L-évêque et les inquisiteurs avaient négligé de
faire intervenir les conseillers civils et la ProceJ;^; fut déclarée nulle. Il fallut la recommen er enUèr xnent, ce qui montre à quel pomt le pouvoir
LA REFORMATION A BRESCIA
séculier s'opposait, même dans les villes de moindre importance, à tout empiétement sur ses droits.
En 1567, les choses n'avaient guère changé; le cardinal Alessandrino, grand inquisiteur, écrivait le 28 juin au légat que, dans le diocèse de Brescia, les hérétiques étaient nombreux et se réunissaient ouvertement, a Que votre Seigneurie fasse diligence auprès du Conseil des Dix pour éliminer cette pestilence », disait-il, et le nonce lui répondait aussitôt que les recteurs de la ville avaient reçu les ordres nécessaires et qu'on allait tout faire « pour exterminer ces tristes personnages ». Mais il semble que les recteurs aient manqué d'activité, de bon vouloir ou de .pouvoir ear, deux ans après, le 3 septembre 1569, le légat écrivait que les protestants avaient formé une petite église, appelé de l'étranger un ministre et que cinq relaps exilés vivaient tranquilles dans le pays « à la barbe de la justice ^ ».
On avait eu grand'peine à empêcher les moines de prôner en chaire pendant le carême les nouvelles doctrines; le vicaire de l'évêque en fit comparaître un certain nombre en 1550 et leur enjoignit de prêcher <( en catholiques et non en nouveaux chrétiens ». Girolamo Firenzuola était parmi ceux qu'on réprimanda de la sorte car cet écrivain, auteur de plus d'une œuvre badine et même libertine, n'avait pas renoncé à enseigner la morale du
1. Tacchi-Venturi, p. 329, Cantù, vol. III, p. 149.Nunz. Ven., vol. IV, col. 37 ; vol. VII, col. iO.
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PROGRÈS ET EXTINCTION DE LA IlÉFORME.
haut dune chaire. Il ne lui fut permis de faire de nouveau des sermons que s'il s'engageait à ne plus parler de la réforme de l'Eglise. Comme i ne tmt pas compte de cette admonition, il fut 1 objetd une
menace de procès.
En 1568. certains prêtres placèrent une arquebuse chargée sous le siège de l'évêque et furent poursuivis de ce chef; il y eut conflit à ce propos entre les recteurs et la juridiction ecclésiastique qui l'emporta.