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Rivières Mistassibi, au Rat et Assiemska et les terres du voisinage
Pour me conformer aux instructions de votre département, datées du 138 janvier dernier, relatives à l’arpentage des rivières Mistassibi, Au Rat et Assiemska, j'ai l'honneur de vous faire le rapport suivant :
Dans l'opinion des sauvages du lac Saint-Jean, la rivière Mistassibi est plus considérable que la Mistassini, ayant de plus qu'elle plusieurs grands tributaires, et j'ai pu, moimême, constater que son volume d’eau, en cette saison, est tout aussi fort que celui de cette dernière. Elle égoutte ce raste plateau qui s'étend au nord du lac Saint-Jean et qui, des environs de la Ouiatchouanish, apparait comme une plaine sans bords. Ce plateau domine la rivière Mistassibi de 75 pieds à son embouchure, mais cette hauteur décroît à mesure que l’on rencontre les rapides et les chutes. La plus considérable de celles-ci se trouve à la fin du premier mille et nous rapproche du sommet du plateau de trente pieds environ. Sur le sixième mille, une autre chute nous amène presqu’au niveau du plateau mentionné au point de départ, puis de là jusqu’au onzième mille, le terrain est généralement uni ou légèrement onduleux en quelques endroits, et la rivière peut se remonter sans obstacles. Elle se continue ainsi jusqu'au trente-cinquième mille où, resserrée entre des rochers et brisée par des roches détachées, son cours paisible est plus brusquement interrompu par une chute de 10 pieds sur le trente-septième mille, un petit rapide sur le trente-huitième mille et l’on arrive au dernier sur la partie de cette rivière que j'ai relevée. Au-dessus de cette chute, la rivière reprend son cours paisible dans une direction à peu près nord et garde une largeur de 8 à 15 chaines sur une grande distance.
D'après les explorations faites sur l’un ou l’autre côté de la rivière Mistassibi, je suis resté convaincu qu’au moins les trois quarts des terrains qu'elle arrose sont propres à la culture, se composant en grande partie de terre grise, jaune, d'argile mélangée de sable à la surface, avec un sous-sol d’alluvion d’une grande profondeur, sans roches, excepté en quelques endroits où des rochers sortent à la surface pour rompre le niveau :à peu près uniforme du plateau. Ces rochers sont plus élevés et plus étendus au-dessus du trentième mille et semblent disparaitre au-dessus du quarantième mille, sur le côté ouest
de cette rivière. Le sol est couvert de bois de toutes les essences qui croissent dans la vallée du lac Saint-Jean, excepté le cèdre. Il y a là une pousse d'environ quatre-vingts ans d'âge, qui atteste, par sa grosseur et sa longueur remarquables, une grande richesse de sol. Il ne reste aucune trace de l’ancienne forêt détruite par les feux. Pour ces raisons le bois propre au commerce se réduit à peu de chose, sur les bords immédiats de cette rivière. Quelques centaines de pins et quelques milliers d’épinettes, voilà tout ce que l’on pourrait en tirer aujourd’hui. Dans quelques quarante ou cinquante ans, si quelques nouveaux feux ne viennent exercer ici leurs ravages, cette jeune pousse fournira un fort appoint au commerce de bois. Mais les avantages que ces superbes terres offrent aux colons ne sauraient rester longtemps méconnus et je n'ai aucun doute qu'avec des communications plus faciles, cette jeune forêt n'ait bientôt fait place à de beaux champs de blé.
La rivière Au Rat, autre tributaire de la Mistassini, s’y décharge sur le même côté que la rivière Mistassibi—côté nord-est—à un mille plus haut que cette dernière.
Le feu de 1870 a ravagé les belles torêts qui couvraient les deux rives jusqu’au quinzième mille. Le bois vert reprend de là et comprend les mêmes essences mentionnées dans Mistassibi. Les seuls obstacles qui s'opposent à la navigation de cette rivière sont quelques rapides sur la partie que j'en ai relevée, si bien, qu’en la descendant dans les hautes eaux, ces obstacles disparaissent. Ces rapides sont au nombre de cinq sur les seize premiers milles ; les quatorze milles restant sont en eau morte, de même que pareille distance au-dessus.
Je suis convaincu que la plus gande partie de cette résion, comprise dans le fond de ce vaste bassin qui entoure le lac Saint-Jean, du côté du nord surtout, c’est-a-dire une étendue d’au moins quatre millions d’acres en superficie, se compose des terrains les plus favorables à l’agriculture, tant à cause de la richesse du sol que de la douceur du climat. Pour offrir un point de comparaison assez juste, je crois devoir dire, sans craindre d’être taxé d’exagération, que nous avons dans ce bassin du lac Saint-Jean une assez grande étendue de belles et bonnes terres pour établir à l’aise une population aussi dense que celle qui habite la plus belle partie de la vallée du Saint-Laurent, celle occupée par les comtés de Richelieu, Yamaska, Verchères, Bagot, Saint- Hyacinthe, Rouville, Saint-Jean, Napierville et Laprairie.
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Les alluvions du lac Saint-Jean sont tout aussi étendues et plus profondes que celles qu’arrosent les rivières Richelieu et Yamaska ; quant au climat, nous n'avons rien à envier à ces localités. (P. H. Dumais, 24 juin 1878.)
Rivière Métabetchouan
Des feux de forêt ont ravagé une partie considérable du côté est de la rivière et aussi une partie du côté sud, qui est maintenant tout couvert de bouleau et de tremble. Le soi est excessivement riche sur les deux côtés de la rivière; c’est en général un fond de riche argile recouvert d'une marne abondante d’une couleur brun foncé. Dans le canton de DeQuen, le sol est excellent le long de la rivière et le terrain non arpenté sur le côté opposé, ou côté est, paraît étre ausei excellent.
Bois—Il y a une quantité considérable d’épinette blanche et quelques excellentes épinettes rouges de chaque côté de la rivière. Les vieux brülis sont recouverts d’une épaisse crois sance de bouleau, tremble et sapin, et comme les pouvoirs d'eau ne sont pas rares, il n’y à pas d’endroit qui promette plus pour une manufacture de pulpe ou pour d’autres manufactures qui emploient la qualité de bois ci-dessus mentionnée. (Henry O'Sullivan, 8 mars 1887.)
Extrait du Rapport du Commissaire des Terres de la Couronne, pour l'année 1889, relativement au pays en généralentrele Lac Saint-Jean et l'Ottawa Supérieur.
En analysant les rapports d’arpentages et d'explorations, on constate qu’en arrière de la chaine montagneuse qui s'étend depuis le cap Tourmente jusqu’à l'Outaouais, un peu au-dessus de Hull, il y a une immense plaine quise continue vers l’est, par la vallée de la rivière Matawin, jusqu'aux environs du Saint-Maurice. Le niveau général de cette plaine n’est pas à plus de 250 ou 300 pieds au-dessus de celui de la mer et n’est accidenté, qu'à de rares endroits, par de petites arêtes ou buttes rocheuses. En arrivant dans la région de la Matawin, la direction générale de cette plaine incline vers le nord nord-est, puis elle se continue par le beau plateau compris entre les rivières Trenche et Windigo jusqu’au lac Saint-Jean, pour se confondre avec cette magnifique vallée, limitée par les montagnes bordant le Saguenay au nord-est. La longueur de cette zone de terrains plans, pour la plupart d’une fertilité remarquable, est de près de 400 milles et sa largeur moyenne est d’environ soixante, ce qui forme une aire de 24,000 milles ou
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15,360,000 acres carrés. La région égouttéé pat la partie de l'Outaouais comprise entre les sources de cette rivière et le lac Témiscamingue, jusqu'à la hauteur des terres, forme un autre plateau élevé de 600 ou 700 pieds au-dessus du niveau de la mer, généralement plan et renfermant beaucoup de terres cultivables sous le double rapport du sol et du climat, séparée au sud par une rangée de terrains montueux, de la grande plaine qui vient d’être décrite.
Afin de donner une idée du succès que des colons industrieux ont obtenu dans le district du Lac Saint-Jean, nous publions les renseignements suivants, fournis par les curés des difilérentes paroisses.
Exemples de colons établis dans les paroisses du Lac Saint-Jean.
SAINT-J ÉRÔME.
Claude Villeneuve, parti de Sainte-Agnès, comté de Charlevoix, en 1862, avec quatre cents dollars, a acheté 350 acres de terre à Saint-Jérôme. Il en a aujourd'hui 250 à peu ques en culture. Il récolte en moyenne 1000 minots de grain, surtout du blé, 4,500 bottes de foin, 250 à 300 minots de patates. Il ne vendrait pas sa propriété moins de 7,000 dollars.
Alexandre Boily, parti également de Sainte- pis en 1862, sans aucun capital, venu à Saint-Jérôme, avec sa pioche et sa hache et sept enfants, dont l'aîné n'avait pas plus de dix ans. Il a acheté une terre de 340 acres qu'il n'a pu achever de payer que ces années dernières. Il en a à peu près deux cents en culture. Il récolte 850 minots de grain, principalement du blé, de 2,000 à 2,500 bottes de foin, et 250 à 300 minots de pat tes. Sa propriété est évaluée à 4,000 dollars.
Le défaut de bras empêche de mettre toute la terre en culture.