‹ La reine Fiammette, conte dramatiqueChapitre 40 sur 105 · SCÈNE II ORLAXDA, MÈRE AGRAMANTE · texte numérisé non relu

SCÈNE II ORLAXDA, MÈRE AGRAMANTE

ORLAXDA

Vous faites trop de bruit, je crois, mère Agramante, D'une faute qui n'est point grave, étant charmante; Et vous devrez ne plus gronder à l'avenir, Sans savoir si je veux pardonner ou punir.

MÈni-: AGRAMAXTE

On n'exigera pas, pourtant, que je tolère Qu'on danse la gaillarde aux pieds de sainte Claire ! En une longue révérence devant Orlanda.

Ah ! madame, ce fut pour la communauté

Un précieux honneur quand Votre Majesté

Choisit pour s'y soumettre à Dieu qui lui fait signe

Le cloître dont je suis l'abbesse très indigne.

Et je crois qu'elle aura pleine rémission

De ses péchés, malgré le défaut d'onction,

Car les saintes ont des clémences pour les reines !

Mais puisqu'à tout sillon siéraient mal toutes graines

Et que le Ciel selon les états et les rangs

Applique aux mêmes cas des arrêts différents.

Je suppose qu'aux champs où Dieu fait sa récolte.

Semer la foi vaut mieux que de danser la volte;

La musique; c'est pour plus tard, en paradis;

Et vous ne voudrez pas qu'aux plaisirs interdits

Le cher salut de mes ouailles se hasarde?

Se redressant.

Au demeurant, je veille et je fais bonne garde !

ORLANDA,

un peu piquée peut-être du reproche de l'abbesse ; dun ton d'ironie amusée.

Bonne garde? Vraiment? Ah! le diable est bien fin,

Ma mère, et je pensais que vos yeux, à la fin.

N'y voyaient plus très clair sous l'ombre de la chape.

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