‹ La reine de Chypre, opéra en cinq actesChapitre 14 sur 43 · GERARD, CATARINA · texte numérisé non relu

GERARD, CATARINA

CTj DUO.

Gérard, à Catarina.

Arbitre de ma vie, C'est toi Que je revoi, £"** 0 ma douce amie,

f^j Oui, je viens t'arracher à ton sort si cruel. tfl Dieu me rend, près de toi, les délices du ciel ï catarina, avec amour, Gérard !

Ah! dans leur rage infâme, h W A mon amour ''s croyaient te ravir,

5*3 Lorsque c'est Diew, d'un rayon de sa flamme,

S Oui lui-même a voulu nous unir.

Cg catarina, à part.

fp* Gérard ! ô ciel !... quedire?...

GÉRARD

Mais, près de moi, ton cœur soupire?

catarina, à part.

Le bonheur est ici... ia mort à quelques pas!

GÉRARD

Grand Dieu' ne partages-lu pas Et mon bonheur et mon ivresse?

CATARINA

Pardonne-moi le trouble qui m'oppresse !

GÉRARD

Et pourtant, je suis près de toi!

catariisa, à 'part.

Mon Dieu! mon Dieu ! protégez-moi...

ENSEMBLE

CATAIUNA.

Hélas ! i! faut que je l'oublie, Quand il vieut me jurer un amour éternel. Comment lui dire ici que sa flamme est trahie? Plutôt la mort que cet arrêt cruel.

gërard. Reprise du premier motif.

Arbitre de ma vie, etc.

(Indiquant la croisée.) Quand ma barque rapide Atteindra l'autre bord, Un ami sûr, un guide Va nous mener au port.

Viens, la nuit «ombre

Couvre nos pas, L'a mo m dans l'ombre

Ne tremble pas.

Viens, tout sommeille;

Mais dans la nuit

L'amitié veille,

Dieu nous conduit!

catarina, l'échappant des bras de Gérard qui veut l'entraîner vers le balcon.

Non, non, Gérard, c'est impossible!

Il faut partir... Fuyez, oubliez-moi.

GERARD

Al) ! grands dieux ! que dis-tu PAIais tes sermens, ta foi? CAiARiNA, à part.

Il croit que je l'oublie, Quand je me sacrifie.

GÉRARD

Ne m'aimerais-tu plus? Cet aveu, c'est mon sort... Mon avenir... ou ma vie... ou ma mort !

CATARINA

Pitié! pitié !

Parle!

CATARINA

0 douleur extrême!...

(Elle aperçoit le rideau de lacbambre secrète s'enlr'ouvrir et voit briller les poignards des Spadassins.)

Eh bien! ce n'est plus toi que j'aime, Non, non... ce n'est plus loi.

GÉRARD

Quoi ! de sa boucbe même Un tel aveu! Dieu!... je frémis d'horreur! Et de surprise et de terreur!

catarina, à part.

Tout me trahit et m'abandonne.

Au malhsur, j'ai voué mon sort.

D'horreur, d'effroi mou cœur frisonne...

Autour de moi, partout la mort!

J'ai prononce l'affreux bla-phcme.

■ — 25 — Et malgré ces mots odieux C'est toujours lui que j'aime, A lui mon cœur et tous mes vœux!

GÉRARD

Ah! viens, suis-moi, je t'en conjure, Tu ne peux pas être parjure.

catarîna, à pari.

Mon Dieu! prenez pitié de moi !

Partez, Gérard, partez sans moi !

gérard, la voyant fuir avec (erreur.

Eh bien ! ïl est donc vrai ! J'ai de ta perfidie Pénétré le secret affreux î

catariiNA, avec surprise. Que dit-il?

GÉRARD

Un rival, au bonheur de ma vie Viect t'opposer un titre, un rang, un nom pompeux.

CATÀR1NA»

Ociell...

GÉRARD

C'est le bruit de Venise!

Un prince... un roi t'offre sa main.

Et l'odieux espoir de cet illustre hymen, Ton orgueilleux dé^ir en secret l'autorise.

CATARiNA.

C'en est trop !...

GERARD

Si ces bruits sont meilleurs Dis un mot, et je crois..

catarlna, voyant Mocénigo qui lui fait un signe de menace et disparait.

Tout est vrai... .

(A part.)

Je me meurs!

Gérard, avec un désespoicr onlenu.

Je vous pardonne, à vous, à vous que ma faiblesse Chérit peut-être encor d'une indigne tendresse. Mais celui qui m'arrache à l'espoir, au bonheur, Jusqu'au pied de l'autel je trouverai son cœur. ENSEMBLE.

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