‹ La Réforme en Italie [microform]Chapitre 245 sur 470 · Voir plus loin · texte numérisé non relu

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2. Les barnabites n'étaient pas également appréciés; ils furent l'objet des plus mordantes attaques de la part de l'Arélin, de Nelli et d'Ortensio Lando.

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disciples éprouvés. Un noble, Besozzi, demanda à y entrer tandis que sa femme se présentait pour faire partie des « angéliques » ; Morigia exigea qu il vint communier avec une corde au cou, qu'il allât mendier dans un costume de velours au milieu des estropiés et des aveugles à la porte de l'église S. Ambrogio, qu'il prêchât le jour de la Pentecôte sur la place du Dôme.

Le 17 juillet 1543, l'empereur Charles-Quint approuva les règlements de la congrégation; le 23 novembre de la même année, Paul III rendit définitive sa bulle précédente, non sans avoir au préalable pris l'avis du commissaire de l'Iîiquisition, Melchiorre Crivelli. Ferrari mourut l'année suivante, le 25 novembre 1544 après avoir exercé pendant deux ans les fonctions de « preposto » ou de supérieur et Morigia succomba à son tour le 31 mars 1546, mais la disparition des fondateurs n'entrava pas l'expansion de la confrérie; après Vicence, Vérone et Venise réclamèrent l'envoi de quelques-uns de ses membres pour ramener la foi chez les fidèles et l'ordre dans les couvents. Ils fondèrent un séminaire à Pavie. Cependant ils furent chassés de Venise en 1551 parce qu'on les taxait d'hétérodoxie précisément à cause de leurs

attaches avec Battista.

De plus graves dangers menaçaient la confrérie., Les « angéliques » avaient d'étroites attaches avec les barnabites; leur but était le même; elles leur prêtaient souvent leur concours, on les voyait agir de conserve, leurs habitations étaient parfois

LES BARNABITES

les mêmes. La supérieure des angéliques, Paola Antonia Negri, surnommée la Divine Mère, prit peu à peu une grande influence dans la confrérie des barnabites; c'était une femme de trente-six ans environ, douée de hautes qualités organisatrices, d'esprit autoritaire, qui savait en imposer; on la considérait comme une sainte, on ne lui parlait qu'à genoux, ses volontés passaient pour être l'expression de la volonté divine. Les Pères qui étaient en Vénétie ne faisaient plus rien sans la consulter; elle signait toutes les lettres émanées de la communauté; dans les chapitres, elle avait voix délibérante. La comtesse Torelli, quoiqu'elle fût fondatrice de Tordre des angéliques, protestait contre une telle ingérence. La médisance s'en mêla; on accusa certains barnabites de trop de complaisances envers la Divine Mère et deux d'entre eux furent, de ce chef, incarcérés à Rome par l'Inquisition. Les Pères de Milan étaient très divisés; les uns voulaient se soustraire au joug de « la Negri », les autres tenaient qu'on devait s'y soumettre dévotement. Il y eut un procès à Rome et une scission parut imminente. Mais enfin tout se calma. Un des barnabites milanais alla à Rome intercéder en faveur des deux prisonniers dont l'un fut relâché sans restrictions et l'autre placé sous la surveillance de Loyola « en domicile forcé ». Loyola s'employa d'ailleurs pour aider les barnabites dans leurs difficultés et les deux associations devinrent, à partir de cette époque, fort unies ; elles agirent plus d'une fois de concert (1551).

Le pape venait de donner aux Barnabites pour « protecteur » le cardinal Alvarez de Tolède ^

Les barnabites furent, ainsi que les angéliques. d'un grand secours au cardinal Borromée dans son œuvre de régénération à Milan et dans toute la province; il estimait leur zèle et encourageait leur action; il lui arriva de se retirer dans leur maison; son confesseur était un barnabite. Un moment il pensa fondre en une seule association les barnabites et les humiliés qui étaient forte riches et qu'il finit par supprimer après bien des aventures'^ ; les barnabites qui étaient relativement pauvres,

refusèrent^.

Le curé de l'église S. Biagio ail' Anello dans le quartier de la Regola leur offrit son église moyennant une rente viagère de 100 écus et de 50 écus à son neveu après sa mort et les Pères en prirent possession le 25 mai 1575. Deux ans après un collège fut établi à côté. Plus tard, les barnabites eurent pour église S. Carlo ai Gatinari (1617).

1. On sait que toute association, corporation, confrérie, avait à Rome, un « cardinal protecteur ».

2. Voir le chapitre relatif à saint Charles Borromée à Milan.

3. Un tableau placé dans le Dôme de Milan représente le cardinal Borromée donnant leur constitution aux barnabites; ou en a déduit faussement qu'il les avait créés comme les oblats de S. Ambrogio et les capucins de S. Prassede.

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