LES PRIX
a) LA HAUSSE DES PRIX
Les prix étaient en pleine effervescence depuis la fin de décembre 1923, et avaient dépassé la parité du change ; ce mouvement de hausse avait été facilité par la valorisation de tous les revenus publics (voir tableau V). Les prix de détail en particulier s'étaient vivement redressés, très en avance sur les prix de gros et dépassant largement les prix or mondiaux. La stabilisation du mark, en dépit d’une augmentation de la circulation du simple au double de février à fin avril, coïncidait par contre avec une stabilisation des prix intérieurs dans l’ensemble ; l’indice des prix de gros accusait une baisse d’une quinzaine de points (31 janvier, 118,4 ; mai, 104), tandis que celui du coût de la vie en perdait environ deux (février, 127,4 ; mai, 125,6).
Cette constatation, qui paraît infirmer la théorie quantitative de la monnaie, ne montre, en réalité, que la disproportion entre les besoins de l’économie et les signes monétaires existants, dont la valeur expri-
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mée en or avait tant diminué à la fin de l'inflation. De 123 millions de dollars en 1918, la circulation était tombée à 15 millions fin 1923 ; au 27 avril 1924, elle r’atteignait encore que 61 millions. La mobilisation, sous forme de marks-papiers, des réserves de changes détenues par les particuliers, — et aussi d’ailleurs des crédits d’escompte de l’Institut d'émission, — ne constituait pas une nouvelle inflation. C’étaient des émissions bien différentes de celles faites par l'Etat pour consolider naguère les hausses successives du change. Effectuées contre remise de devises, elles ne pouvaient augmenter artificiellement le pouvoir d’achat de la population, puisque celle-ci se dessaisissait d’un capital réel et liquide ; ces devises stables étaient en effet reçues comme instrument normal d’échange entre particuliers. Assimilées à l'or, elles assuraient une garantie réelle à l’émission nouvelle. D’aillleurs, le public, depuis la stabilisation effective du change, ne suivait plus avec la même anxiété les mouvements de hausse de la circulation fiduciaire.
Cette stabilité des prix a duré jusque vers la fin de juillet. À cette époque, la hausse a repris rapide, après quoi à partir de février 1925, la courbe est restée à peu près stable (Prix de gros : février 1925, 121,1 — Juin, 119,3 — Juillet, 119,6 — Coût de la vie : Février 1925, 150,8 — Juin, 146,8 — Juillet, 155).
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Avant de tirer une conclusion de l’allure générale du mouvement des prix, il est nécessaire d’apporter certaines réserves ou explications au sujet des statistiques dressées par l’Office Central de Statistique de Varsovie.
L'indice général des prix de gros comprend 57 articles répartis en huit groupes ; il est la moyenne géométrique des prix de ces articles et n’est pas pondéré. Les prix se rapportent à la fin de chaque mois. L’indice du coût de la vie et des denrées alimentaires se rapporte à 36 articles (en 5 groupes), dont les prix sont relevés par les municipalités sur le marché libre; le système de pondération adopté est celui du budget théorique établi pour une famille ouvrière de quatre personnes à Varsovie.
Cet Office a adopté, comme base des indices de janvier 1914 (100) les prix concernant seulement une partie de la Pologne actuelle, soit ce que l’on appelle l'Ancien Royaume de Pologne, où les prix des produits industriels étaient alors en majeure partie relativement plus élevés, en raison des droits protecteurs de la douane russe. En conséquence, le niveau général des indices respectifs a baissé pour toutes ces marchandises.
Sans vouloir aucunement mettre en doute la valeur de ces statistiques, il y a donc lieu de constater une certaine erreur à la base pour les prix des produits industriels, sans compter les difficultés de rassembler