SCÈNE II
Le théâtre représente un boulevard de 100 mètres de large, avec des arbres en zinc ; sur les côtés, des maisons à quinze entresols superposés, de 60,000 fr. de loyer ; des boutiques de bijouterie fausse, de faux cheveux, de fausses gorges, de fausses fesses, de faux mollets, de fausses dents. Dans le fond une caserne.
Autour de la scène sont groupés des chœurs formés d'un
Sénat mécanique, avec sifflets d'alarme et soupapes de sûreté, richement monté en or, assis sur des fauteuils à oreilles ; et d un conseil d'Etat également mécanique et non moins monté en or, assis sur le ventre d'un Corps législatif en carton, muet et pauvrement monté en ruolz.
L'orchestre joue une ouverture guillerette.
Cinq danseuses maigres, habillées de vert, sortent des coulisses et viennent en sautillant se ranger sur la scène.
Ce sont : la Fusillade, la Transportation, la Loi de Siïreté générale, l'Article 7o et la Commission mixte.
LE SURINTENDANT (pét'Hflé d'étoYinement) .
Qu'est-ce que c'est que ces monstres-là?... Ce sont les « villageoises » qui doivent entrer les premières ! . . .
LA PRINCESSE d'affiche-tes-niches (cl demivoiœ).
Là!... je vous avais prévenue...
L'orchestre couvrela voix du surintendant ; pendant que les cinq danseuses exécutent leurs pas, le chœur chante :
IlfaUaitça!
Il fallait ça !
Car sans ça Point de monacos !
Car sans ça Point do monacos !
Il fallait ça!
Il fallait ça!