‹ La reine de Chypre, opéra en cinq actesChapitre 5 sur 43 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

ANDRÉA, MOCÉNIGO.

mocénigo, s'approchant d'Andréa.

Sommes-nous seuls ici ?...

ANDRÉA

Nous sommes seuls... parlez...

MOCÉNIGO.

J'apporte, au nom des Dix en secret assemblés, Pour vous un important message...

ÀNDftÉi, à part, avsc (erreur.

Du conseil!... A ce nom se glace mon courage?

M0CÉN1G0.

Vous donnez voire nièce à Gérard de Coucy?.,. Et cet hymen se célèbre.. .

ANDRÉA

Aujourd'hui !

MOCÉMGO.

Voulez-vous du conseil servir la politique

Et seconder ses intérêts?

Voulez-vous mettre, enfin, avant tous vos projets La grandeur et le bien de notre république?...

ANDRÉA

Je vous écoute...

MOCÉMGO.

Ëh bien ! Venise par ma voix Va vous parler en Ce moment suprême :

Soumis à ses puissantes lois, Vous devez rompre à l'instant même Cet hymen !...

ANDRÉA

Ah ! grand Dieu ! qu'exigez-vous de moi? Quoi ! rompre cet hymen, quand j'ai donné ma foi? Réduire au désespoir...

MOCÉMGO.

Mais Venise commande!

A ses décrets il faut que Ton se rende! Et votre honneur appartient à l'étal!

Ainsi que votre vie en un jour de combat !

ANDRÉA

Eh quoi ! vouloir qu'ainsi je brise Des sermens solennels consacrés par ma foi! Non, non, mon bras, mon sang sont à Venise, Mon honneur est à moi !

MOCÉNIGO.

Eh l qu'importe à la République,

Et les sermons et les amours;

Lorsque parie sa politique,

Et qu'elle appelle ton secours.

Au lieu d'un étranger, d'un chevalier de France,

Pour ta nièce, on t'offre par moi, Un pat îî si brillant, que ton orgueil, je pense, N'eût osé l'espérer...

ANDRÉA

Quand ce serait un roi...

MocÉNiGO, froidement.

C'est un roi !

ANDRÉA

Dieu! qu'enlends-je! ô trouble involontaire. Un roi dans ma famille!... Inutile regrets!

MOCÉNIGO.

Apprends donc l'important mystère

Dont Venise aljteud le succès!

De Chypre le peuple coupable

Exila de ses rois l'illustre descendant, Et Venise, toujours au malheur secourable, A juré de s'unir au dernier Lusignan.

ANDRÉA

Eh bien?

MOCÉNIGO.

De ce proscrit nous relevons !e trône, Et pour que rien ne brise désormais Un pacte d'alliance utile à nos projets, Venise, de sa main, lui choisit et. lui donne Une épouse! ! ! Son front doit ceindre la couronne,

Et c'est la nièce, et c'est ton sang Que la patrie élève à cet auguste rnng.

ANDRÉA

Il se pourrait?...

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