FoNTANA, Doc. Vat., p
PONTIFICAT DE PAUL III. 5f
déclara hérétiques plus de cent ouvrages. Or, un de ces ouvrages avait pour auteur un franciscain de Gênes du nom de Cornelio. L'inquisiteur écrivit à son monastère de le lui livrer; le prieur refusa malgré la menace d'une amende de 500 ducats; alors l'inquisiteur déclara qu'il le ferait prendre de force et un conflit allait s'engager entre les deux autorités comme il arrivait si souvent, quand heureusement le moine se soumit K
Jusque-là il n'y avait pas eu d'exécutions à Rome. A vrai dire, la papauté eut toujours une tendance à se montrer plus indulgente envers les adversaires qu'elle avait près d'elle, sous ses yeux et à sa discrétion, que pour ceux qui étaient lointains. C'est ainsi qu'elle n'employa qu'exceptionnellement à l'endroit des juifs résidant dans les Etats pontificaux la sévérité qu'elle ne désapprouvait pas de la part des souverains des autres pays. Le nonce Délia Casa avouait qu'il s'était trouvé dans quelque embarras, quand la Seigneurie vénitienne lui avait demandé si la cour de Rome employait elle-même les mesures de rigueur dont elle exigeait l'application sur les terres de la République^.
Pourtant, vers la fin du pontificat, il y eut deux exécutions, toutes deux d'étrangers. Le 21 septembre 1546, celle d'un Français, Jérôme; au mois de mars 1547, celle d'un Espagnol, Jaime Enzinas. Il ne semble pas qu'il y en ait eu d'autres.