L. Pastor, Allegemine Dekreten, p
3. iôtrf., p. 5ol. Les archives du Saint-Office romain ne sont pas accessibles pour les raisons qu'on a dites. Les archives de l'Inquisition milanaise furent entièrement brûlées le .3 juin 1788, dans la cour du couvent de S. Maria délie Grazie où s'étaient longtemps tenues ses assises. La destruction eut lieu en présence des magistrats communaux, d'un représentant de la Curie ecclésiastique, d'un chanoine et de l'archiviste municipal. On conserva seulementquelquesdocuments historiques. Lesarchives inquisitoriales de Bologne furent pareillement anéanties en 1797.
L INDEX
L INDEX
Dès que l'imprimerie commença à faciliter la multiplication des livres, la papauté s'inquiéta du danger qui pourrait en résulter car, disait le pape Innocent VIII dans la bulle « Inter multiplices » du 17 novembre 1487, a si l'impression des livres est chose très profitable quand elle augmente le nombre des livres utiles et approuvés, elle devient très condamnable si, par une industrie perverse, elle fournit le moyen d'en répandre de pernicieux ^ ». En conséquence il défendait sous peine d'excommunication majeure que désormais aucun livre fût imprimé sans le visa du Maître du Sacré Palais ou d'une personne le représentant. Le 1" juin 1501, le pape Alexandre VI publia une bulle ayant le même objet mais visant seulement les diocèses de Cologne, Mayence, Trêves et Magdebourg. Léon X renouvela ces dispositions d'une façon générale le 4 mai 1515 par la bulle « Inter sollicitidines » rendue conformément aux décisions du concile du Latran. La censure ecclésiastique devait s'appliquer à tous les livres « dont la lecture peut entraîner les fidèles en de graves erreurs tant au point de vue de la foi que dans leurs mœurs et dans la conduite de leur vie journalière, erreurs trop nombreuses déjà dans le passé et
i. Le cardinal Giambattista Deluca, // cardinale délia Santa Romana Chiesa pratico, Rome 1680, cap. xxxi. Mgr Baillés, La Congrégation de l'Index, Paris, 1866.
plus redoutables encore dans l'avenir d. En conséquence, les ouvrages de cette sorte seraient brûlés sur la décision soit de l'évêque, soit de Tinquisiteur, soit d'une personne compétente, une amende de 100 ducats serait imposée à ceux qui les auraient lus ou conservés, le montant dtivant en être consacré à la construction de Saint-Pierre; l'imprimeur serait privé pendant un an du droit d'exercer son industrie*.
Jusqu'alors il ne s'agissait que de mesures laissées à l'appréciation diocésaine; les ouvrages dangereux n'étaient jamais désignés. Mais Léon X, dans la bulle « Exurge Domine » datée du 15 juin 1520, défendit nominativement les livres de Luther qui commençaient, comme on l'a dit, à se répandre en Italie (§ 4). C'était le premier pas dans la voie des listes d'ouvrages interdits. Adrien VI aggrava les dispositions de la bulle de Léon X. Les listes de proscription se multiplièrent dès lors; les évèques, les synodes, les inquisiteurs locaux, les universités, le pouvoir temporel de même que le pouvoir spirituel en rédigèrent. A Naples, une ordonnance du vice-roi, du 15 octobre 1544, réglait l'impression et la vente des livres traitant de théologie ou de l'Écriture sainte et composés depuis moins de vingt-cinq ans, c'est-à-dire depuis la première apparition du protestantisme en Italie. Un édit,
1. Joseph Hiloers, Der index der verbotenen Bûcher, Freiburg, i904. E.-H. Reusch, Der Index der verbotenen Bûcher, Bonn, 1883-1885 et Indices librorum prohibitorum des Sechzehnten JahrhundertSy Tiibingen, 1886.
l'index.
en date du 29 novembre 1550, étendait la censure aux ouvrages les plus divers, aux recueils de lettres, de poésies et même aux sonnets. A Lucques, parut en 1545 un catalogue des ouvrages interdits; il avait été rédigé à l'instigation ""de l'inquisiteur. Les principaux auteurs qui s'y trouvent désignés sont : Œcolampade, Mélanchton, Ulrich Zwingle, Ulrich de Hutten, Bucer, Wicleff, Jean IIuss, Bullinger, Luther, Ochino, Vermiglio, le Sommario K
En mai 1549, le nonce à Venise, Giovanni délia Casa, publia une réglementation concernant l'impression des livres et une nomenclature de ceux dont l'Église prohibait la lecture; on lui donna le nom d'Index 2.
Quelques années auparavant, en 1543, le cardinal Carafa, en sa qualité de grand inquisiteur, avait édicté des peines sévères, 1000 écus d'amende, la confiscation, l'excommunication, le bannissement perpétuel, contre ceux qui vendraient des livres suspects, ou anonymes, ou non approuvés expressément par le Saint-Siège; de même il défendit de les lire, de les acheter, de les conserver ^.