CANTONS OUVERTS A LA COLONISATION
Centres de colonisation et emplacements de village
La région de l’Abitibi est divisée en cinquante cantons, auxquels on a donné les noms des régiments français et des officiers de ces régiments, qui prirent part à la campagne de 1759.
Chacun de ces cantons est divisé en 10 rangs de 62 lots chacun, donnant une superficie de 62,000 acres.
Le groupement des colons autour d’un centre choisi et déterminé d'avance comme noyau d’une future paroisse a été appliqué avec succès dans l’Abitibi et donne les meilleurs résultats.
L'endroit le plus convenable pour établir un village dans chaque canton est marqué d'avance. On choisit autant que possible les bords d'un lac ou d’une rivière. Les représentants des autorités religieuses, de concert avec les représentants du Gouvernement, déterminent l’emplacemeni futur de l’église dans chaque village ; le terrain réservé pour
cet emplacement est cédé gratuitement aux autorités religieuses par le Département des Terres et Forêts.
Les colons, à mesure qu’ils arrivent, s’établissent en rayonnant autour du centre de colonisation.
“De cette façon””, comme le disait en 1911 M. Gastonguay, ancien ingénieur du département de la Colonisation, ‘‘notre système paroissial, qui a été si fécond en bons résultats et que l'expérience a démontré être le mieux adapté aux goûts et aux moeurs de notre peuple, aura toute son emprise dès le début en permettant à un groupe de quelques familles d'établir en temps opportun une organisation scolaire, paroissiale et municipale.”
Voici les noms des cantons maintenant ouverts à la colonisation et des villages en formation, avec une description sommaire de chacun de ces cantons et de ces villages.
Canton Senneterre
C'est le premier canton que nous rencontrons en entrant dans l’Abitibi. Le Transcontinental le coupe dans une direction nord-ouest sur les rangs IV, V, VI, VII, VIII et IX.
A la hauteur du rang VII, il traverse la rivière Bell sur un beau pont en fer. Le terrain du canton Senneterre est plan sur presque toute son étendue. La hauteur de la montagne Bell, située à l’est de la ligne centrale sur le rang VI, et que le chemin de fer longe avant de traverser la rivière, est d'environ 120 pieds.
Une autre chaîne de montagne assez élevée longe la ligne centrale
sur une partie des rangs III et IV, et sur les lots 46 et 47 des rangs V et VI on voit un côteau de cyprès très élevé.
“* Le canton Senneterre”’, dit M. Arthur Lepage, (rapport du ministre des Terres et Forêts, 1914), ‘‘possède plusieurs cours d'eau ‘* remarquables dont quelques-uns sont navigables. Ainsi, il y a la belle * rivière Bell qui traverse le canton du sud-ouest au nord-est, et qui “* plus loin au nord prend le nom de Nottaway, et va porter ses eaux ‘* dans la baie James.
“* Dans le premier rang, elle forme une partie du lac Obaska qui “a près d’un mille de largeur dans ce canton. Dans les rangs II, III, “IV, V, VIet VII, elle a jusqu’à 10 à 12 chaînes de largeur, et elle ‘a même de 25 à 35 chaînes dans les rangs VIII, IX et X. Il y a ‘* quelques petits rapides dans les rangs II, III et IV et deux petites “chutes d'environ cinq à six pieds, l’une au commencement du rang “ trois et l’autre vers le milieu du rang cinq sur la rivière Bell. A cinq “* mille: au nord du pont du chemin de fer Transcontinental, elle forme “le beau grand lac Shabogama qui a près de trente milles de longueur, ‘ sur lequel on peut avantageusement se procurer le plaisir du yacht et “ Au canotage. Ce lac s'étend au sud en forme de baie dans les rang “ neuf et dix, baie qui a de 20 à 50 chaînes de largeur et est peu pro- ‘* fonde.
” Je note aussi le ruisseau ‘Aux Trembles”’ qui traverse la partie ‘* nord-ouest du canton et qui se jette dans la rivière Bell à un mille “au sud du pont du chemin de fer Transcontinental, lequel pont tra- “ verse la rivière Bell au milieu du village Nottaway.
“ La partie est du canton est aussi traversée dans toute sa hauteur, “du sud au nord, par le gros ruisseau Adelphus qui se décharge dans “ le lac Shabogama. J'ai descendu ce ruisseau en canot dans les basses “eaux, avec un peu de difficulté, c'est vrai, mais dans toute sa lon- “ gueur ; il est également vrai qu'il m'a fallu le débarrasser en certains “endroits et faire quelques portages pour éviter trois ou quatre petits “ rapides, tous dans le quatrième rang. Ce ruisseau et ses deux bran- “ ches de l'est que j'indique sur mon plan seront d'un grand appoint “ pour faire le drainage de la partie sud-est du canton, où il y a des ” savanes et des marécages de grande étendue. Il y a aussi de grandes ‘ savanes et de grands marécages dans la partie sud-ouest, mais en nom- ‘bre moindre et de plus petite étendue.”
Les colons fixés dans le canton Senneterre sont surtout établis dans les rangs VI, VII, VIIT, IX et X, à l'est de la rivière Bell. Il y a encore une assez grande quantité de terrain propre à l'agriculture le long du ruisseau Adelplus, et une excellente partie le long de la rivière Megiskan qui effleure la partie nord-est de ce canton.
Il y a aussi un peu partout à l’intérieur, en dehors des savanes et des maréc:ges de notables étendues de terrain propre à la culture.
Si on considère le fait”, dit encore M. Arthur Lepage, “que les “ingénieurs du chemin de fer Transcontinental ont baissé de dix pieds ‘et presque vidé, au moyen de drains, un petit lac qui était sur leur
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