‹ La Réforme en Italie [microform]Chapitre 212 sur 470 · Bertolotti, p · texte numérisé non relu

Bertolotti, p

ficale. Carafa songea donc à modifier en Italie le régime de l'Inquisition et, s'il ne lui donna pas la forme espagnole par suite de l'opposition violente qu'elle rencontra partout, à Naples, à Palerme, à Milan, et qui alla jusqu'à Tinsurrection, du moins lui communiqua-t-il une allure toute nouvelle. Ses fonctions d'inquisiteur à Venise l'avaient préparé à cette tâche. Il proposa donc au pape Paul III d'instituer à Rome une congrégation dont l'autorité s'étendrait sur tout le pays et même au delà et dont le rôle consisterait à unifier l'action de l'Inquisition et à en intensifier l'activité. Paul III hésita longtemps. Les procédés des juges inquisitoriaux n'étaient pas pour lui plaire; en outre il appréhendait, non sans raison, que l'introduction du système que préconisait Carafa ne soulevât partout et à Rome même des protestations. Paul III se flatta constamment d'ailleurs, comme on sait, de ramener les hérétiques dans le giron de l'Église par la persuasion et les bons procédés.

Cependant il lui fallut céder car les idées nouvelles gagnaient sans cesse du terrain à Rome comme dans le reste de la péninsule. Par la bulle : a Licet ah initio i> datée du 21 juillet 1542, il institua une congrégation composée de six cardinaux qui, avec le titre de « commissaires et inquisiteurs généraux pour les pays en deçà et au delà des monts j), avaient pouvoir de procéder « contre tous ceux qui s'écartaient de la foi catholique ou l'attaquaient et contre les suspects », de les rechercher par tous les moyens, soit ouvertement

LE SAINT-OFFICE ET L'INQUISITION

soit secrètement, en se conformant aux coutumes locales ou en s'en affranchissant, par voie d'inquisition ou d'investigation, de désigner pour cette fin tous les magistrats et tous les auxiliaires qu'ils jugeraient utiles et de faire appel au bras séculier; les membres de cette congrégation avaient le droit', en outre, de priver de leurs bénéfices et de leurs dignités les ecclésiastiques qui se montreraient indociles à leurs volontés, d'avoir recours au bras séculier et de juger en dernier ressort.

En fait, non seulement les hérétiques mais les Sarrasins, les juifs relaps, les apostats, les blasphémateurs, les bigames, les sorciers et les faiseurs de sortilèges de même que les adultères et tous ceux qui avaient comnais quelque crime contre la morale étaient placés sous la juridiction de cette congrégation. Déjà, le 14 janvier 1542, le pape avait soumis aux inquisiteurs tous les ecclésiastiques à l'exception des évêques ^ Toutefois il était rappelé dans la bulle constitutive que le rôle de la congrégation consistait « non à interpréter ou à modifier les articles de foi, mais à châtier ceux qui les mettaient en doute ».

Les six cardinaux désignés pour former cette congrégation furent Carafa, comme il convenait, le dominicain Giovanni Alvarez de Tolède, l'auditeur Pietro Paolo Parisio, le maître du Sacré Palais, Tommaso Badia, le dataire Bartolommeo Guidiccioni et le servite Dionisio Loveri.

Page 1