F1G. 29. — DENSITÉ DES MAISONS D’HABITATION PAR BOURGMESTRERIE
Les régions de faible densité de maisons sont celles qui vivent exclusivement de l'agriculture: les régions de forte densité, celles où toute la population vit près de l'usine ou de la mine; les régions de moyenne densité correspondent aux villages à population ouvrière. Sarrebruck a une densité inférieure à celle des autres bourgmestreries industrielles à cause du grand nombre de maisons de rapport. La vallée de la Sarre forme une zone presque continue de forte densité de maisons: la zone de densité moyenne s'étale jusqu’à la frontière N. du Territoire, le long des vallées de la Prims et de la Blies. Les contrastes sont plus marqués pour les maisons que pour la population dans le Saargau et dans le Bliesgau, qui échappent, le premier totalement, le second partiellement à l'appel de l’industrie.
trerie de Medelsheim ont respectivement 80, 59 et 38 habitants
au km?.
Ces différences, qu’expliquent l’éloignement des foyers industriels
et surtout le taux inégal de boisement, n’empêchent pas qu'il y ait
assez grande homogénéité à l’intérieur du Territoire et les communes urbaines sont loin de faire tache sur un fond uniformément clair : il existe tous les termes de passage entre les communes où l’ouvrier travaille et celles où il demeure.
Il en est différemment dans la partie lorraine. Les contrastes de densité y sont bien plus tranchés. Des densités supérieures à 1.500 (l'Hôpital 1.575, Merlebach 2.514) voisinent avec des chiffres inférieurs à 100, dus à l’extension des forêts (Saint-Avold 100, Porcelette 76). Sur le plateau, la densité s’abaisse plus bas que dans le Gau sarrois, et il est significatif que la frontière franco-sarroise marque ici une limite de densité : d’un côté des chiffres supérieurs à 70, de l’autre des chiffres inférieurs. Dans la mesure où l’action de l’industrie, sarroise ou lorraine, s’est exercée sur le plateau, elle a contribué plutôt à le dépeupler. De même la densité relativement faible des communes du plateau entre Forbach et Sarreguemines (Spicheren 136, Kerbach 80, etc.) montre combien l'attraction de Sarrebruck est limitée aux deux vallées de la Sarre et de la Rosselle. Il n’y a guère qu'à l'Est de Sarreguemines que les conditions de densité soient identiques des deux côtés de la frontière. En somme, le peuplement du bassin houiller de Moselle en est encore au stade cellulaire, tandis qu’en Sarre il s’est constitué un organisme à l’intérieur duquel l’industrie entretient partout de fortes densités.
Concentration humaine exceptionnellement forte, quoique inégale; d'autre part, peuplement original en gros villages avec un petit nombre de villes, tels sont les deux faits qui caractérisent l’état de la population dans notre région.