I.U^IGNAN
Un Français près de moi!... Mon cœur a tressailli De joie et d'espérance!
gérard, à Lusignan.
Dans mes bras!
Dans les miens!
gérard, avec expression.
Que le ciel soil bénî, Quand il daigne en ces lieux m'envover un ami!
ENSEMBLE
Salut, à cette belle France, Où tous les deux' nous avons vu le jour! Salut, notre pays d'honneur et de vaillance! Terre chérie et de gloire et d'amour!
GERARD
Vous êtes chevalier!...
Je le suis.
GÉRARD
G mon frère !
Frères deux fois : la patrie et l'honneur Nous ont unis sons la même bannière.
GÉRARD
Je l'aurais deviné vien qu'à voire valeur !
Le L-iol, eu nous donnant une commune mère,
Naus donna, je le vois, aussi le même cœur.
GÉRARD et LUSIGNAN.
Salut, salut à cette belle France, etc. CANTABILE.
LUSIGISAN.
Trisie exilé sur la terre étrangère, Ah ! que de fois j'ai soupiré Après toi, ma France si chère Séjour de mon enfance, ô pays adoré!
(A Gérard.) Que ma voix par la vôtre un jour se fasse entendre! Dites-lui qu'en ces lieux, dont je ne puis sortir, Il est un bras tout prêt à la défendre, Il est un cœur ardent pour Ja chérir ! Gérard, avec douleur.
Vain espoir! Dans cetie le aussi je dois mourir.
lusignan, surpris.
Mourir !
GÉRARD
Ah! comraavons sur la terre étrangère, Reprise du Cantabile.
Triste exilé, combien j'ai soupiré Après toi, ma France si chère, Séjour de mon enfance, ô pays ailoté!
A la gloire, au bonheur quand je pouvais prétendre, Pour la France, ô mon Dieu ! que n'ai-je pu mourir? J'avais un bras vaillant pour Ja défendre, J'avais un cœur ardent pour la chérir!
ENSEMBLE
j'avais un bras vaillant pour la défendre,
Un cœur, un cœur ardent pour la chérir.
Oui, votre bras a bien dû la défendre, Et votre cœur toujours doit la chérir!
LCJSIGNAN.
Vous êtes malheureux? parlez...
GÉRARD
Je dois me taire, Dieu seul de mes douleurs est le dépositaire... Il faut, pour les calmer, me venger et punir!...
Ah! si jamais mon rang ou mon épée Peuvent servir vos projets, croyez-moi, Votre espérance ici ne sera point trompée; Venez les réclamer dans le palais du roi... Gérard, à part.
Chez le roi, ce rival de qui la jalousie A de vils assassins vient de livrer ma vie?...
(On entend des fanfares et des salves d'artillerie.)
Ecoutez, écoutez au loin ce bruit joyeux!
Ces accens de bonheur qui s'élancent aux cieux.
GÉRARD
Quel est dont ce signal?
lusignan, avec transport.
Ce signal... il appelle Tout au peuple à l'espoir du plus fortuné sort. Il annonce une reine à ce peuple fidèle.
gérard, à part.
Il annonce pour moi la vengeance et la mort! ENSEMBLE^ avec accompagnement de fanfares et de salves de canon, au loin.
lusignan, à part. gérard, à part.
L'airain qui résonne L'airain qui résonne
Fait battre mon cœur; Le canon qui tonne Double ma fureur!
Vinns, perfide reine, Trahir ton serment.
Ici Dieu t'amène Vers le châtiment!
Fuit battre mon cœur; Le canon qui tonne M'appelle au bonheur!
Viens, ô noble reine, Vers l'amour constant.
Ici Dieu t'amène!
Ton peuple t'attend !
lunIgnan, à Férard.
Mon frère d'armes, adieu, car le devoir m'ordonne
De te quitter... Mais songe bien ici, Quant nous nous reverrons, qu'à jamais je te donne La foi d'un chevalier et la main d'un ami.
(Lusiguan et Gérard se serrent la main.)
GÉRARD et LU81GNAN.
Oui, je îe jure, à jamais je te donne La foi d'un chevalier et la main d'un ami !
i.usignan, à part. Gérard, à part.
L'airain, etc. L'airain, etc.
(Gérard et Lusignan se serrent de nouveau la main, et sortent de côtés opposés, au milieu des cris de fête que l'on entend au loin, ainsi que le bruit du canon qui redouble avec le lever du jour.)