‹ La région du Lac Saint-Jean, le grenier de la province de Québec [microforme]Chapitre 51 sur 55 · CONSEILS D'UN ACRICULTEUR D'ONTARIO (M · texte numérisé non relu

CONSEILS D'UN ACRICULTEUR D'ONTARIO (M

FLATT, DE HAMILTON, QUI A VISITE LE LAC EN 1890), AUX COLONS DU LAC SAINTJEAN.

‘ La premièr. chose à faire est de bien prépa-

rer le sol et le mettre dans des conditions propres à produire une honne récolte. Cela fait, il convient d'étudier quelle espèce de grain rapporterait le plus pour la peine qu'elle coûte. La terre que le colon se propose d’ensemencer au printemps doit être labourée l'automne précédent, et les rigoles creusées suffisamment pour que l'excès de l’eau s'égoutte de bonne heure, aussitôt la

neige fondue et l1 terre dégelée, disons à une profondeur de trois pouces. Il serait bon d'y semer avant toute autre chose de l’avoine et du blé de printemps, et les autres grains après, mais sans retarder.

Je vous conseillerais de mêler de Ia graine d'herbe à toutes vos semailles de printemps, laissant une partie de votre terre en foin et passant l’autre partie au labour. Dans la partie que vous avez l'intention de labourer à l’automne, semez un minot de graine de trèfle par chaque dix acres ; dans la partie laissée en foin semez un demi minot de graine de mii et un minot de trèfle, par chaque dix acres également.

Maintenant que vous possédez des facilités nombreuses pour l'expédition de tous les produits quelconques, il est bon de faire un choix des grains que vous voulez enltiver et d'étudier s'il ne serait pas avantageux d'essayer, par exemple le houblon.

L'élevage de la volaille paierait bien aussi, je présume, attendu que Québec doit être un bon marché et pour la volaille et pour le porc.”

JOHN FLATT.

De l'ouvrage pour le nouveau colon.

Outre la qualité du sul et les facilités de communications, la chose la plus importante pour le colon nouveau est certainement la possibilité de trouver de l'ouvrage pour le temps qu il n’est pas employé à ses travaux de ferme, aussi bien qu’un marché pour le bois qu'il coupe, en défrichant son lot. Aussi, il n’y à pas de pays nouveau mieux situé à ce point de vue, que celui traversé par la ligne du chemin de fer du Lac St. Jean. A presque toutes les stations le long du parcours du chemin de fer,ii y a des moulins à scie, des manufactures de pulpe ou quelqu’ autres industries, procurant ainsi de l'emploi à un grand nombre d'hommes, et ces industriels achètent tous les billots, le bois de pulpe et tout autre bois que le cois* nouveau peut retirer de son lot. Etsi le colon désire amasser nn peu d'argent il peut toujours trouver à s'employer dans les divers chantiers qui se font durant l'hiver. On estime que ces nombreuses industries et le commerce de bois de corde donnent de l'emploi crdinairement durant l'hiver à cinq ou six mille hommes.

Voici une 1iste de quelques-unes de ces industries, moulius à scie, etc.

À Grand’Mère, la plus importante de toutes ces industries à été érigée pour la manufacture de la pulpe et du papier. Environ deux millions de piastres y ont été dépensées ; une petite ville d’a peu près trois mille habitants a surgi come par enchantement et l'on expédie tous les jours audelà de 400 tonnes de fret.

À Roberval, M. B. A. Scott, possède un immense moulin qui scie environ 200,009 billots par année, ce qui emploie un très grand nombre d'hommes.

Roberval est une petite ville fort progressive, possédant un excellent aqueduc, la lumière élrctrique partout, un des plus beaux hôtels du Canada, un courent et une école ménagere sous Ja direction des dames Ursulines. Un quai cons-

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Ciicoutimi est une autre ville en pleine voie de progrès, éclairée à la lumière électrique, possédont un aqueduc spiendide, un grand hôtel moderné, un pouvoir d’eau immense pour les manufactures. Elle est aussi le point de raccordement entre la voie ferrée et les steamers du Saguenay. MM. Price Bros & Co. y possèdent de grands moulins, ces messieurs emploient un bon nombre d'hommes et chargent chaque année plusieurs navires. Une manufacture de pulpe a été érigée tout récemment dans la municipalité, et fabrique environ trois chars de pulpe par jour. Ceci est une entreprise purement locale, dont l’entreprenant maire, M. J. D. Guay, et MM. Dubuc et Gagnon sont les principaux promoteurs. L'esprit d'entreprise de ces messieurs paraît être la source de toutes les améliorations récentes à Chicoutimi. La ville progresse rapidement, quelque 70 maisons ayant été construites en 1898.

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La Baie dames.

Les pages précédentes démontrent la valeur du distriet du Lac St-Jean comme champ de colonisation: Mais quand ce vaste district sera colonisé, et qu'une population de plusieurs milliers de cultivateurs industrieux y auront établi leurs demeures, il y aura encore une nouvelle région qui attendra la civilisation et le développement, et cette région est située immédiatement en arrière du ‘ Royaume du Saguenay ”. Par un acte du Parlement de la Puissance du Cas ada, passé en 1898 il a été ajouté an domaine de la Provin e de Québec toute cette partie du district de la Baie James située à l'est de la front ère d'Ontariv. La région dont nous parlons pus haut serait située à son tour entre la frontière est d'Ountarioet le Lac Mistessini et eutre la hauteur des terres et la mer à

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l'extrémité de la partie sud d : la Baie James, for-

mant un territoire d'environ 70,000.000 d’acres où pour mieux s'exprimer un pays aussi graud que la Grande Bretagne et l'Irlande réunies.

Ce territoire a été exploré en 1897, par M. Henry O'Sallivan P. L. S., inspecteur des arpentages de la Province, et son rapport prouve que ce pays est une vaste plaine inclinant doucement vers la mer, presque sans montagnes, très bien boisé, sol excellent, bien arrosé par de nombreux lacs et rivières, dont l’une d'elles, la rivière Nottaway est aussi grande que l’'Ottawa. Nonobstant l'impression générale du contraire, le climat de ce district le rend favorable sous tous les rapports à la colonisation pour la production de tout ce qui peut être récolté à Québec ou au Manitoba. La moyenne de la témpérature d'été (voir page 10) est de 57°, ou à peu près, la même que celle de Chicoutiini ou Winnipeg, et de 8’ plus élevée que celle de Rimouski sur le St. Laurent ; et la couche moyenne de la neige a peu près la moitié de celle de Montréal.

La route 11 plus propice et la plus courte pour ouvrir ce vaste pays est par le Lac St-Jean.

Ainsi, une ligne droite tirée sur la carte, de Roberval à la Baie James, distance de 880 milles, iraverse exactement le milieu du pays. récemment ajouté à la Province de Québec, et cela par une voie naturelle, c’est-à-dire, par la vallée de la rivière Ashuapmouchouan et la vallée de la Nottaway, traversant la hauteur des terres à uneélévation de 1,200 pieds seulement. Il semblerait que la nature a intentionellement placé le Saguenay en vue de l'écoulement des produits que les générations futures exporteront de ce vaste pay et peut-être même des prairies entre la Baie James et la Rivière à la Paix,

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