Enquête, — Déposition de Mgr Mathieu
choisir entre ces deux sortes d'éducation. On doit reconnaître que les parents tiennent, plus qu'autrefois, à ce que les enfants reçoivent des soins individuels, à ce que les maîtres s'appliquent à distinguer la personnalité de chacun d'eux, à suivre leur déve-' loppement moral, à les guider dans leurs études*, -.^es réformes de 1890 ont élevé la tâche des proviseurs et de leurs collaborateurs à tous les degrés. Elles ont eu pour but de substituer le régime de l'autorité a celui de la contrainte. Comment s'étonner qu'elles n'aient pas donné du premier coup tous les résultats qu'on en espérait, qu'il y ait eu une période de crise partout ou proviseurs et maîtres n'étaient pas suffisamment préparés à ce nouveau régime? Comment s'étonner surtout que les grands lycées, qui comptent trop d'élèves, se prêtent plus difficilement que les autres à ces transformations, que la discipline ait une tendance à s'y relâcher depuis qu'elle est moins militaire? 11 eût fallu, pour le succès complet de la réforme, que les proviseurs eussent partout une autorité et des qualités de direction qui ne se sont pas toujours rencontrées. Ajoutez qu'ils n'ont pas été toujours suffisamment aidés dans leur tâche. Les répétiteurs, à mesure que s'élève leur situation, supportent plus difficilement
1 . Enquête. — Déposition de M. Beck, directeur de TÉcole alsacienne.
qu'on ne fasse pas droit à toutes leurs réclamations. Leurs rapports avec les proviseurs se sont partout tendus, alors que l'unité de vues et d'efforts était plus que jamais nécessaire. Certains écarts n'ont pas été réprimés assez vite. Les lycées en ont souffert.
Voilà l'explication de quelques-uns des mécomptes que l'Université a éprouvés depuis quelques années. Les améliorations qu'elle a introduites dans le régime des lycées, dans la discipline, dans la situation des répétiteurs, se sont, en partie, retournées contre elle.