaines positions entraînent Tobligation d'avoir des animaux de bftt ; leur fixation se trouve au chapitre 25.
Les animaux de bât ne sont pas nécessaires en paix, ou du moins il est facile d'y suppléer par les moyens
du service des transports. Ils ne seront autorisés qu'en guerre.
Les chevaux de selle doivent exister dans les deux caS| mais le service étant moins considérable en paix, on peut en réduire le nombre pour dimiauer la dépense de l'État.
Cette réduction ne présente pas un grave inconvénient, pour le passage du pied de paix au pied de guerre» si, comme il est juste, l'État fournit tous les chevaux, si chaque officier n'a qu'un seul cheval en plus à se procurer et si l'État l'achète sur sa demande.
255. La propriété des chevaux par l'État est une nécessité et ne serait pas une dépense dans l'organisation proposée. La diminution du nombre des rations à fournir chaque jour et la suppression de l'indemnité d'entrée en campagne compenseraient les sacrifices de cette mesure. Elle est indispensable dans l'intérêt du service, comme dans celui des officiers. Un règlement déterminerait les conditions d'application de manière qu'il n'y ait pas d'abus (Voir art. 267).
Nombre de cbenux nécef Mires.
256. Les généraux de corps d'armée ont 3 chevaux en paix et 4 en guerre.
Les autres officiers généraux ont 3 chevaux en guerre et les conservent en temps de paix, soit 670 chevaux dans les deux ras.
Il faut remarquer que nous proposons en outre d'accorder en paix comme en guerre une voiture à un cheval au général de brigade, plus un mulet en guerre, ce qui fait 5 animaux. Le général de division aurait une voiture à 2 chevaux et 2 mulets, ce qui fait 7 animaux. Le commandant de corps d'armée une voiture à 2 chevaux et 3 mulets, ce qui fait 9 animaux.
Ces allocations sont suffisantes et même larges.
257. Les officiers du service d'état-major ont 3 chevaux en guerre, soit 1194, et 2 en paix, soit 572.
258. Les officiers du service du recrutement étant sédentaires et ne marchant pas en campagne n'ont pas droit à être montés.
259. Les médecins des corps d'armée sont comptés pour leur montures avec leurs corps. Ceux attachés aux ambulances sont transportés par les voitures et n'ont pas besoin de chevaux. Toutefois, dans un intérêt de service, il est bon que les médecins principaux soient montés, mais seulement en guerre. Deux chevaux sont suffisants, soit donc 252 chevaux.
La même raison n'existe pas pour les pharmaciens. Ils n'auront pas de montures, même en campagne.
260. Les commissaires des ambulances sont astreints, en campagne, à certaines courses qui nécessitent des chevaux. Il serait bon de leur en accorder un, seulement en temps de guerre, soit 180 chevaux.
261. Le service du contrôle nécessite le déplacement fréquent des fonctionnaires ; ils doivent emmener leurs secrétaires. Ils n'ont pas besoin de chevaux, mais d'une voiture telle qu'un petit omnibus dont le modèle a déjà été indiqué, et qui portera en même temps leurs effets. Ces voitures seront comptées aux bagages (art. 298).
262. Les ordonnateurs sont dans le même cas que les contrôleurs, et comme eux n'ont pas besoin de chevaux. 11 ne leur faut qu'une voiture, comme il est dit cit-dessus, sauf pour ceux qui seront attachés à des divisions de cavalerie ou à des divisions d'infanterie opérant sans voitures. Dans ce cas, il leur serait alloué deux chevaux par personne.
263. Les commissaires des approvisioanements doivent courir beaucoup, pour la recherche des denrées» le rassemblement et la conduite des convois de vivres. Ils doivent souvent précéder ou devancer les troupes pour préparer ce qui leur est nécessaire. Il est indispensable qu'ils soient montés et qu'ils aient Thabitude du cheval. Ils ont besoin de deux chevaux en guerre et de un en paix.
264. Il va de soi que les payeurs et agents des postes ayant à leur disposition des voitures organisées pour leur transport et des cabriolets pour des courses possibles, ne doivent point avoir de chevaux de selle, dont Tentretien est onéreux pour l'État, dont la présence est un embarras de plus dans les colonnes ou les camps, et qui, en somme, ne sont qu'un amuse-ment pour les employés au détriment de leur service.
Cbefaux de selle bon des corps.
265. Le nombre des chevaux de selle, hors des corps, se résume ainsi :
En guerre. En paix.
Généraux 670 670
Service d étot-major. } Cavaliers 1360 .
^^^^^ 1 Co^^îLiria! : : ! «80 l
Ordonnatears • . • . S »
Commissaires des approvisiomiements . . Ait ilB
Cbetiux dWficien dans les eorps.
266. Il n'est pas indifférent de faire ressortir le nombre des chevaux nécessaire aux officiers :
Infenterie
Artillerie •
Cavalerie
Train
En guerre.
En paix.
tf,638
267. Le total des deux catégories de chevaux d'officiers est de 18,140 en guerre et 1 1 ,187 en paix.
Le renouvellement légal des chevaux au bout de sept ans, se fait dans la pratique à une moyenne de cinq ans et demi à cause des accidents, maladies, réformes, usure prématurée. Le nombre des chevaux à livrer chaque année en temps de paix serait ainsi de
D'après le système suivi jusqu'à présent, les chevaux non fournis par TÉtat sont :
Pour les officiers généraux 670
— — supérieurs du service d*état-major. 140
— — — d'infanterie 1,440
— — — d'artillerie 512
— — — de cavalerie 280
— — — du train 32
Si TËtat les remplaçait au bout de cinq ans et demi, ce serait une moyenne de 562 chevaux à acquérir chaque année. En supposant un prix moyen de 1 500 fr., la dépense pour le trésor s'élèverait à 843,000 francs. Cette somme représente 602,000 rations à 1 fr. 40 c. ou 1650 rations par jour. Si l'État réduisait de 1650 le nombre des rations qu'il alloue indûment tous les jours, la remonte gratuite des officiers ne coûterait rien. Or combien de gros fonctionnaires touchent 4 ou 6 rations par jour, alors que la moitié leur suffirait grandement ! La mesure est donc praticable sans dépenses pour l'État.