SCÈNE II
LES PRECEDENTES, la princessc c^'AFFICHE- TES-NICHES.
LA PRINCESSE d'aFFICHE-TES-NICHES.
Boum!... Me voilà, moi.
LA sultane.
Vous paraissez bien gaie.
LA PRINCESSE
Gaie? non pas. J'ai envie de l'être, voilà tout. C'est précisément parce que je m'ennuie à crever que je cherche à me persuader que je m'amuse.
LA SULTANE
C'est très-gentil... Vous vous amuserez ce soir, en tous cas.
Penh!... un bal costumé... Sera-t-il si drôle que ça?... Est-ce que vous aurez Clodoche?
LA SULTANE
Qui ça, Clodoche... Un attaché d'ambassade?
LA PRINCESSE
On vous en fera, des attachés qui dansent comme lui.
LA SULTANE
C'est donc un maître de danse?
LA PRINCESSE
Dites que c'est le roi delà danse!... D'abord, moi, j'ai une ambition : danser un quadrille avec Clodoche... et puis mourir.
LA SULTANE
P'aites-le venir un matin.
LA PRINCESSE
Ah! mais non... La belle affaire!... Un matin!... C'est un soir, c'est ici, que je voudrais danser avec lui.
LA SULTANE
Crovez-vous que ce soit faisable? Cela semblerait peut-être singulier?. . .
Avec ça qu'il vient du joli monde, ici!...
LA SULTANE (très-digne) .
Princesse, vous vous oubliez.
LA PRINCESSE
Ah ! bien ! . . . ce n'est rien ennuyeux ce paysci ! C'est moi qui vais me la casser I
LA SULTANE
Vous dites?
LA PRINCESSE
Que je vais ficher mon camp un de ces jours... D'abord j'en ai assez moi. de tous ces raseurs... Ca devient assommant votre endroit !
LA SULTANE
Comment, assommant?... Qu'est ce qu'il TOUS faut donc?... Nous avons la réouverture du Casino, le sextuple assassinat de Polichinelle, l'autopsie des cadavres, demain les assises... Vrai, ma chère, vous êtes dégoûtée, si cela ne vous suffit pas.
LA PRINCESSE
Une idée!... Si ce soir on invitait le monsieur qui a ^ait le coup !,.. C'est ça qui ferait un effet !
LA SULTANE
Vous êtes folle, ma petite... Le fait est que ce serait assez drôle.
Ce serait délicieux... mille louis, que cette pecque de Souillonnette en mourrait de peur !