Investigationes, vol. XLV, fol
MŒURS DU CLERGÉ
Matteo Grifone, ne valait guère mieux que lui; étant devenu évêque de Trivento (154-0-1568), il eut une afiaire à Naples avec les moines de Monte- Oliveto dont ses hommes avaient assailli et malmené le représentant alors qu'il portait à l'évêque une assignation ( 154^3) ^
Paraître en masque et travesti ne semblait pas fort blâmable; quelques cardinaux se masquaient comme on a dit; en 1539, l'évêque de Bologne, Alessandro Campeggi, avait accusé, d'ailleurs à tort, un prêtre, Marco Vigeri délia Rovere, d'être sorti en masque et l'on constate en lisant les dépositions faites devant le gouverneur de Rome que personne ne l'aurait critiqué s'il l'eût fait^.
La conduite des moines et des nonnes était également des plus critiquables. Au temps de Paul III, il fallut un édit pour défendre aux moines de violer le vœu de continence ; pour plus de sûreté on les obligea à ne jamais sortir seuls. La garantie était faible et ne fut pas effectivement
bien efficace.
Les moines de S. Pietro de Pise (autrement dit ermites de S. Girolamo, lit-on dans le texte) se conduisaient à Naples de telle manière que pas
1. Investigationes, vol. LV, fol. 214. Le Concile de Trente décréla des peines contre les prêtres concubinaires; en cas de troisième récidive, ils étaient excommuniés. Les fils d ecclésiastiques sont déclarés inhabiles à recevoir des bénéfices s'ils n'ont pas été légitimés. Sforza-Pallavicini, toI. II, p. 1021.
2. Tacchi-Venturi, p. 71. Arch. Vat. Fondo Borghese, Ser. I,n. 34 A.
une honnête femme n'osait pénétrer dans Téglise S. Maria de Gracia qu'ils desservaient. Les habitants de Gènes suppliaient l'autorité pontificale de réformer les monastères de leur ville où nulle règle n'était plus observée et Paul III déléguait à cet effet d'abord l'évêque de Rhodes, puis le cardinal de S. Croce. Il en était de même à Bénévent où les moines du monastère de S. Sophia Bonaventura ne respectaient plus aucune règle*. Quand on envoyait un réformateur pour mettre ordre à leurs débordements, ils l'achetaient ; le bruit du moins en courut (154^)^.
L'évêque de Camerino, Berardo Buongiovanni, écrivait au cardinal Cervino, en date du 16 avril 1550, que les moines de deux monastères s'étaient entendus pour envahir un couvent, ce qui avait provoqué une grande émotion dans la région. Si on n'en punit pas quelques-uns, disait- il, il y aura un soulèvement. Certains des moines s'étaient travestis en soldats. Le cardinal Ercole Gonzaga écrivait en 154-7 à propos d'un monastère de Mantoue qu'il n'y avait aucun danger que le luthéranisme s'y introduisit, car les moines ne songeaient qu'à boire, manger et dormir, excepté un qui était « vieux, docte et bon-^ ».
Les nonnes ne demeuraient pas en reste. Au commencement du siècle. Pic de La Mirandole s'exprimait avec sévérité sur leur conduite dans le