‹ La réforme de l'orthographe [microforme]Chapitre 9 sur 11 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

La liaison des mots.

La liaison des mots ne présente guère de difficulté qu'en français. Cette difficulté tient à ce que certaines consonnes, muettes devant une autre consonne ou une k aspirée, parlent devant une voyelle ou une k muette. De là, pour la plupart des mots, une double prononciation et, virtuellement, une double forme, la prononciation et la forme absolues, la prononciation et la forme relatives. La prononciation absolue est la prononciation des mots indépendamment de leur rencontre avec un autre mot. La prononciation relative est cette prononciation modifiée, dans la rencontre et la liaison d’un mot avec un autre mot, par l'addition d’un son de consonne devant une voyelle, ou (dans quelques cas qui vont disparaître ) par la suppression d’un son de consonne devant une consonne. La prononciation absolue donne la forme absolue, qui est (en soi et dans la nou: velle écriture ) la forme propre, essentielle et, conséquemment, la plus simple du mot, En effet, cette consonne qui parle ou se tait entre deux mots, selon que l'euphonie le demande, ne saurait être partie essentiell: ni Ge l’un ni de l’autre. C’est, logiquement, une lettre purement euphonique, qui (dans la

nvuüvelle écriture ) ne figure que là où l'euphonie requiert sa

ésence et, simple note de passage et d'agrément jetée en deux , Le] (®)

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mots pour en adoucir la rencontre, n’est rattachée que par nn trait (qui isole antant qu'il unit ) à celui de ces mois auquel le son qu’elle représente s’unit plus naturellement :

/ JS IN 2. ETV,S -T-DU PPRLE.R E H-TE

Je les ui tous entendus purier et chanter.

Relativement à son emploi judicienx, voici deux règles à adopter pour la nouvelle écriture :

[ Règle. Tout mot dont la forme absolue se termine par une consonue n'est jamais suivi d'aucune lettre euphonique :

M osi = aime aussi, aimes aussi, aiment aussi ; Ym °RA = homme heureux, hommes heureux ; 8°N Fer = bonne affaire, bonnes affaires.

C'est précisément devant une voyelle que de tels mots ont leur plus douce prononciation, et c’est alors qu’on planterait au bout, pour flatter l'oreille, sous forme de Z ou de T { aimes z-aussi, aiment t-aussi) une dent de scie ou un clou euphoniques [.….

— Mais que faites-vous de lu marque ordinaire du pluriel?

— Ce que vous en faites vous-même quand vous dites : Quelles superbes müisons !... Où est dans ces paroles votre prétendue marque du pluriel ? Elle échappe à nos sens, Une marque qui n’est pas sensible dans la moitié des cas qui requièrent sa présence, est une maïque si vaine qu’elle mérite de perdre jusqu’à son nom.

— Elle serait toujours visible dans l'écriture.

— Pourquoi paraîtrait-elle dans l'écriture quand elle ne paraît pas dans le langage, qni est son modèle ?

L'écriture doit être conforme au langage, puisqu'elle doit être conforme à la lecture, et que la lecture doit être conforme an langage, avec lequel elle s’identifie.

Et puis, qu’est-il besoin d'imprimer cette marque du pluriel sur tous les termes d’une proposition, sujet, verbe, attribut, et compléments ? L'idée de pluralité est une idée comme une autre ; un seul mot suffit pour l’exprimer.

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A LC

Enfin, les mots spécialement chargés de marquer le pluriel ont, pour cette fonction, une forme spéciale indépendante de toute position purement accidentelle,

Remarques. — Les mots ils, elles, leurs, pourraient (concession à la force de l'habitude ) faire exception à la règle qui précède.

Tous les adjectifs en al devraient, pour les meilleures raisons, garder cette terminaison au pluriel, la terminaison aux étant réservée à ceux de ces adjectifs qui seraient employés substantivement.

II Règle. — Tout adjectif ( excepté un, qui est marque distinctive du masculin) dont la forme absolue finit par une voyelle, au masculin, et par une consonne au féminin, prend au masculin, soit singulier, soit pluriel, la forme féminine, à la place de la forme masculine suivie d’une consnnne euphonique, dans tous les cas où il fait liaison avec le inot suivant :

€ BŸN —F—, pour un bon enfant ;

D B°N —F-, “ de bons enfants.

Quant à la substitution du féminin an masculin, cette règle

ne fait que sanctionner, en supprimant les exceptions, qui sont

autant d'anomalies, une pratique déjà si généralement suivie en pareil cas, qu’elle adopte pour le masculin jusqu’à la forme irrégulière du féminin : bel homme, fol espoir. C’est donc la forme féminine pure et simple qu'il faut ici, plutôt que la forme masculine suivie d’une consonne euphonique qui, du reste, serait presque toujours la consunne finale du féminin,

Quant à l'identité du pluriel avec le singulier, c’est une question résolue plus haut en faveur de l’euphon'e comme du bon sens. Ici encore, au lieu de cette note agaçante et monotone,z, on aura, daus la terminaison multiple du fémin'n, une harmonieuse variété de sons.

Dans l'emploi des lettres euphoniques proprement dites, suivre l’usage établi, quand cet usage à force de loi. Hors de là, il ne faut pas avoir peur de l’hiatus, qui a souvent de grands

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charmes, et qu’on a cru devoir protéger, dans une foule de cas, par une k aspirée ( la belle invention !...),

De plus longs développements sur cette matière dépasseraient le cadre de cet abrégé.

À la prochaine édition (?).

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