‹ La région du Lac Saint-Jean, le grenier de la province de Québec [microforme]Chapitre 18 sur 55 · À L'OUEST DU LAC · texte numérisé non relu

À L'OUEST DU LAC

En 1879 on fondait le canton Normandin, entre les rivières Ashuapmouchouan et Ticouabé, en arrière du canton Parent, à douze milles dans l’intérieur. Pendant des années les colons n’eurent même pas de chemins pour communiquer entre eux. Les premiers temps furent extrêmement pénibles; mais depuis une dizaine d'années la colonie a pris un remarquable essor, On y compte plus de trois cent cinquante familles. 11 y a trois moulins à scie, un moulin à grain, un moulin à bardeaux. On y voit cinq marchands qui font de bonnes affaires ; une beurrerie y est en activité, et des industriels et artisans y exercent leurs métiers.

Le canton a dix milles de largeur et dix rangs de hauteur. Le sol en est admirable. Les colons ont en générel de bonnes habitations et des bâtiments proprement tenus, ce qui indique que leurs propriétaires jouissent d’une réelle aisance. Les défrichements sont faits à fond ; on.ne saurait y découvrir une seule roche, même aux abords de la forêt. Quant au buis de construction, :les riveé des cours d’eau en sont garnies; n'oublions pas que ce bois fait partie de la grande forêt qui, partant de la rivière Ashuapmouchonan s'étend jusqu’à la baie James, prolongement de la baie d'Hudson.

La population de Normandin dépasse seize cents âmes; cile s’est doublée dans l’espace des trois dernières années. On ne saurait prévoir ce que l'avenir réserve à cette contrée quand des communicatiuns régulières, quotidiennes, y seront établies.

En haut de Normandin, entre la Ticouabé et la Mistassini, s'étend le canton Albanel où les premiers colons arrivèrent, il y a sept ans seulement. On y compte cent soixaute-huit familles, dont

Page 1