‹ La Réforme en Italie [microform]Chapitre 185 sur 470 · G. BuscHBBLL, Reformation, p · texte numérisé non relu

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l'évêque nacchianti. ' 53

sans doute, il était mandé par le nonce à Trente pour y prendre part aux délibérations du concilefaute d'argent il ne put s'y rendre tout d'abord;' on lui en fournit et il siégea dès le commencement des délibérations; ce fut pour entrer en lutte contre le Saint-Siège; il alla même jusqu'à déclarer que l'Ecriture sainte l'emportait sur les traditions apostoliques, proposition qu'il dut rétracter (5 avril 1546); il subit des interrogatoires et dut aller à Rome; peu s'en fallut qu'on le transférât au diocèse d'Alife dans l'Italie inférieure ce qui équivalait pour lui, disait-il, à un arrêt de mort; il se déclara malade et incapable de subvenir aux frais du déplacement; comme beaucoup d'ecclésiastiques, Nacchianti fut toute sa vie dans une situation gênée ; malgré les nombreuses sources de revenu qu'elle s'était créées, l'Église ne parvenait pas à assurer l'aisance ni même le nécessaire à tous ses ministres, loin de là. Cependant Tommaso Stella, qui finit par obtenir la succession de Vergerio à Capodistria, intriguait contre Nacchianti dans l'espérance de se faire attribuer l'évêché de Chioggia. Un maître d'école, Erculano. était à la tête de ses détracteurs et répandait sur son orthodoxie les bruits les plus fâcheux ; les dénonciations se multiplièrent; le Saint-Siège envoya un enquêteur qui entendit de nombreux témoins^ (décembre 1548). D'autre part, des nobles tels que Nicolao Bembo et Contarini, prenaient son parti

i. Quaranté-huiC à Chioggia.

et accusaient l'enquêteur de prêter les mains aux menées de Stella avec lequel il se serait abouché. Nacchianti vint à Home où son affaire avait été évoquée: on ne peut savoir ce qui en résulta, les pièces du procès demeurent ensevelies dans les archives de l'Inquisition romaine; ce qui est certain, c'est que son évêché lui fut laissé; il en était titulaire quand il mourut en 1563; bien plus, il assistait à la 3* session du concile dont auparavant Délia Casa cherchait énergiquement à l'éloigner. Peut-être ce revirement fut-il du au changement de pontificat. Paul III était mort le 10 novembre 1549 et son successeur voulut faire preuve de mansuétude envers un membre éminent de l'épiscopat qui n'avait qu'incidemment adhéré aux idées nouvelles et qui pouvait être ramené dans le giron de l'Église.

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