DEVOIR DES FRANÇAIS
« Roi à couronner.
Banque à redouter, Régent à brûler, Law à rouer (2). »
(1) Hist. philos, durègne de Louis XF, par le comte de Tocqueville, 1. 1, p. 26, en note.
(2) Math. Marais, 5 août 1720.
Il n'y avait pas de jours que Madame ne reçût par la poste des lettres remplies d'alfreuses menaces, où son fils était traité « comme le plus scélérat des tyrans. »
D'Argenson, que l'on accusait d'avoir amené les suites malheureuses du système, était journellement voué à la corde. Quand il mourut, les harengères et les polissons se ruèrent sur le cortège qui accompagnait sa dépouille morlelle. Et des cris, et des injures, et de la boue ! Les femmes se jetaient sur les chevaux en criant : — « Ah! voilà le fripon! le chien qui nous a fait tant de mal ! »
Une estampe représenta : V Ombre inique qui fait son entrée aux Enfers! On maudissait le laid d'Argenson, comme on avait maudit le beau John Law.
Le despotisme doré de Louis XIV et le laisser-aller impudique de la Régence n'attendaient plus que l'égoïsme honteux de Louis XV, pour déterminer la force de l'opinion publique, pour faire sanctionner par une révolution les vœux de la majorité populaire.