‹ La région du Lac Saint-Jean [microforme]Chapitre 2 sur 25 · DIE · texte numérisé non relu

DIE

On a dit, il y a longtemps déjà, que la vallée du lac Saint- Jean deviendrait un jour le grenier de la province de Québec. Le fait est qu'elle peut former à elle seule une province entière, et, dans tous les cas, elle est destinée à devenir avant peu un vaste champ d'approvisionnement pour la capitale, en même temps que celui vers lequel se tourneront

les plus actives et les plus sérieuses tentatives de colonisation.

La colonisation, se développant sans cesse, tend à enserrer le lac tout entier. Depuis quelques années déjà elle s’est avancée rapidement vers l’ouest, par les cantons Normandin et Albanel ; la voilà aujourd'hui qui s'étend vers le nord, et les vallées de la Mistassini et de la Péribonca déploieront pour l’homme toute leur fécondité. C’est que la région du lac Saint-Jean possède des avantages exception: nels de sol et de climat qui la rendent éminemment productive.

“ Le climat du lac Saint-Jean,” disait M. Bouchette, il y a déja un demi-siècle, “est aussi doux et même plus doux que celui de Montréal. Quaud, à Chicoutimi, les oignons, les patates et les choux gelaient, le 23 septembre 1852, ils étaient restés absolument intacts au lac Saint-Jean jusqu'au 12 octobre. On peut cultiver même le melon sur les bords du lac, et les nuits y sont moins froides que dans le reste du pays.”

Ces assertions au sujet du climat sont largement sanctionnées par les observations oflicielles du bureau de météorologie, observations que l’on trouvera consignées aux pages 48 et 49 de cette brochure. Elles prouvent que la température d'été du district du lac Saint-Jean est en réalité la même qu'à Québec, et plus chaude que celle de Rimouski, de Dalhousie, N.B., Port Arthur, Ont. et Winnipeg, tandis que la chute de neige est plus de moitié inférieure à celle de Montréal. Elles font voir de pius que le climat, J’automne, est remarquablement doux, la moyenne de la température la plus élevée à Roberval, du 15 septembre au 8 octobre 1890, étant de deux degrés de plus que celle de Montréal.

Citons encore un extrait du rapport de M. Ballantyne, adressé au gouvernement en 1857:

“ L'expérience acquise par sept années d’excursions dans les divers cantons qui composent une partie de ce beau territoire, m'a montré les choses sous un jour trop clair

Mans

pour ne pas faire connaître toute la vérité. Je dirai donc avec la certitude de n’éprouver aucun démenti, que je ne connais nulle part en cette province un territoire qui, sur une étendue aussi considérable, offre des qualités supérieures, à tous égards, aux terres qui composent une partie des cantons que j'ai arpentés............…..

“ Mais ce n'est pas tout. Le climat vient apporter son contingent de faveurs à l’agriculture. J'ai vu bien des personnes marquer de la surprise, lorsque ie leur disais que le climat du lac Saint-Jean peut rivaliser avec celui de Montréal ; rien de plus vrai cependant. Une chose importante à remarquer est que les vents du nord-est, si humides et si désagréables sur les bords du Saint-Laurent, perdent leur cortége de vapeurs avant d'arriver au lac Saint-Jean, et sont alors ce que sont les vents du sud-ouest sur les bords du fleuve. Les arbres fruitiers que l'on voit dans le jardin du poste de Métabetchouan, sur les bords du lac, attestent la douceur du climat. I] suffit de jeter un coup d'œil sur ces forêts de cèdres d'une grosseur prodigieuse, de pins blancs, de pins rouges, d’épinettes et de merisiers, pour se convaincre de la bonté de ce climat et de la vigueur nourriciére du sol.”

Ajoutons à ces témoignages d’une haute valeur l'appréciation suivante d’un touriste qui a visité dernièrement le pays :

“ Le lac Saint-Jean,” dit-il, “est une magnifique étendue d'eau ; on n’en peut voir le côté opposé que lorsque le temps est très clair ; en tout autre temps on reste sous l'impression que c’est une mer intérieure. Ensuivant le rivage occidental du lac la scène est très belle, Une pointe bleue éloignée, a peine visible d’abord, se change graduellement en une longue côte, couverte de fermes, de villages et d'églises, nous rappelant les rives du Saint-Laurent en bas de Montréal. L'œil ne se fatigue jamais à regarder ce magnifique panorama ; d’un côté, des champs de blé, s’élevant graduellement des bords du lac ; de l’autre côté, l’immense étendue du lac.

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