ACTE CINQUIÈME
Sou baiser!
DANIELO ORLANDA
J'y viendrai ! Tu veux bien?
DANIELO
Si ses bras
Aie touchent, je la tue !
ORLANDA,
lui mettant les bras au cou.
Oli ! réponds !
DANIELO
Tu mourras !
Il s'est retourné, il l'a renversée dans la chaire, les mains au cou, l'étrano-lant.
ORLANDA,
se débattant.
Danielo ! — Grâce ! — A l'aide !
DANIELO
fuyant, épouvanté.
Horreur! — C'est impossible!
Il tombe sur les coussins, la tête contre la table. Un silence pendant lequel Orlanda, haletante, porte les mains à son cou, regarde autour d'elle, comme folle.
120 I.A Rl'MM'; llAMMbiril-:
OIU.ANDA, du 110 voix faible.
J<> souffre! — Et c'est lui, — lui! Dieu! quelle heure terrible! Lui, — qui m'aimait ! Mais qu'a-til donc? 0 sombre fou ! Ses chères mains m'ont mis leurs ongles clans le cou!
Elle se soulève, elle vient peu à peu, chancelante, vers
Danielo ! d'où te vient cette rage insensée? V^ous n'ctes donc plus vous ?
11 fait un mouvement, elle a peur, elle recule, elle i(>prend.
Tiens, vois, tu m'as blessée, Oui, je saigne. Cruel, cela vous est égal, A moi si faible hélas de m'avoir fait du mal! Contre une douce femme avez-vous tant de haine ?
Le jugeant plus calme, elle se rapproche lentement.
Ce n'est pas de ma faute, enfin, si je suis reine. L'Héléna qui te fut si chère, je la suis Toujours. Orlanda? Non. Qui parle d'elle? Puis, Cela ne change pas le front, le diadème. Et, reine ou non, tu dois m'aimer, puisque je t'aime! A ma place, toute autre appellerait; moi, non. Je me plains à toi seul. Mon Danielo, sois bon. Même je ne veux pas me plaindre. Je t'assure Que si tu la baisais j'aimerais ma blessure !
Tout près.
Je t'aime tant! Bien plus, aujourd'hui, que jamais ! C'était en souriant, hier, que je t'aimais,