La perte est de 4500 élèves depuis
les rapports des recteurs et que confirment les statistiques, c'est la diminution du nombre des élèves qui venaient passer au lycée ou au collège deux ou trois années. Il y a douze ans, en 1887, l'enseignement spécial recevait en première année, dans les collèges, un contingent de 4156 élèves. Au bout de deux ans, 41 0/0 de ces élèves avaient déjà abandonné le collège. Ceux qui poussaient les études au delà de la quatrième année étaient en très petit nombre, à peine 8 0/0. Aujourd'hui, le nombre des élèves qui entrent en sixième moderne n'est que de 3049. La différence est assez considérable. Ces jeunes gens s'égrènent encore le long de la route, mais beaucoup moins qu'autrefois. Près de la moitié vont jusqu'en seconde, c'est-à-dire au delà de la quatrième année. Il en est de môme dans les lycées*, 'lilais rien n'est plus remarquable que la décroissance continue de l'internat ,^ dans les lycées et aussi, quoique à un degré beaucoup moindre, dans les collèges. En vingt ans, le nombre des pensionnaires des lycées a diminué de près d'un quart (23 0/0). Il n'y avait plus, au 31 décembre 1898, dans les lycées que 13601 pensionnaires, sur une population de
1. L'enseignement spécial comptait en première année 5217 élèves. Il n'y a aujourd'hui que 2893 élèves en sixième moderne. Mais cette clientèle est plus stable que celle de l'ancien enseignement spécial.
52 572 et 10266 dans les collèges sur une population de 33 949 élèves.
Les établissements libres ne subissent pas, en ce qui concerne l'internat, la même transformation. Il y a bien dans certaines régions une tendance des familles à préférer l'externat. C'est pour répondre à ce besoin que des externats tenus par des prêtres ou des congrégations ont été récemment créés*. Mais ce changement n'a rien de précipité dans son allure. La statistique montre que les maisons congréganistcs sont, après les petits séminaires, obligés en principe à ne recevoir que des internes, les établissements qui comptent le plus de pensionnaires (55 0/0). Puis viennent les établissements diocésains (50 0/0), les maisons appartenant à des prêtres séculiers (47 0/0) et les maisons libres laïques (45 0/0). Dans les collèges, la proportion n'est que de 30 0/0 et elle ne dépasse pas 26 0/0 dans les lycées. Le contraste est tout à fait frappant.
Si la diminution du nombre des pensionnaires dans les lycées n'était que le résultat d'un changement graduel dans les habitudes des familles, elle n'aurait rien d'inquiétant. Peut-être faudrait-il, au contraire, s'en réjouir. Elle a malheureusement d'autres causes.