‹ La reine Fiammette, conte dramatiqueChapitre 31 sur 105 · UNE NONNE · texte numérisé non relu

UNE NONNE

avec d'autres.

Enfin !

C'est comme un mouvement joyeux d'écolières quand le maître n'est plus là. Pas une ne reste à genoux. Elles courent toutes vers Orlanda,— qui, elle-même, n'a plus du tout lair recueilli — dans un joli brouhaha de réveil.

CHIARINA,

à Orlanda.

Oh ! lisez-nous encore Des vers !

Toutes ont l'air de dire • « Oui! oui »!

50 I.A nVASK l'IAMMKirM

OULANDA.

prenaut im livre sur la table, sous le missel, très souriante.

C'est un sonnet de Pétrarque pour Laure. Lisant l'argument du sonnet :

Il se plaint aux beaux yeux de sa clame, loin d'eux, Que l'Amour et la Mort lui soient cruels tous deux.

Lisant le sonnet : Des étoiles du ricl et des fleurs du pourpris J'avais fait un bouquet de lumière et de neige Pour celle (jui nie tient l'âme par sortilège; Mais elle a repoussé l'offrande avec mépris.

Alors un sombre rêve emportant mes esprits, Sous les donjons, au mur des villes qu'on assiège, J'ai bataillé, cberclieur d'embuscade et de piège ; Mais j'eus la gloire, au lieu delà tombe, pour prix.

Dans le flot ténébreux que l'ouragan tourmente J'ai cherché le trépas; mais le flot s'est calmé. Faut-il que mou funèbre espoir aussi me mente?

U dieu d'amour! par qui Pétrarque est consumé. Fais que la Mort, sinon Laura, lui soit clémente. Et qu'il puisse mourir puisqu'il n'est pas aimé !

Les nonnes sont ravies, parlent bas entre elles, remercient ( Jrlaïula.

Le doux parler 1

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