ACTE DEUXIÈME
Au couvent des Clarisses d'Assise, l'ne vaste salle. Murs et plafonds de vieille pierre presque uoire par endroits. Des ogives très ouvertes forment la voûte.
Une impression de solennité et de solitude austère. Le cloître a dû être bâti dans des temps reculés ; à l'époque où vivait sainte Claire, fondatrice de Tordre.
Au fond, à une assez grande hauteur, une galerie praticable, que soutiennent des piliers lourds, trapus, largement espacés, tourne à angle droit vers une chapelle invisible; un large escalier, au fond, à gauche, descend de la galerie sur le théâtre; il y a au bas de l'escalierj presque au milieu du théâtre, une statue de sainte Claire, très haute.
A droite, au fond, un immense vitrail dont le bord supérieur obéit â une courbe d'ogive est colorié de scènes évangéliques ou de légendes empruntées à la vie de sainte Claire. Il s'ouvre en deux vastes battants, et quand il est ouvert on voit une terrasse et les arbres du jardin et le ciel.
A droite, au second plan, un portique très haut; au premier i^lan, une petite porte et une étroite fenêtre.
Dans la salle, çà et là, de lourds sièges de chêne; au premier plan à droite, une sorte de banc sculpté, très bas, qui touche à une table de pierre.
La salle est éclairée — il est bientôt neuf heures du soir — par des lampes allumées aux murs sous des statuettes de madones et de saints et par une autre lampe posée sur la table.
Au lever du rideau, Orlanda est assise sur le banc sculpté, elle s'accoude â la table, comme dans une attitude de recueillement;