CHAPITRE III De la question des répétiteurs
La situation des répétiteurs a beaucoup changé. C'était le point faible dans l'organisation des lycées et des collèges. Nommé par le proviseur, pouvant être congédié par lui à toute heure, chargé d'un service parfois accablant, le maître d'études était un fonctionnaire sacrifié, pour qui ni les professeuis ni les élèves n'avaient d'égards. Il reste malheureusement plus qu'un souvenir de l'ancienne condition faite aux répétiteurs. Comme le dit le recteur de Bordeaux, il faudrait déraciner le préjugé déplorable que toute fonction autre que celle du professeur dans sa chaire est une fonction humble et subalterne. Le répétiteur a pu conquérir, à force de travail, le grade de licencié : il sent et on lui rappelle, à chaque instant, qu'entre lui et le professeur il y a une démarcation profonde. Les fonctions d'enseignement et les fonctions de surveillance des études ne S) confondent jamais. A peine se rapprochent-elles
dans des contacts toujours passagers. Le professeur ne considère pas le répétiteur comme un collaborateur qui doit préparer sa tâche et la continuer dans l'étude. Il devrait s'entretenir fréquemment avec lui du caractère, des efforts, des progrès des élèves. Il néglige trop souvent de le faire.
Le répétiteur souffre de cet isolement. Le professorat, dans les collèges, lui était ouvert, autrefois, plus largement. Aujourd'hui, presque toutes les issues se ferment devant lui. Il y a près de 1600 répétiteurs dans les lycées* : plus d'un tiers sont licenciés, les autres sont bacheliers. Mais on n'arrive à être répétiteur dans un lycée qu'après avoir passé dans un collège. Il y a, dans les lycées et les collèges réunis, 2519 répétiteurs. Combien ont obtenu, dans le cours de la dernière année, un emploi de professeur? 80 seulement. Voyez quelles chances a un répétiteur de devenir professeur, et combien de temps il devra attendre sa nomination. Plus de la moitié des répétiteurs des lycées ont de dix à vingt ans, et plus de 100 d'entre eux ont plus de vingt ans de services.
Cette situation ne tend pas à s'améliorer. On a trop multiplié les agrégés*. Les professeurs des col-