SCÈNE I
LllXO.PEPA.
LILLO , arrivant par le fond et frappant à la porte de rhotclicrie.
Ehî Pepa!.. ma cousine... allons! ouvre donc!..
PEPA, paraissant.
Ah! mon Dieu! qtiel tapage!., est-reque le feu est à la chapelle de saint Janvier?..
LILLO
Non... mais il faut qu'il s’allume à tes fourneau... les chalands vont arriver!..
Qu’est-cc qu’on tcur donnera , à vos chalands ? vous savez bien qnc noos n’avons rien ici... les provisions n'arrivent pas à Naples, puisque, depnis quinze jours, les portes de la ville sont fermées...
LILLO
C’est jnste!.. maison lésa rouvertes ce ma lin... ainsi, Pepa...
PEPA
C’était bien la peine de nous lais.scr manquer de tout! bon Dieu! quelle consigne sévère!..
âme qui vive ne pouvait entrer ni sortir !..
LILLO
Écoute donc... c’était urgent!., il y a quinze jours, on apprend que la nciiic était au chrilcau d’A versa... la^iessus, on devait craindre qu’elle ne tentât un coup de main... qu’elle ne sc mit à la tête d’nne partie de sa noblesse pour rentrer dans Naples; et Dieu sait ce qui serait arrivé !.. ce qu’il y avait de plus simple à faire , c’était de nous barricader et de fermer les portes... c’est ce qu’on a fait!..
PEPA
Et maintenant vous n’avez donc plus peur?..
LILLO
Sans doute!,. Jeanne, acrompaguée du prince de Tarcnte, se rendait au couvent de Sainte-Marie, dans Plie de Capri... soit mauvais temps, «oit maladresse du patron , la barque qu’ils monlaicnl a chaviré , et la mer l’a rejetée sur le ri- '
• vage... on a même retronvé le manteau et le voile de la Reine...
PEPA
Vraiment ?..
LILLO
Jeanne, le prince de Tarcnte et le batelier ont péri tous les trois... Dieu veuille avoir leurs âmes!..
PEPA
Est-il possible?., et vous êtes bien sûr?..
LILLO
Certainement!.. maisUnc s’agit pas de cela... va t’occuper de ton ouvrage, et cours an marché voisin... les anaircspubliqucs, ça ne regprde pas les femmes !..
PEPA
Ça ne devrait pas non plus regarder les bûteliers... depuis quelque temps, vous ne faites que des sottises...
LILLO
Pepa!..
PEPA
Donnera boire b tout le monde, gratis !..
joli moyen de faire une bonne maison !
LILLO, avec importance.
nctournezà vo.*» fournenux, ma rhère amie...
et )ni8»ez-inoi son|;cr aux intérêts de ma patrie...
Votre patrie. .. c’est votre auberge... et vous allez me faire le plaisir de m’y suivre!..