BASSIN DES RIVIERES LAFLAMME ET TASCHEREAU
Cantons Lamorandière, Rochebeaucourt, Ducros
et Montgay
Au nord des cantons Barraute et Carpentier, s'étend unc fort belle zone de terre argileuse, arrosée à l'est par la rivière Taschereau (ancienne Coffee) et à l'ouest par la rivière Laflamme (ancienne Natagagan).
Durant l'été de 1916, M. Edmond Sicard, ingénieur forestier, a fait une exploration du bassin de ces deux rivières. Voici ce qu'il dit, dans son rapport, de la qualité du sol dans les vallées de la rivière Laflamme et de la rivière Taschereau :
“ Les terrains qui bordent cette rivière (Taschereau) sont excel- ” lemment propres à la culture. Les marécages et’ les étendues rocheuses ” sont très rares et de peu d'extension, à tel point que nou: pouvons ” dire que 85 à 95 p. cent de ces terrains sont favorables à la culture, “ du moins pour 4 à 5 milles de chaque côté de la rivière. A part les ” deux étendues rocheuses, rencontrées à l’est de la rivière sur le 400 de- ” grés de latitude, et à son embouchure, ces terrains sont formés d’une “excellente terre à grain, plus mouvante et moins franche que la terre “étudiée dans les autres parties de l’Abitibi. Cette terre contient un “peu de silice, ce qui la rend plus maléable et plus facile à drainer. ” C'est cette raison qui explique, je crois, l'absence des grands maré-
“ cages que nous rencontrons plus au sud, sur cette même rivière. Une “ particularité, surtout, nous a permis de voir à fond les sols qui bordent “la première moitié de cette rivière. Les feux de furêt or: mis à nu “ tous les terrains du nord des cantons Lamorandière et Rochebeau- “ court, tout le canton Despinassy et celui situé directement au nord “ de ce dernier, et n'ont laissé que quelques débris calcinés, assez rares.
“ Le feu de l'an dernier a si bien brûlé les débris laissés par “l'ancien, que ces terres nous donnaient l'illusion de fermes ouvertes “x Ja colonisation depuis 15 à 20 ans, et le défricheur, habitué à “ suer et à s'échiner dans les abatis de bois verts, s'extasierait certaine- “ ment en face de ces terres, auxquelles il ne manque que la semence “ pour les faire produire. Ces belles étendues de terres faites commen- “ cent sur la rivière Natagagan, à la moitié de Lamorandière, et se “ tiennent ainsi jusqu’au 490 degré de latitude, sur une largeur de 4 à “ 5 milles et plus, de chaque côté de la même rivière.
“ Ceci forme donc une étendue de terres considérables et des plus “ avantageuses pour les colons, et je crois que le Département de la “ colonisation devrait s'intéresser à la question le plus tôt possible, “ avant que ces terrains reprennent en mauvaises herbes et jeunes pous- “ses, qui les rendraient plus difficiles à travailler que lorsqu'ils sont “en forêt vierge. 11 faudrait donc construire des chemins pour rattacher
“ ces terrains au chemin de fer, et pousser les colons sérieux de ce
côté, afin de tirer tout le parti de ces avantages naturels.
* Le canton Vassal paraît offrir les mêmes avantages. Les terrains * au nord de ce brûlé, sur la rivière Natagagan, sont aussi de première “ qualité pour la culture, mais n'étant pas brûlés, ils sont moins avanta- “* geux pour le moment.
* Les sols de la rivière Taschereau sont moins bons. ou du moins “plus divisés par les marécages et les étendues rocheuses et sa- * blonneuses. Tous les terrains, qui touchent directement à la rivière ‘* Bell, nous paraissent de mauvaise qualité. Mais il y a encore de “ belles étendues de terre argileuse qui conviendraient très bien pour “ l'établissement de fermes, surtout dans la partie ouest des cantons * Ducros et Bartouille. Le tiers est de ces cantons est rocheux et sa- ‘ blonneux.
‘ Le sol paraît, cependant, moins bien drainé que sur la rivière “Natagagan et de qualité inférieure. Le sud du canton Ducros a été “ ravagé par les incendies et renferme de très bonne terre à culture. “ La proportion des bons terrains dans Ducros peut être évaluée à “ 70 p. cent et celle du canton Bartouille à 55 p. cent. À part les ** étendues brûlées, tous ces terrains, sur l’une comme sur l'autre rivière, “* sont recouverts de mousse en couches assez minces, sur la terre grise. et quelquefois en couches très épaisses, dans les savanes à terre noire, * où cette même couche varie en épaisseur de 6 à 12 pouces.”
Canton Landrienne
Le Transcontinental pénètre dans ce canton à la hauteur du rang IV, il incline fortement vers le nord, traverse les rangs V, VI, VII, VIII et IX, qu'il quitte pour entrer dans F iguery.
Il y a de grandes savanes et des marécages sur les rangs JI, Il1, IV et V qui peuvent être drainés assez facilement par la branche sud de la rivière Peter-Brown, qui coule à travers les rangs II, III, IV et V à l'ouest de la ligne centrale.
Le sol est formé d'une bonne partie d'argile, sur les rangs IV et V, sur une étendue d'environ quatre milles à l'est de la ligne extérieure ouest.
Dans les environs de la ligne centrale à l'est, sur les rangs II et III le terrain est sec, formé d'une bonne terre jaune, très propre à la culture des pommes de terre et des légumes en général.
La partie de ce canton comprise entre les rangs V et X, à l’ouest de la ligne centrale, est presque toute occupée.
LANDRIENNE. — II y a déjà un beau commencement d'établissement au village Landrienne. Sa population est de 223 âmes.
Les colons établis à Landrienne viennent surtout de Sainte-Thècle, comté de Champlain, et du Lac-aux-Sables, comté de Portneuf
Un chemin, entre les rangs VIII et IX de Landrienne, et IX et X de Figuery, réunit ce village à celui d'Amos.
Canton Duverny
“ Sur toute sa superficie”, disent MM. Paul Joncas et Paul Malouin, arpenteurs-géomètres (Rapport du ministre des Terres et Forêts), ‘ce canton présente un terrain généralement bas et plat, on ” remarque toutefois un côteau couvert de cyprès et traversant le canton “ du nord-ouest ou sud-est. Le sol, d'une manière générale, renferme “une forte proportion de glaise, sur les hauteurs seulement le sol est “ sablonneux et quelquefois rocheux. Dans les savanes, en-dessous de “* la tourbe formant la surface, on trouve de la glaise dure et compacte. “ Les meilleurs lots au point de vue de la culture, sont ceux avoisinant ‘les lignes extérieures est et ouest.”
Canton Figuery
Le chemin de fer traverse ce canton dans les rangs IX et X. Ce canton, le premier ouvert à la colonisation dans l’Abitibi, a progressé rapidement. Les quelques lots encore inoccupés sont considérés comme impropres à la culture, pour le moment du moins.
Les rangs, dans la partie est de la rivière Harricana, sont maintenant ouverts sur de bonnes étendues, et l'aspect général de toute cette partie du canton est celui de nos vieilles paroisses du bas de Québec.
Deux belles routes, chaque côté de la rivière Harricana, permettent aux colons de pénétrer à l’intérieur de ce canton.
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Canton Dalquier
Ce canton, situé au nord du précédent, renferme une bonne proportion de terrain propice à l’agriculture.
Cependant il se peuple beaucoup moins vite que le canton Figuery. Tous les lots qui bordent la rivière Harricana dans les rangs 1, 11, III et IV sont maintenant vendus.
Une bonne route qui suit la rive ouest de la rivière se rend presqu'à la hauteur du rang V.
La partie ouest des cantons unis de Fig'iery et Dalquier a été érigée en municipalité le 10 septembre 1917.
La partie est des mêmes cantons le sera bientôt aussi.
École du village à Amos, sous la direction des Dames religieuses de l’Assomption de Nicolet.
AMOS-SUR-HARRICANA. — Amo:, la friture métropole de l’Abitibi, a déjà l’espect d’une petite ville avec ses grandes avenues coupées à angle droit par de belles rues. Elle a été érigée en municipalité de village, le 3 janvier 1914. Monsieur Hector Authier, agent des Terres, a eu l'honneur d'avoir été appelé par le voeu unanime de ses concitoyens à occuper la position de premier maire d’Amos. M. Authier est en même temps le président de la Chambre de Commerce de l’Abitibi et le gérant de la Banque d’'Hochelaga Deux médecins et un notaire sont établis à Amos. On y trouve
également deux forgerons, un charron, un photographe, deux tailleurs, deux barbiers.
Les hôtels “Commercial”, “Amos”, “Forest”, sont confortables : les magasins bien installés,
On trouve en plus, à Amos, quatre moulins à scie, deux manu: factures de portes et chassis.
L'école, dirigée par les Soeurs de l'Assomption, de Nicolet, est fréquentée par au delà de 180 enfants. La population du village et de la paroisce (canton F iguery et canton Dalquier) dépasse 1200 âmes.
Le curé est l'abbé J.-O.-N. Dudemaine, arrivé à Amos au moi de septembre 1913 ; il a sous sa juridiction tous les postes situés à ‘est d'Amos, jusqu'à Nottaway et les établissements qui bordent l: rivière Harricana.
Amos deviendra en peu de temps un centre important, et sous le rapport religieux et sous le rapport commercial. C'est le futur évêché des plaines de l’Abitibi. Ce sera en même temps le marché naturel pour l'écoulement des produits agricoles des paroisses qui s'établiront sur le: deux rives de l'Harricana ; ce sera le point de ravitaillement des champs miniers. C'est de là que partiront les grandes voies de communications qui iront rejoindre le Témiscamingue, qui réuniront ces deux régions qui devront plus tard ne faire qu'un seul tout.
Canton Lamotte
Ce canton, situé au sud du canton Figuery, est traversé dans toute sa profondeur par la rivière Harricana qui y forme deux grands lacs, le lac Okikeska et le lac LaMotte. Ces deux lacs, qui ont chacun une étendue de 7 à 8 milles :-nt reliés cutre eux par un détroit d'environ 13 chaînes de largeur, profond et sans rapides.
Le terrain est généralement plan. Sur les lots 59, 60 et 61 du rang IX il y a une chaîne de montagne d'environ 150 pieds de hauteur qui les traverse du nord au sud. La classification de ce can 1 a été faite sous la direction de M. Henri Roy, ingénieur-forestier, Voici un aperçu sommaire de son rapport.
Le terrain à l'ouest du lac LaMu.‘e. sur les rangs I. II, III, IV, V, VI, est plan, composé de bonne terre argileuse, excepté toutefois les lots suivants qui sont considérés impropres à la culture : lots 22: 23, 24, 25, 26 et 27 du rang Îlème ; ces lots forment partie d'un Vaste marais vaseux, où l'eau séjourne la plus grande partie de l’année, les lots 10 et 11 du rang ÎVème qui sont marécageux, les lots 5 à 24 du rang Vème qui sont marécageux en certains endroits, rocheux en d'autres, les lots ! à 27 du rang VIème qui sont marécageux et sablonneux.
Dans la partie ouest des rangs VII, VIII, IX et X il y a beaucoup plus de variété dans le terrain qui est tantôt plan et humide, tantôt À montueux et sablonneux, tantôt marécageux. Ainsi dans le rang VII
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