La région du Lac Témiscamingue [microforme]
Voies de communication — Qualité du sol — Description des principaux cantons à coloniser.
Le mouvement très prc-\oncé qui 8e fait depuis quelques mois en faveur de la colonisation de la Province, tant par nos compatriotes des Etats-Unis qui nous reviennent en si grand nombre, que par les cultivateurs des anciennes “paroisses; et même par les habitants des villes, à fait attirer l'attention. sur une région encore peu connue, au point de vue de la colonisation ; elle se trouve à l'extrémité occidentale de la Province, particulièrement propre à des établissements de colons auxquels elle offre de très grands avi tages; nous voulons parler de la région du lac Témiscamingue,
Elle comprend tout le comté de Pontiac, à l'exception des cantons Church, Dorion et Cawocd qu'il vaut mieux classer dans la région de la Gatineau ; cette région se divise en deux agences des torres de la Couronne, l’une à la Baie des Pères et l’autre à Morehead. (1) La première agence comprend 6 cantons arpentés et divisés contenant 104,654 acres; la deuxième, 19 cantons avec 224,340 acres ; le prix des terres est de 30 cts l’acre, payable nn cinquième comptant, et la balance en quatre payments annuels.
Voies de communication.
Pour se rendre à la Baie des Pères il faut prendre le Pacifique Canadien qui conduit à Mattawa, de là on se rend, par bateaux à vapeur et tramways jusqu’à la tête du Long Sault, ensuite, en été, il y a une superbe navigation, aussi par bateau à vapeur, jus-
(1> Agent à la Baie des Pères, M. À. E.
Guay. - Agent à Morehead, M. Wm. Clark:
qu'à la Baie des Pères (la distance entre Mattawa et la Baie des Pères est de 91 milles) et même jusqu'à la tête
‘du lac, Mais comme pendant l'hiver
la glace sur le lac n’est'pas toujours sure, que le printemps de bonne heure
et l’aatomne. tard, le trajet entre la
Baie des Pères etle Long Sault est pénible, le gouvernement provincial va faire faire incessamment un chemin de colonisation entre ces deux localités, Il y a aussi d’autres chemins de colonisation-faits, ou projetés dans les cantons arpentés et divisés; ils permettent de voyager entre les différentes places de ces cantons. Notons de suite que le Pacifique va faire prolonger la ligne depuis Mattawa jusqu’à la tête
du lac Témiscamirgue, même une par-
tie du terrassement près de Mattawa est déjà fait. La même compagnie a fait faire à frais communs avec le gouvernement de la Province l'exploration d'un chemin de fer, depuis la Chute
aux Jroquois jusqu’à la tête du lac;
c'est le tracé de ce chemin, que l’on voit sur la carte régionale qui accomagne le présent écrit; ces deux voies errées qui vont être construites donneront beaucoup d'ouvrage, et ".écessiteront une grande consommation de produits agricoles, lesquels déjà, à cause des grands chantiers qui se trouvent dans la région, atteignent des prix très élevés, comme par exemple le foin qui se vend de 26 à 30 piastres la tonne, l’avoine 75 cts le. minot, les pois 81.50, les patates $1.50 la poche,
MM. Bignell, arpenteurs qui sont passés par la Baie des Pères en avril dernier nous disent que le foin s’y vend $32 la tonne.
Li)
Qualité du sol.
Quant à la qualité du #ol et à l’état dans lequel les terres se trouvent, par suite de nombreux brûlés, :l nous parait plus exact de donner, malgré la longueur des citations, des extraits des rapports des arpenteurs des quelques cantons arpentés et divisés, le long et dans le voisinage de la Baie des Pères, sur lesquels, selon l'opinion de M. Bureau, explorateur du département de l'Agriculture, dont la compétence et la longue expérience sont bien connues, on peut facilement établir 10 à 12 paroisses sus d'excellentes terres.
Voici ce que disent les arpenteurs:
: Canton Duhamel, M. James Rooney
it:
“ La petite rivière où j'ai commencé cet arpentege, court à travers une grande étendue de belle terre agricole ; et il y a d’immenseë vallées de terrain plan dans tcutes les directions, Je suis informé que le terrain, en arrière de ce qui est arpenté dans Duhamel, est supérieur en qualité à celui compris dans les lignes de rang que j'ai déjà tirées. Le long dela ligne en arrière du 3me rang,
le terrain en général est uni et le sous- | P
sol, qui est de terre glaise, est recouvert d’une couche de marne à la surface.
Le log de la ligne, entre los 2me et 3ine rangs, il y a de grandes vallées dans lesquelles le sol est de qualité supérieure. Le ‘errain que j'ai traversé sur la ligne dn ler et du 2me rangs est assez bon pour la culitre, y a quelques élévations piorreuse: qui seront encore de quelqu'utilité aux colons, pour bâtir, mais dans d’autres endroits, il y à de très belles vallées, bion propres à ia culture,”
“ Une grande partie du township Duhamel peut être très facilement défrichée, vû que le feu y est passé et a laissé le terrain presque prêt à recevoir la charrue. Ceci est un grand avantage pour le premier colon et lui épagne «ne somme de travail considérable que sans cela il aurait à faire.”
À propos du canton Guigues, le même arpenteur dit:
‘ Dans le canton Guigues, le terrain le long du lac Témiscamingue, ea montant jusqu'à l'embouchure de la rivière à la loutre, est inégal et montueux, mais depuis cette rivière on montant, il est plus uni. En arrière du premier rang, depuis la ligne centrale en descendant jusqu’à la ligne extérieure dans la partie sud du Canton, le feu a détruit environ la moitié du bois, et une bonne partie du terrain pourraitêtrofacilementdéfrichée et préparée pour la semence. Il y a de belles vallées dans cette étendue de terrain, et le sol est excellent, Tous les bois au nord de la ligne du centre forment une épaisse forêt verdoyante qui, en général, est couverte de bois franc de saine qualité” (Voir rapport du commissaire des terres de la Courcnne pour l’année 1384, page 61.)
De son côté M. P. T. C. Dumais, A.
P., qui a arpenté le reste du canton Duhamel et partie du canton Laverlochère dit, dans son rapport au gouvernement :
“ Tout le terrain que j'ai arpenté dans le canton Duhamel a passé au feu deuis 16 à 18 ans. Le bois qui a passé au feu et qui est encore debout, surtout le cèdre qui s’y trouve en assez grande
uantité, peut servir à la construction
es premières habitations des colons et au bois de chauffage, Des pouvoirs d’eau sur la rivière à la loutre et sur la branche nord dela petite rivière, peuvent être assez avantageusement obtenus en construisant des chaussées à la tête des petits rapides. En général, le sol est riche, étant composé de terre grise et jaune argileuse avec un humus de 4 à 10 pouces d'épaisseur, excepté sur les terrains les plus élevés où le feu a cousumé en grande partie cet humus.
Dans le canton Laverlochère, le sol dans la partie arpentée est très propre à la culture, et est composé de terre noire, grise et jaune d'excellente qualité.
Les deux tiers environ ont passé au feu à la même époque que le canton Duhamel, et le reste est en bois vert mêlé.” (Noir rapport du commissaire des terres
SRE meer
anni à: rene au A
de la Couronne, 1886, page E3 et suivantes).
M. W. A. Asho, A. P,, ingéniour civil anglais, fut envoyé plus tard par le gouvernement de Québec pour frire l'inspection des arpentages faits par MM. Rooney et Dumais. Dans son rapport publié par le Commissaire des brie de la Couronne, 1886, page 39, il dit :
‘“ Le sol de ces cantons (Duhamel, Guigues et Laverlochère) est une excellente marne, mélangée quelques fois d'argile noire plus légère. Il ne peut y avoir de doute sur l'excellente qualité du sol comme le prouvent ses propriétés productives,”
“Le pays est très propre à des établissements, doublement à cause de la nature du sol et des moyens d'accès faciles.”
“ De plus, la plus grande partie du terrain est tellement dévastée par le feu qu'il faudrait très peu de travail pour le mettre prêt à la charrue, Un jeune homme de 19 ans a, dans un seul automne, préparé 12 arpentsde terre pour le labour du printemps suivant. En maints endroits, à part ça et là, quelques RUES baumiers et quelques trem-
les, (dont quelques-uns ont deux pieds de diamètre) il ne reste rien de la forêt primitive, mais ici et là, il y a quelques pins isolés qui subsistent, même au milieu des traces de leurs voisins, maintenant disparus,
“ Dans le canton Duhamel, il y a des sommets de rochers nus et isolés qui empiètent sur la partie subdivisée de ce canton, laissant cependant 80 pour cent de terrain valable,
“ Le 6me rang contient presque 100 pour cent de terre productive, tandis que dans le 7me rang, ces bancs de rochers sont plus fréquents vers la partie sud.
“ Dans le canton Laverlochère, les ler 2me et 3me rangs ont toute leur valeur, dans leur partie sud, depuis la ligne centrale qui est entrecoupée par ces bancs de rochers.
“Le canton Guigues renferme peu de sommets rocheux, une bordure le
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du: D ui
long du lac et très peu à l'intérieur, ce qui laisse une grande partie du terrain propre à la culture.”
M. P. T. C. Dumais qui a terminé l’arpentage des cinq derniers rangs du canton Guigues, et des quatre premiers rangs du canton Fabre, dit :
‘Le caractère général du canton Guigues est des plus convenable au progrès de la colonisation. Le terrain est légèrement ondulé pour ne pas dire qu'il est très uni. Le sol est des plus propice à la culture des céréales et est composé généralement de terre grise argileuse mélangée, en beavcoup d’endroits, de terre noire très riche, Sur Le sommet des élévations, on remarque desterres jaunes, grasses, sablonneuses,”?
‘ En plusieurs endroits on trouve des circuits de cinq à dix acres qui sont de véritables prairies naturelles où le foin pousse en abondance,”
“Il n’y a pas de montagnes dans ce canton, on remarque seulement quelques À ir rochers par ci par là.”
‘‘ La rivière des quinze qui fait la limite nord du canton, à une largeur de 8 à 15 chaînes dans les eaux basses, Sur les 4e et 5e rangs il y a des chutes qui peuvent fournir avec avantage des pouvoirs d'eau très importants, Il y a trois petits lacs dans les 6e et Te rangs et un autre d’à peu près cinq milles de longueur dans le 9% rang.
Ses bords sont rocheux par enaroits, ailleurs c’est une belle grève de sable.
Le brochet, la truite, le poisson blanc etle doré s’y trouvent en quantité ; on peut ajouter que le lac Témiscamingue, les rivières et les lacs qui l’environnent sont aussi très poissonneux.
Ici comme dans les autres cantons que j'ai arpentés, sur tous les terrains propres à la culture, il n’y a pas de roches.
J'ai été obligé, en certains endroits, d'en transporter à deux milles de distance pour établir les bornes.
“ Je ne crains pas d'ajouter que le canton Guigues est un des plus beaux cantons à coloniser dans la province de Québec.”
Pais parlant du canton Fabre, M.
Dumais dit :
“ L'aspect physique de’ ce canton | siasmés d'y découvrir d'iimenses plan'est pas des plus souriants, à sa pre- | teaux de terre légèrement ondulés, où \ mière vue, sur le lac Témiscamingue, | le sol est des meilleurs pour la culture |) Les quelques montagnes ou plutôt les | des grains los plus difficiles,” v. terrains élevés qui on forment le ri-|* 1 n'ÿ a que sur le premier et le vage, sur a-pou-près la moitié de sa|second rang où l'on remarque des | largeur, sont d'un aspect rocheux et montagnes d’une hauteur de 150 à inculte, et nous sommes portés à eroire | 400 pieds, et qui oceupent environ un que le reste du pays en arrière ne peut | quart de .ces deux rangs. Tont le offrir aucun Apr X à la colonisation. | reste du terrain, quoique coupé par-oi À Cependant si, en laissant le lac, on par là par de petits rochers, peut-être ÿ. entre à l’intérieur du canton, nos de- | considéré de promièré classe pour les E : | meurons étonnés et même enthou- | fins de la colonisation”
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