BuUariumy vol. VI, p. 73, constit. X
l. Sanuto, vol. XXXVII, p. 10.
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alors de 500 ducats d'or en or, de quelques livres, de parements d'autel, de vases sacrés dont la valeur pouvait être estimée à 400 ducats et de certaines pièces de mobilier représentant 50 ducats.
Bonifazio ne possédait pour tout bien que sa maison de la Via Leonina qu'il venait de céder à la confrérie; il avait consacré à doter des nièces pauvres et à secourir ses frères et ses proches, le produit de la vente de certaines charges dont il s'était démis à l'exemple des autres fondateurs. Thiene, lui non plus, ne possédait rien.
« Les trois compagnons, dit un acte notarié, voulant se conformer à l'exemple de Notre Seigneur Jésus-Christ, après avoir vendu tous leurs biens et distribué aux pauvres ce qu'ils possédaient, ont décidé spontanément et de science certaine de faire don de ce qui leur restait à la congrégation des clercs réguliers nouvellement fondée comme à des pauvres du Christ dans le besoin et qui n'auraient pas d'autre moyen d'existence, donation qu'ils s'engagent à observer à perpétuité sans jamais la révoquer pour aucune cause, même s'ils se trouvaient sans ressource ou malades. »
Ces dispositions prises, les promoteurs prononcèrent leurs vœux solennels, le 14 septembre, jour de l'exaltation de la Croix; ce fut le dataire du pape, évêque de Caserta, Boncianni, qui présida à cette cérémonie; Carafa fut nommé aussitôt prieur. Un notaire dressa acte de la prestation des serments et de l'élection du prieur, en présence de trois témoins, car on était très formaliste à
LES THEATINS.
Rome et tous les événements de la vie de quelque importance étaient consignés dans des procès-verbaux et dûment enregistrés.
S'il fallait en croire un prêtre espagnol, Jeronimo de Solana, l'effet de la tentative de Gaetano et de ses compagnons se serait fait aussitôt sentir ; on aurait « examiné de nouveau les prêtres de Rome, réformé les églises, mis bon ordre aux pratiques des confesseurs ».
En fait l'intervention des théatins n'eut d'effet que bien plus tard. Accessoirement, ils s'occupaient de soigner les malades et les incurables qui se trouvaient dans l'hospice S. Giacomo voisin de leur maison ; Gaetano devint même l'un des « gardiens » de cet hospice ; ils n'en poursuivaient pas moins activement leur dessein qui était de réformer le clergé en lui donnant l'exemple; sans demander Taumône, ils vivaient uniquement de ce qu'on leur donnait; ils poussaient à la fréquentation des sacrements, voulaient que les prêtres prissent de nouveau l'habitude de prêcher, et n'épargnaient leurs peines ni jour ni nuit pour entourer les mourants et soulager les malheureux. Ceux qu'une telle réforme inquiétait, les firent attaquer; Giacomo Bonfadio, familier du cardinal Merino et qui devait plus tard être condamné au bûcher, mais non pour crime d'hérésie, l'écrivain Nicolo Franco qui fut pendu sous le pontificat de Pie V, publièrent des satires contre eux. Les trois ascètes ne se laissèrent pas détourner de leur œuvre; ils méditaient même alors une réforme des cérémonies et des
LES THEATINS.
livres liturgiques. En fait, leur tentative ne tendait à rien moins qu'à réaliser les vœux de ceux qui, sans donner dans l'extrême, voulaient modifier sur bien des points l'état de choses
existant.
Le premier Père reçu dans la confrérie naissante, fut Bernardino Scotti, prêtre de Magliauo, d'une famille ancienne parmesane, semble- t-il, homme de qualité, cultivé, car il savait le latin, le grec et l'hébreu, et plein de zèle; Paul IV devait lui accorder la pourpre trente ans plus tard; il fit profession le l*" novembre 1525 ; d'autres suivirent, au nombre de sept. Leur demeure devenant trop étroite, les théatins allèrent s'établir sur le Pincio, non loin de S. Maria del Popolo, dans une maison que Giberti acheta. C'est là que les surprit l'entrée des soldats de Charles-Quint, le 6 mai 1527; durant les massacres et les pillages qui suivirent, les théatins eurent fort à souffrir car on les croyait riches ; on imposa des rançons aux uns, on tortura les autres ; ils se virent chassés de chez eux et durent s'enfuir « n'ayant pour tout bien que leur bréviaire sous le bras ». Ils gagnèrent V^enise où la confrérie se réorganisa et mita sa tête Gaetano; mais il avait plus de penchant et d'aptitude à la vie do dévotion et de dévouement que de capacités pour diriger une confrérie et, cet hommage rendu, on replaça en 1530 Carafa dans ses fonctions de prieur. Cependant Gaetano alla à Naples y établir un certain nombre de Pères dans une villa que Gio. Antonio Caraccioli, comte d'Oppido, offrait
à la congrégation; Gaetano y fut mis à l'épreuve; Caraccioli insistait pour lui faire accepter quelque argent afin d'entretenir la communauté, il devient si pressant qu'un jour Gaetano réunit les religieux, leur donna Tordre de prendre leurs bréviaires et tous quittèrent la maison dont ils renvoyèrent les clés à Caraccioli. Ce départ toutefois n'eut pas de suite, les religieux revinrent mais s'établirent ailleurs*.
La mort de Gaetano, le 7 août 1547 et l'élévation de Carafa au cardinalat, modifièrent sensiblement les conditions dans lesquelles s'étaient développée jusqu'alors la congrégation; elle reçut un régime oligarchique ; Carafa fit décider que toute l'autorité résiderait dans les mains de ceux qui avaient voix au Chapitre et que ce qui serait ordonné à la pluralité des voix aurait force de loi. Paul III ratifia ce règlement^: la confrérie se développait d'ailleurs rapidement; elle était rentrée à Rome tandis que de nombreuses maisons s'établissaient ailleurs; à Padoue en 1565, à Plaisance en 1569, à Milan en 1570, à Capoue en 1574; un moment les somasques, fondés en 1528, s'étaient réunis aux théatins (8 novembre 1546), mais ils se séparèrent neuf ans après^ En 1551, le pape Jules III avait approuvé et légèrement modifié leur règlement (bref du 10 juin'*). Pie V le ratifia à son tour, le 13 février 1567^; il accorda aux théatins
1. GiAMBATTisTA Garaccioli a écrit la vie de Gaetano. Pise, 1738.